I. Des vaisseaux lymphatif^ues , Paris
4® Dans la supposition d’un anévrisme, il faudrait qu’il y eut eu des tractions violentes exercées sur le bras ;
5® La douleur produite par la formation d’un anévrisme n’est pas la même que celle qui résulte de l’inflammation des lymphatiques. Celle-ci est pongitive, lancinante; celle de l’anévrisme, produite par le tiraillement du plexus , a un tout autre caractère ;
6^ A la période de suppuration, la fluctuation s’ajoute aux autres signes donnés pour l’adénite; ici elle est franche, c’est-à-dire qu’on sent un large foyer liquide , ou bien on sentira dans la même tumeur plusieurs petits foyers;
7° Dans l’anévrisme il y a également fluctuation ; mais le plus ordinairement quand il est un peu ancien , les parois sont dures ; il faut presser davantage ;
8® En palpant un anévrisme , on perçoit les mouvements d’expansion dont nous avons déjà parlé; si l’on ausculte on entend les bruits caractéristiques que nous avons signalés. Rien de semblable pour les abcès ganglionnaires.
Il nous reste maintenant à différencier les tumeurs ganglionnaires suppurées des autres tumeurs molles de l’aisselle ; nous nous réservons d’en parler à l’occasion des tumeurs diverses.
Lorsque la tumeur ganglionnaire est indurée, l’idée du cancer squiriheux ou encéphaloïde pourra venir à l’esprit du chirurgien. A cette occasion nous dirons :
Que les ganglions indurés proviennent toujours d’une inflammation qui n’a pas été franchement éteinte;
2® Que la tumeur cancéreuse de l’aisselle est dure aussitôt qu’on en constate la présence ; c’est là le caractère du développement du cancer ;
3® Ordinairement la tumeur cancéreuse de l’aisselle accompagne une induration du sein ou de quelque aulre partie du corps ;
4° L’état général du malade aidera le diagnostic.
Tumenrs cancéreuses.
On rencontre fréquemment des tumeurs de l’aisselle formées par des productions cancéreuses. Toutes les formes y ont été observées; seulement elles paraissent être plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes en raison même de l’étroite sympathie qui unit les mamelles aux ganglions axilliaires. Indépendamment de cela, l’affection cancéreuse peut commencer à se déclarer primitivement dans cette région.
Chaque fois que, dans notre travail, nous examinons une maladie, nous ne citons les symptômes qu’autant qu’ils peuvent éclairer le diagnostic au lit du malade; nous nous croyons donc dispensé d’entrer dans de longs détails sur l’anatomie pathologique du cancer. Cependant il nous paraît peu rationnel de donner le diagnostic différentiel de chaque tumeur sans avoir parlé de sa composition.
Les tumeurs cancéreuses de l’aisselle proviennent toutes, des dégénérescenses des ganglions de cette région. Dans toutes les observations de cancer ayant envahi les os , on rapporte que le point de départ primitif était dans les parties molles.*
Toujours ce sont les ganglions de cette région qui subissent les premières la dégénérercence cancéreuse. Rarement a-t-on vu le cancer débuter par les muscles ou le tissu cellulaire. Dans les cas où l’on a trouvé des noyaux cancéreux dans l’épaisseur du grand pectoral^, on a toujours remarqué que c’était consécutif à une affection de la glande mammaire ou des ganglions axillaires.
Quoique sachant bien que l’ancienne division des tumeurs en tumeurs squirrheuses , encéphaloides et mélaniques n’est plus tout à fait à la hauteur des idées reçues aujourd’hui dans la science, nous la conserverons néanmoins par la raison que beaucoup d’observations sont encore prises sous le premier point de vue.