‹ Quelques observations sur le diagnostic différentiel des tumeurs de l'aisselleChapitre 9 sur 17 · Maladies chirurgicales de Boyer, t. II, p · texte numérisé non relu

Maladies chirurgicales de Boyer, t. II, p

dieront au loin , et même on pourra reconnaître le nerf malade d’après la direction de la douleur.

Or, les dissections nous apprennent que le nerf médian fournit les rameaux collatéraux digitaux palmaires des trois premiers doigts et le rameau radical de l’annulaire.

Le nerf cubital fournit le rameau collatéral cubital palmaire de l’annulaire et les deux rameaux collatéraux palmaires du petit doigt, ainsi que les rameaux collatéraux dorsaux des deux derniers doigts et le rameau cubital du médius. Le nerf radial fournit les collatéraux digitaux dorsaux des deux premiers doigts et le collatéral dorsal radial du médius.

Suivant que le névrôme affectera un de ces nerfs, il y aura douleur dans les parties correspondantes, engourdissement et paralysie.

Cette énuméiation des symptômes des névrômes suffit, nous le croyons , pour établir le diagnostic différentiel. Cependant, comme phénomène local , le névrôme de l’aisselle peut se confondre avec le ganglion lymphatique. Nous ferons alors remarquer ;

1° Que le ganglion est ordinairement un peu plus dur que le névrôme ;

2° Qu’il siège à quelque distance des nerfs, ou du moins par la pression on peut l’en écarter momentanément ;

3® Enfin que l’élément douleur , jouera ici le principal rôle; elle n’existe pas, ou elle est très-limitée pour le ganglion; celle du névrôme s’irradie au loin.

Tumeurs du système ganglionnaire.

Les maladies des ganglions lymphatiques de l’aisselle se rencontrent très-fréquemment dans la pratique ; nous avons donc à nous en occuper d’une manière spéciale , aussi jugeons-nous à propos de placer ici une description succincte des ganglions et de leurs communications.

On appelle ganglion lymphatique une glande formée par la réunion B. 3

d’un grand nombre de vaisseaux lymphatiques maintenus en place par un tissu cellulaire fin et serré. (G. Breschet.)*

Ces ganglions peuvent être tantôt solitaires, tantôt groupés. Nous avons déjà dit plus haut que , dans l’aisselle , il y a des ganglions isolés : ce sont les sous-cutanés , d’autres qui forment une chaîne aulour des vaisseaux sanguins de cette région; et enfin une quantité considérable se trouve logée dans lé creux axillaire , au-dessous de l’aponévrose (ganglions profonds).

Ils sont tous, les aboutissants des vaisseaux lymphatiques du membre supérieur et des parties supérieures du thorax. Cette notion nous paraît indispensable à connaître pour que nous puissions nous rendre compte des affections dé cés ganglions , affections qui sont bien plus souvent la conséquence d’une cause très-éloignée (maladie du sein, du membre supérieur).

Inflammation. — Toute inflammation de ce tissu forme tumeur dans l’aisselle. Cette tuméur est diffuse et mal circonscrite. Si la masse des ganglions profonds est affectée , cette tumeur sera peu mobile, occupant tout le creux axillaire et offrant quelques bosselures irrégulières. Il y a ordinairement un mouvement de réaction assez prononcé, une douleur vive, pongitive dans la partie malade.

C’est à cette époque ordinairement que le praticien est appelé ; il a alors à distinguer une tumeur ganglionnaire d’une folile d’autres qui peuvent avoir la même forme.

Nous dirons donc: 1° Si la tumeur est récente, si elle est consécutive à une piqûre faite aux doigts , à l’avant-bras ou au bras , il y aura pré,8omplion en faveur de l’adénite;

2° Elle a ordinairement son siège dans le creux axillaire proprement dit ;

3° Un anévrisme aurait une position un peu plus élevée, ou bien il pourrait se trouver sous le pectoral, à la partie supérieure et interne du bras (angle externe de l’aisselle;

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