‹ Quelques observations sur le diagnostic différentiel des tumeurs de l'aisselleChapitre 5 sur 17 · Nélaton, Palh. chirurgicale, t. Il, p · texte numérisé non relu

Nélaton, Palh. chirurgicale, t. Il, p

tumeur ordinairement immobile, dont la nature est facile à reconnaître, et qui est la tête de l’humérus. Nous ajouterons à cela, pour compléter le diagnostic, qu’il y a raccourcissement du bras, le coude est porté en avant et un peu en arrière, douleur ordinairement violente dans tout le membre correspondant, et qui provient de la forte compression du plexus brachial. Voyons si nous pourrons confondre cette tumeur avec une exostose de l’aisselle..

1. ® Il y a eu traumatisme récent pour la luxation, tandis que l’exostose reconnaît toujours une cause plus ou moins éloignée.

2. " Les exostoses de l’aisselle reconnaissent le plus souvent pour cause une affection syphilitique ancienne.

3. ° L’exostose est peu considérable, tandis que la tête de l’os est volumineuse.

4. ° Dans la luxation, la tête de l’humérus fait toujours fortement saillir le grand pectoral; rien de semblable pour l’exostose, qui se trouve toujours placée sur la paroi interne de l’aisselle.

5. ” Enfin, dans la luxation, la direction du membre est toujours déviée (signe pathognomonique).

B. Tumeur due à uaie eiiLOStose*

Nous venons de voir dans l’article précédent, quelques symptômes de la tumeur de l’aisselle due à une exostose. Il sortirait des limites de notre sujet de traiter longuement de cette affection.

Ces tumeurs n’offrent rien de particulier dans cette région, si ce n’est qu’on n’a pas encore rencontré d’exostoses de l’épiphyse supérieure de l’humérus, et que toutes celles que l’on constate, se trouvent toujours placées sur la paroi interne de l’aisselle, où elles forment une tumeur dure, non élastique, sans changement de couleur à la peau, de forme et de grosseur variables, peu douloureuse, et adhérente à l’os (A. Berard).

Comme on le voit, il est assez difficile de méconnaître une exostose; reconnaissons toutefois que le diagnostic différentiel peut en être rendu

extrêmemenl difficile, quand il existe une complication, comme par exemple dans le cas rapporte par Mayo*, où une exostose delà première côte avait oblitéré l’artère axillaire, et en avait imposé pour un anévrisme.

Përiotstoses.

Nos recherches ne nous ont rien appris à cet égard. Aucun des auteurs que nous avons consultés n’a fait mention de périostose siégeant dans l’aisselle. En tout cas, nous pouvons dire, par induction, que la différence qu’il y a physiquement entre une exostose et une périostose, c’est que la première forme une tumeur toujours dure, faisant rarement subir à la peau un changement de couleur, à moins qu’elle n’ait un volume trop considérable, tandis que dans la périostose, il y a toujours un certain degré d’empalement avec couleur violacée de la peau, tension douloureuse; et, au bout d’un certain temps, il se forme toujours un ulcère.

Ici encore, le commémoratif aidera le diagnostic, tandis que la périostose reconnaît pour point de départ une affection chronique des os, une constitution débilitée, un rachitisme considérable, l’exostose se développera sur des individus vigoureusement constitués, mais affectés d'une maladie syphilitique ancienne.

L’exostose produit des douleurs nocturnes; la périostose occasionnera des douleurs moins vives, mais plus régulières et se déclarant le jour aussi bien que la nuit.

La tumeur de l’exoStose est dure; celle de la périostose est un peu molle, empâtée; au bout d’un certain temps, elle sera ulcérée, et le stylet constatera la présence de l’os au fond de la plaie.

Le traitement de ces deux maladies pourrait également nous fournir des signes pour le diagnostic différentiel , mais les limites restreintes de notre sujet ne nous permettent pas d’en parler.

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