‹ Quelques observations sur le diagnostic différentiel des tumeurs de l'aisselleChapitre 6 sur 17 · London med. and phys. journ, , Julj · texte numérisé non relu

London med. and phys. journ, , Julj

D* Hydartlirose de rarticulation iscapiilo-liumérale*

Ainsi que le fait remarquer M. Jules Roix\ ce que l’on a écrit sur rhydarlhrose en général , paraît n’avoir été observé que sur les articulations ginglymoidales et condyliennes ; avant cet observateur, personne n’avait étudié l’hydarthrose énarlhrodiale.

M. Jules Roux donne pour caractères de cette affection : l’allongement souvent considérable des expansions extra-capsulaires que les synoviales envoient sur les tendons des muscles; la distension des muscles qui le recouvrent; leur flaccidité après l’évacuation des liquides articulaires. A l’articulation de l’épaule, les expansions de la synoviale sur les tendons des muscles de cette région peuvent acquérir des dimensions telles, que la fluctuation peut se faire sentir dans le bras, dans l’aisselle, et jusque dans la fosse épineuse.

Dans l’observation publiée par ce chirurgien, il s’agit d’un matelot atteint de fièvre intermittente, et qui à deux reprises différentes fut atteint de gonflement dans l’articulation du poignet gauche, et de l’articulation coxo-fémorale droite.

Au bout de quelque temps, le malade ressentit une vive douleur dans l’épaule gauche, et voici ce que M. Roux put y constater:

Bras allongé d’un centimètre; coude retenu loin du corps par le malade. L’épaule est abaissée, tuméfiée, la tuméfaction s’étend à l’aisselle. Une fluctuation des plus évidentes se fait sentir de la région scapulaire postérieure à la région axillaire, ou bien de la région scapulaire externe aux deux régions que je viens de citer, et au creux de l’aisselle jusqu’au bord du muscle pectoral.

Il va sans dire que les mouvements étaient abolis et la douleur très-forte.

Remarques. Quelles idées pourrait faire naître cette tumeur? C’était une tumeur liquide, et alors on avait à établir le diagnostic différentiel entre toutes les tumeurs de cette catégorie, c’est-à-dire les

1. Hydarthrose scapulo-huniérale traitée jar l’injection iodée , par J. Roux, de Toulon (Mémoires de l’Académie de Médecine, t. XIII, p. 514.

abcès , les anévrismes , les phlegmons , et l’hydarthrose ; nous donnerons plus loin le diagnostic différentiel de l’anévrisme et de l’abcès.

Disons ici seulement , que ce qui établissait des probabilités en faveur de l’hydarthrose pour le chirurgien , c’était d’abord l’existence de deux hydarthroses antérieures, ensuite l’étendue de la fluctuation dans toute l’épaule.

Tumeurs ayant leur siège dans l’appareil vasculaire.

Anévrisme de l’artère axillaire.

Cette affection est certainement une des plus graves que nous ayons à traiter, une de celles dont il importe le plus de bien préciser le diagnostic , à cause des effroyables accidents qui peuvent résulter de la méprise du chirurgien.

Cet anévrysme reconnaît pour cause, toutes celles des anévrysmes en général ; de plus , il se produit à la suite des manœuvres souvent violentes, employées pour la réduction des luxations de l’humérus. C’est donc une maladie qui peut se rencontrer fréquemment dans la pratique; essayons d’en tracer les caractères.

Ordinairement le malade commence par sentir une petite tumeur de la grosseur d’une noisette , et qui se trouve placée près de la paroi externe de l’aisselle , sous le bord du grand pectoral. Elle s’agrandit promptement, et, au bout de quelque temps, elle remplit le creux axillaire de manière à soulever le scapulum, les muscles grand dorsal et grand pectoral , et à empêcher le bras de se rapprocher du tronc.

Pour donner une idée du volume considérable que peuvent acquérir les tumeurs anévrismales , rappelons ces anévrismes de l’artère axillaire qui ont usé , perforé les côtes , les muscles intercostaux et qui se sont fait jour dans la poitrine au point de gêner la dilatation du poumon \ On a vu le ligament capsulaire détruit et l’articulation scapulaire ouverte communiquer avec le sac , l’humérus lui-même, dévié

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