II. Genre Cjmodocca
L’espèce qui forme le type de ce genre est le Ci/modocea aujuarea f. œn. {Plmcngrosti^i niajor CaMd., Zostera mcditerrarif'a Di’,.). A.-P. de Gandülle indiquait cette Zostéracée, dans son Si/nopsis, p, l.bt), comme propre à la Méditerranée, en lui atliibuantà toi t des feuil'es lrès-entièr< s, et dans le 3® volume de sa Flore fr/inçiiisf, p. lô.ô, comme crois'ant « an fond de la Méditerranée, pcul-è re aussi dans l’Océan ». Précisant davantage, M. Duby, en 1828 {/Jot. gall , p. /j'il), l’a signalée uniquement dans la mer, près de iMonlpell.er, tandis (jue M, Grenier, dans la Flore de France (111, p. L'26), en 1855, l’a exclue de notre flore, en s’appuxant pour cela sur des retherebesde J. Gay. « Il résulte, dit-il en elTet, desrecbercbes dont M. Gay nous a fait part, que cette espèce n’isl pas française. » Cette j)lanle ainsi exclue de notre flore a été cependant irouxéc le long de la cote de Provence, sur le rixagede la presqu’île de la Croiselte, près de Ciannes, le 2^ décembre 1859, pîtr i'I- Tbicn, directeur-.adjoint du Musée d’bistoire natxirelle d’Orléans (voyez/?n//. Soc. bot. de Fr., VII, ISÜO, pp. 361-888). Environ deux ans plus lard, M. Éd. Bornet a annoncé {ibid., VIII, 1861, p. 457) qu elle « croît en abondance, non-seulement aux environs de Cannes, mais aussi dans les criques peu profondes, à fond de sable et de vase, qui découpent çà et là le contour de la presqu’île d’Antibes ». L’indigcnat en est donc aujourd’hui parfaitement établi. Même, si je ne me trompe, il résultera de la suite de cette note qu’elle est plus répandue, le long de nos côtes de la
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Méditerranée, qu’on ne l’a cru jusqu’à ce jour, et que l’indication donnée par M. Duby, d’après je ne sais quelles données, quant à sa présence près de Montpellier, est conforme à la réalité des faits.
Le Cymodocea œqiiorea Kœn., ou le Pltucagrostis major Cavol., si comme MM. Gussone, Parlatore, Bornet, etc., on adopte, pour motif d’antériorité, ce dernier nom (qu’on devrait alors écrire Phycagrostis), a été étudié avec beaucoup de soin et d’exactitude, à une date récente, par M. Bornet, dans son remarquable mémoire intitulé : Pecherches sur le Pltucagrostis major Cavol. [Ann. des sc. 7iatur., 5® série, I, 1866, pp. 5-51, pl. 1-11. Bien que l’objet spécial de ses éludes sur cette plante fût d’en faire connaître à fond la reproduction, dont le beau mais déjà vieux travail de Cavolini {Phucngi'ostidum Theophrasti anthesis ; in-i®, Naples, 1792 ; 35 pages et 2 pl. Reproduction dansUsteri, Annalen der Botan. ^ III, 11® cahier, pp. 33-62, pl. 3-6) n’avait pas complètement élucidé l’iiisloire, cet habile observateur n’a pas manqué d’en exposer succinctement la structure anatomique. Seulement, comme celte face de son sujet était pour lui secondaire, il n’a pas accompagné cette partie de son texte de figures explicatives en nombre sulTisaut (1). D’un autre côté, quelques légères différences qui existent entre les résultats dè mes observations et les données consignées dans le mémoire de M. Bornet, ainsi que le désir d’offrir comparativement la description anatomique des Zosfet'a et Cyrnodocea, expliqueront pour([uoi je vais donner, relativement à ce dernier genre, des détails que je m'efforcerai d’abréger le plus possible.
a. Vécjétation. — A cet égard, je ne puis que renvoyer au beau travail de M. Bornet, qui, habitant la presqu’île d’Antibes, autour de laquelle le Cymodoeea œquorea croît en abondance, a pu suivre pas à pas la végétation de cette plante, à partir de sa germination et a donné de son développenient un exposé aussi précis que circonstancié. Je me bornerai à rappeler que la tige rampante (ou rhizome) de cette espèce, considérée U l’état adulte, est arrondie ou sensiblement comprimée par les cotés, fixée au sol par de nombreuses et fortes racines adventives, nées aux nœuds, ou un peu au-dessous comme chez le Z estera marina, mais toujours isolément et non par groupes, plus ou moins rouge, épaisse en général de 0™,Ü02 h 0™,Û03, assez longue ou même longue, puisque j’en ai vu qui mesuraient 0'",20, et qu’il en est qui dépassent beaucoup celte longueur. Elle est notablement épaissie en anneau à chaque nœud qui porte ou a porté une feuille sur toute sa périphérie. Ses entrenœuds sont, les uns bien développés, longs de 2 à 5 ou môme 6 centimètres,
(1) La planche 11 du mémoire de M. Bornet, la seule qui soit consacrée à Tanatomie du Cymodocea^ ne renferme que trois figures destinées à montrer le premier développement des racines et les rapports de ces organes avec les tissus sur lesquels ils prennent naissance. D’ailleurs ces figures ne reproduisent que des coupes longitudinales qui ne peuvent donner une idée suffisante des couches concentriques comprises dans la tige et dans la racine. En outre, aucune n’est relative à la feuille.
les autres fort courts, à ce point que, sur un bel échantillon recueilli près de Sinyrne, par 31. Balausa, j’en ai compté douze, rapprochés dans une étendue totale de 0"*,02. Les f-éries d’entre-jiœuds longs et courts se succèdent alternativement, et 31. Bornet nous apprend que, chaque année, il s’en produit une série de longs et une série de courts, la première pendant que la végétation est dans toute sa force,' la seconde vers la fm de la période végétative et comme une sorte de prélude au repos de l’iiiver.
Ainsi que celle des Zostera, la tige du Cymodocea se détruit graduellement en arrière pendant qu’elle s’allonge en avant ; mais sa destruction en arrière est fort lente, car 31. Bornet rapporte avoir vu un rameau de douze ans sur un fragment de tige encore parfaitement sain, et il ajoute qu’il ne doute pas qu’on ne puisse en rencontrer de plus vieux encore.
Les nombreux rameaux de cette plante sont disposés sur la lige en ordre alterne-distique, comme les feuilles. Ils donnent naissance à des racines
aclvenlives. Ceux d’entre eux qui s’élèvent verticalement ou en s’inclinant
quelque peu vers le bout de la lige, et ce sont les plus nombreux, sont remarquables par la brièveté de leurs entre-nœuds, soit qu’ils restent stériles, soit
qu’ils se terminent par une fleur de l’un ou l’autre sexe. C’est encore là une
différence des plus saillantes entre les deux genres dont il s’agit dans cette
note.
Los feuilles du Cymodocea ressemblent à celles du Zostera marina par leur aspect et leurs dimensions ; mais elles sont bordées, surtout vers le sommet, de dents cartilagineuses très-visihies, qui fournissent un excellent moyen pour faire distinguer ces deux plantes au premier coup d’œil. De plus, leur longue gaine a une teinte jaunâtre qui se ]n()longe sur la base du limbe en une macule oblonguc, nollement tranchée sur son pourtour.
b. Anatomie. — 31es observations relatives à l’aiialomie du Cymodocea œqxiorca ont été faites sur une série de beaux échantillons secs que je tenais de 31. Balausa, et qui avaient été récoltés par lui près de Smyrne.
1. Tige. — Examinée sur une coupe transversale menée vers le milieu d’un long entre-nœud, la tige du Cymodocea offre les régions qui ont été indiquées plus haut dans celle des Zostera. On y voit un gros faisceau central constitué de mtMue ; autour de celui-ci une zone lacuneuse épaisse, et plus extérieurement une large zone corticale que recouvre un épiderme ; mais avec celte analogie générale de structure, elle offre des différences saillantes et caractéristiques ; 1° Le corps central m’a offert, autour de la lacune centrale, un nombre moindre de lacunes rangées à peu près en cercle. 2“ Les faisceaux excentriques sont nombreux (28 à 30), rangés on deux cercles concentriques, dans lesquels ils alternent assez régulièrement entre eux; en outre, ceux du cercle le plus externe sont de beaucoup les plus petits. Dans le C. Preauxiana Webb, je n’ai trouvé qu’un seul cercle de ces faisceaux. 3“ L’ordre d’agrandissement et de décroissement successifs
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de la section dos cellules du parencliyme, dans les zones lacnnense et corlica'e, est très |)eu marqué, de manière à rendre à peu près impossible à traeer la démarcation cuire ces deux zones. M. liornel dit ([u’on renconire les faisceaux (• au point de jonction de la zone des lacunes et du parencliyme cortical » : mais comme il existe deux cercles de faisceaux, la zone (|ui les renferme a, en moyenne, une largeur égale à 1/12 de l’épaisseur totale de la tige, et il semble diflicile d’ai'pli(|ner à une pareille zone les mots de point de jonction. Comme, d’un autre coté, entre les lacunes les pins excentriques et les gros faisceaux du cercle interne, il e xiste une épaisseur de t\-6 cellules de parei clijme continu, je crois pouvoir dire que les deux cercles de faisceaux exceniri(|ues appartiennent a la zone corticale, dans laquelle ceux du cercle externe s’avancent beaucoup. 4“ Les faisceaux de fibres du liber manquent complètement dans la zone de parenchyme cortical. 5“ Les cellules de l'épiderme dilTèrcnl beaucoup de celles du parenchyme sous-jacent par leur étroitesse et leur allongement considérable de dedans en dehors. J’ajoute que ces cellules sont revêtues extérieurement d’une couche épaisse de cuticule, très-facile à reconnaître sous le microscope.
En résumé, le grand nombre des faisceaux excentriques du Cymodocea et leur disposition en deux cercles, joints à l’absence de faisceaux libériens, feront toujours di.stinguer sans hésitation, fût-ce à la simple loupe, ou même à l’œil nu, la lige de cette plante de celle d’un Zostera.
. 2. llncinp. — Cette distinction deviendra bien plus facile et plus sûre encore par l’examen même superficiel de la structure dos racines. Dans le Cymo'ioc!a, ces organes ressemblent à ceux des Zostera par leur faisceau central et par la zone parenchymateuse qui l’environne, dans laquelle on observe, peut-être niit ux dessinée encore, la disposition des ce.Iules en files rayonnantes et par cercles concentriques; mais ils en diffèrent nettement par tonte leur portion pins extérieure. Eu effet, à la zone parenchunateuse de cellules rangées en sms rayonnant succède, sans transition d’aucune sorte, une zone dans latiuelle le parenchyme est tout dis])o-.é en grandes lunes longitudinales, composées chacune d’une seule assise, longuement prolongées dans le sens des rayons de la racitie et laissant enlie elles, de l’nne à l’autre, d’énormes lacunes nécessairement rayonnantes. Cette disposition remarquable est si prononcée, si facilement visible, que la préparation la plus grossière
suffit pour la faire reconnaître. Or, rieti ne représente cette zone lacunense
dans la racine de tios Znsières.
Enfin la zone corticale différé encore dans
les deux genres dont je m’occupe. Chez le Cymodocea, elle a l’épaisseur de 5-6 cellules entre lesquelles il existe des méats triangulaires, et qui alternent plus ou moins irrégulièrement entre elles. Or, on a vu que, chez le Zostera, celte couche est moins épaisse et composée de cellules à parois éiwisses, .sans trace de méats. L’épiderme des racines du Cymodocea est semblable li celui de la tige.
En rpsumô, Irs grandes lacunes rayonnantes et le parenchyme cortical à méats distinguent nettement les racines du i']imndncca de celles des Zostera.
3. Feuille. —Considérée entière cl sans dissection, la feuille adulte du Cumndncea œqmrea ressemble beaucoKp à celle du Znsfern marinn, soit pour les dimensions et la forme, soit pour le nontbre des nervures parallèles qui la parcourent, bien que celles cl soient assez souvent réduitrs h cinq dans la dernière de ces plantes ; mais celle du Cymodocea, a sa nervure médiane terminée à son anastomose avec les detix adjacentes ; en outre, J’ai déjà dit qu’elle est bordée, surtout vers le sommet, de dents de scie cartilagineu'ies ; ces deux caractères la distinguent au premier coup d’œil de celle des Zuslera indigènes (1).
Intérieurement et sur une section transversale, la feuille du Cymodocea est caractérisée par la structure spéciale de ses cloisons à nervures, par ses lacunes de deux ordres, par le nombre et la situation de ses faisceaux libérietts sous-épidermiques.
De chaque nervure partent en divergeant six lames formées chacune d’un seul plan de cellules. El es se portent par trois vers chacune des deux faces de la b'Uiile ; puis chacune se bifurque à son extrémité pour tapisser la face intérieure de rèpiderme d’une a.ssi.se simple de parenchjme. Il résidle de là que chaque cloison, parcourue dans son milieu par une nervure, est creusée de deux paires de lacunes longitudinales, qu’on [lourraii, en raison de leur situation, «appeler lacutics septales. La cloLson parcourue par la nervure médiane est jilus complexe encore, puisqu’elle offre quatre lames celluliiiros dirigées vers chaque face de la feuille, et par conséquent trois paires de lactmes sept.iles. L’intervalle entre ces cloisons à nervures est occupé par Itsgiandes lacunes primaires, analogues à celles qui existent seules dans la feuille des Zostera (ainsi que par les cloisons inierlacumiires'. (ielles du Cipuodocea sont beaucoup moins nombreuses que celles du Z. mariaa ; on n’en compte en effet <|u'une entre la nervure subtnarginale et sa voisine, deux dans chacun des autres espaces entre deux nervures; enrm il en existe une petite le long de chaque bord. Une feuille entière, à scitt nervures apparentes, offre ainsi douze lacunes primaires et trente lacunes septales.
On décrit habiiuellement la feuille du Cymodocea comme ayant sept nervures ; c’est ce que dit notamment M. Bornet {toc. cit., p. 9); mais on néglige alors de compter un faisceau fibro-vasculairc, c’est-à-dire une nervure peu apparente, qui longe chacun des deux bords et qui porte le nombre réel di s nervures à neuf.
Comme la feuille des Zostera, celle du Cymodocea retiferme des faisceaux
(1) M. Aicherson a décrit sous le nom de Zostera .V/ae/Ieri Irmisch, une Zostéracée de la cdte méridionale de l'Australie, qui, dit-il, a les feuilles largement échaiicrées^ au sommet et dentées. Je ne connais pas autrement cette plante elj ignore dès lors si c est
réellement un Zostera.
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de fibres libériennes; mais ici le nombre en est déicrminé, et ils sont tons sous-épidermiques, sauf les deux marginaux qu’une rangée de cellules de parenchyme sépare de l’épiderme. J’ai toujours vu un de ces faisceaux h chaque extrémité de la lame cellulaire médiane des cloisons à nervure, et deux aux
points correspondants dans les deux lames moyennes de la cloison qui renferme la nervure médiane. En ajoutant les deux faisceaux libériens marginaux, on arrive, pour la feuille entière, au nombre total de dix-huit, et non, il me semble, de vingt-trois, comme l’admet M. Bornet (1).
Quant à l’épiderme, il rappelle entièrement celui du Zostera. Je n’ai donc pas à en parler.
En somme, la feuille du Cymodocea œquorea est nettement caractérisée par ses deux ordres de lacunes, par l’organisation remarquable et complexe de ses cloisons à nervures, par le nombre déterminé ainsi que par la situation fixe et symétrique de ses faisceaux libériens.
Après avoir exposé comparativement dans ce qui précède les caractères végétatifs et anatomiques les plus saillants des Zoslera marina L. et nana Iloth, d’un côté, du Cymodocea œquorea Kœn., de l’autre, il me sera facile, je crois, d’établir que la plante phanérogame marine que M. Duval-Jouve vient de trouver, rejetée par fragments et toujours sans fructification sur la plage, non loin de Montpellier, est bien réellement le Cymodocea œquorea et non un Zostera quelconque. En effet : 1® dans la lettre qu’il m’a fait l’honneur de m’écrire, le 5 décembre 1872, notre savant confrère dit : « J’ai de trèsbonnes préparations de toutes les parties, feuilles, rhizome, racines. Ces dernières sont d’une grosseur et d’une force extraordinaires ; leur structure est admirable. Les cellules qui entourent le faisceau fibro-vasculaire central sont en lignes rayonnantes, sans alternance aucune, ce qui produit sous le microscope un effet merveilleux. » Et à côté de ce passage se trouve dans sa lettre un croquis d’une portion de coupe transversale montrant nettement les diverses zones que j’ai décrites. La racine de la plante de Montpellier est donc certainement celle du Cymodocea œquorea.
Dans un autre passage de sa lettre, M. Üuval-Jouve dit : « La coupe de la feuille répond exactement à la coupe que vous avez donnée de la feuille du Cymodocea œquorea, dans vos Éléments de botanique, p. AO, fig. 19, et ma première pensée a été que cette plante, sans fleur et sans fruits, était le Cymodocea œquorea, que je n’ai jamais vu; mais ce qui m’a détourné de ma première idée, c’est ce (jue Gussone dit du Cymodocea œquorea, etc. » En effet, sur les fragments rejetés par la mer que notre savant collègue a bien voulu
(1) Ce botaniste dit (/oc. cil., p. 44) de ces faisceaux de fibres libériennes que « il y en a trois autour de chaque nervure ». Il en existerait donc deux à une extrémité de la lame cellulaire à nervure et un seul à l’autre extrémité ; il y aurait là un défaut de symétrie que je n’ai jamais observé.
me faire parvenir par la poste, il m’a été facile de voir les dentelures cartilagineuses de la feuille du Cymodocea, et intérieurement les lacunes primaires et septales, ainsi que les autres caractères propres à cet organe, dans la môme espèce. La plante trouvée près de Montpellier est donc certainement par ses feuilles le Cymodocea œqxiorea Ktrn.
Enfin, sur ces mômes fragments envoyés par M. Duval-Jouve, la tige rampante ou rhizome, remarquable à l’extérieur par sa couleur rouge, m’a offert, au premier coup d’œil, toute la structure anatomique du Cymodocea, ses deux cercles alternes de faisceaux excentriques, l’absence complète de liber dans la zone corticale, etc.
Je crois donc, au total, être autorisé à dire que, d’après tous ses caractères végétatifs et anatomiques, la plante marine qui a été jetée en grande quantité, pendant les mois de novembre et décembre 1872, sur la cote, près de Montpellier, est indubitablement le Cymodocea œquorea Kœn. {Phucagrostis major Cavol.), qui existe dès lors en abondance dans le golfe du Lion tout comme dans les parages de Cannes et d’Antibes, probablement môme tout le long de nos côtes de la Méditerranée. Comme, d’un autre côté, cette espèce a été trouvée depuis longtemps par Cavolini, dans le golfe de Naples, par Gussone au cap Misène, eu Sicile et autour des îles voisines, par M. Balansa et d’autres botanistes sur les côtes de l’Algérie et de l’Asie Mineure, par iM. Boissicr sur celles d’Espagne, etc., il semble permis de présumer qu’elle suit tout le contour de la Méditerranée. La découverte de M. Duval- Jouve, en nous la montrant près de Montpellier, c’est-à-dire au fond du golfe du Lion, a comblé une lacune considérable dans nos connaissances relatives à sa répartition géographique, en môme temps qu’elle eu établissait plus largement l’indigénat ; elle a donc, à ce double point de vue, un iiilérôl considérable qui justifiera peut-être la publication de celte note (1).
M. Balansa demande si, parlescaracléres anatomiques, on pourrait distinguer les différentes es[)èces de Cymodocea.
M. Duebartre, sans pouvoir afïirmer qu’on puisse arriver à cette iistinction par les caractères anatomiques, cite, comme un autre Bxemple de la valeur de ces caractères pour la distinction des genres dans les Zostéracèes, le genre Thalassia, dont la tige renferme six faisceaux excentriques en deux groupes.
(1) Deux planches, réunissant 14 figures, avaient été préparées et remises pour être jointes au texte de la note ci-dessus ; mais une circonstance particulière survenue au dernier moment n’a pas permis à la Société de les faire graver, et, par suite, les descriptions qui précèdent ont dù être publiées sans être accompagnées des indications iconographiques qui certainement en auraient facilité 1 intelligence.
(Note ajoutée au moment de l’impression.)
302 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
M. Balansa est porté à considérer les comme des Ilydro-
char idées.
M. le Président annonce deux nouvelles présentai ions.
1\1. Bureau présente un exemplaire de son travail sur les Morées et 1rs Arlocarpéos de la Nouvelle Calédonie. Il donne à ce sujet quelques détails sur le genre nouveau Sparatosyce, le plus voisin du } 2 enre Ficm que l’on connaisse jusqu’à ce jour. Ce genre s’écarte encore cependant des Ficus par des caractères lrès*nolablcs. Il est diuïque, et les styles, liés-longs, passent par l’ouverture supérieure du réceplacle femelle. Les réceplacles de l’un et de l’aulre sexe linissenl par se fendre longitudinalement et par simuler des inflorescences de Darstenia.
Lecture est donnée des lettres et de la note qui suivent :