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CHAPITRE III

Les idées philosophiques et religieuses

de Jaurès.

Jaurès a vécu — et il est mort — pour un idéal de justice sociale et d'humanité affranchie. Il n'acceptait pas comme un fait immuable, comme une nécessité naturelle, que la condition de la plupart dus honuries restât ce qu'elle est présentement. Il croyait qu'elle devait être dès aujourd'hui améliorée, et, avec le tt transformée. C'est cet idéal qu'il a devaii: ... yeux, quand il parle de la « joie sublime d'amener tous les hommes à la plénitude de l'humanité )).

En quoi consiste, selon lui, cette vie pleinement humaine ? Echapper à la misère et à tous les maux qu'elle engendre, au souci quotidien de savoir si l*on pourra demain se nourrir, se vêtir, se chauffer, dormir sous un toit, soi et les siens : ce n'est encore là que la base p! que de cette vie. L'essentiel en est la pana spirituelle : le commerce itUime avec ce que les siècles passés ont produit de plus beau; la participation à l'effort de la pensée de l'homme

|iour comprendre le monde par la «îcîcncc et

la philosophie; la communion

m K des choses jwr la cuiUciuplaiioii de

la enfin le sentiment de la solidarité

humaine dégagée des haines de race, de classe, (îc nationalité et de religion. Pourquoi cette vie sui)érieure est-elle réservée à r ' u-

Icment, tandis que la masse • i

ist exclue? Jaurès a eu le privilège d'y être initié dès son enfance, et il souffre en pensant que c'est un privilège. Il éprouve le sentiment que Tolstoï a décrit avec tant de force dans VEcole de Jasitala Poliatuj : comment peut-on * '^ remords des plus purs chefs-d'œuvre

ituors de Beethoven, par exemple, — tant qu'ils demeurent une sorte de possession aristocratique refusée aux millions d'hommes qui entourent les heureux auditeurs? L'élite a le devoir de hausser les autres jusqu'à elle. I /idéal où tend Jaurès consisterait à faire une élite de l'humanité tout entière. Michelet disait : « Si tous les êtres, et les plus humbles, n'entrent pas dans la cité, je reste dehors. » Jaurès c ite cette pensée dans sa thèse et la fait sienne. ^^' -s se peut-il que l'humanité entière de- . une élite? La médiocrité dans tous les

sens du mot, pour l'inunense majorité des hommes, cœlestinm inanes, ne tient-elle pas à la nature des choses? — Jaurès ne le croit pas. Il ne ferme pas les }\ les faiblesses et les

vices naturels de rhumiuc : il sait tout ce dont est capable l'égoïsme, principe du mal en nous. Mais, selon lui, l'évolution qui a amené l'humanité au ix)iîit où nous la voyons peut l'élever plus haut. L'égoïsme i>eut être rendu de moins en moins âpre, de moins en moins malfaisant, si les institutions cessent d'engendrer la lutte, la haine et la misère. « Il n'y a pas d'ic! ' ' * noble, écrit Jaurès, que celui d'une se le travail sera souverain, où il n'y aura ni exploitation ni oppression, où les efforts de tous seront librement harmonisés, où la propriété sociale sera la base et la garantie des développements individuels. Que les hommes passent de l'état de c« ce brutale et de conflit à

l'état de co , jii, que la masse s'éîcve de

la passivité économique à l'initia. i la

responsabilité, que toutes les énergies qui se dépensent en luttes stériles ou sauvages se coordonnent pour une grande action commune, c'est la fin la plus haute que peuvent se proposer les hommes ' ^ individus humains auront

jius iï'j ; isir, plus de liberté d'esprit pour dé- >cr leur être e et moral ; et ce sera

chamiant- lU lieu de s'épanouir

sur un i>nd U esclavage, naissait de Tunivercllc humanité. »

Tel est l'idéal auquel Jaurès a donné son cœur et «on intelligence, qui a inspiré son œu-

\ ' ' ' -^^s, il ne se disF! '

p.. . »re pas que cet

est bien haut et bien loin. Mais il est convaincu que r é peut s'en rapprocher, et y a»-

♦'•"'': L. ^ v:^. i)Our lui « un article de foi ». Un (' concorde peut et doit succéder à un état tle lutte « L' ravail, qui n'est bien souvent «lu'ur.e -cr\i:ude et une souffrance, deviendra ur.e foiKti n et une juie. Il est le combat des hommes entre eux, se disputant les jouissances; ;1 devrait être le combat de tous les hommes • contre les choses, contre 1- < fntilîtr^ de la

j et les misères de la vit Jaurès n'a paCs été le premier à concevoir cette Il de la soc: '^ente. Il parle

« cet idcai ^^endaïKe éco-

nomique, de paix, et de bon accord dans le

travail, que nos maîtres de 1848 avaient si présent, si lumineux au cceur et à l'esprit ». Il ne manque non plus jamais d'exprimer sa sympathie pour les saint-simoniens et surtout pour Fourier, dont Tidéal avait de l'analogie avec le sien. Sans donner le moins du monde dans les extravagances de Fourier, il loue sa critique des institutions actuelles, et il admire certaines de ses vues sur la société future. « Le trait de génie de Fourier, écrit-il, fut de concevoir qu'il était possible de remédier au désordre, d'épurer et d'ordonner le système social, sans gêner la production des richesses, mais, au contraire, en l'accroissant ». Pour Jaurès, le but suprême est l'harmonie fondée sur la justice. Mais il ne se satisfait pas d'une idée abstraite d'harmonie ni d'une froide conception de la justice. Il met là toute la ferveur d'une âme religieuse, et l'amour le plus ardent pour les pauvres, les faibles, les opprimés, les misérables, les victimes séculaires d'une lutte inégale. Dans son histoire de la Convention, il cite, n plusieurs reprises, VOdc à la Joie, de Schiller, que Beethoven a prise pour texte, comme on sait, dans la dernière partie de la Symphonie avec chœurs. L'enthousiasme qui

luniamte

Ii< ■ • ■ •

Toute l'is, Jaurès ne crée pas librement comme l'artiste. C'est un homme politique, qui travaille -0 rebelle. C< voit-il . l)0urra être n"a mieux ;ie lui les difficultés du proj^rc-? social ; liiai^ le priiKipc, pour employer une cpiihcte qu'il affectionne, est « lumineux ». L'harmonie sociale implique la disparition de l'injustice d'où proviennent les luttes, les haines et ! n^ reuses conséquences. Cette injustice rt c fomics, mais elle a une source unique : le régiine de la propriété capitaliste. Dans la société présente, une infime minorité détient les capitaux et les instriunents de travail, et cette propriété lui assure une foule de privilèges, au détriment de ceux qui ne possc- (!< ' rs bras. Que cette proi " ' c luelle pour devenir collée <i i appartient aujourd'hui à quelquesuns devienne le patrimoine commun de tous : les o^rimé*5 r^rouvreront leur indépemî -!•"''* tt cl: ; "c ini;.. lu pourra se développer 1 ment H C'est par la fin de la lutte des classes.

par la disparition des classes elles-mc que la justice se réalisera. Dans la socictc n •)derne, le mot de justice prend un sens de plus en plus précis et vaste. Il signifie qu'en tout individu rhumanitc doit être pleinement respectée et portée au plus haut. Or, il n'y a vraiment humanité que là où il y a indépemlancf, volonté active, libre et joyeuse adaptation de l'individu à l'ensemble. »

L'idée-mère du socialisme de Jaurès ne se confoîxl donc pas avec le principe de la doctrine marxiste. Marx raille sans pitié les considérations de justice. Il prétend ne parler qu'au nom de la science, et il traite dédaigneusement d'utopies les doctrines socialistes qui ont précédé la sienne. Jaurès ne l'ignore pas. Il a étudié Marx et il l'admire. Mais il n'hésite pas à le critiquer quand il le faut, parfois très vivement. « Quant à nous, écrit-il avec raison, notre socialisme est d'origine française, d'inspiration française et de caractère français.» Si Jaurès est socialiste, c'est parce que « la domination d'une classe est un attentat à l'humanité. . . Le socialisme qui abolira toute primauté de classe et toute classe est donc une restitution de rhuma-

M»'« 1 devoir de

.A ... î.— Mç à recueillir i is de la première moitié du xi\* siècle, et rejette la doctrine de la > ' ' " * " • * ^ 1 aucune

faç. n. : . . . ^ ^ .:^ive, son

gcnie plus vaste et plus humain que celui des uns et de l'autre. Dans sa conférence sur Vldéa-

/•••"••' ^- ^f •*■-••''- ^itts la cr""' 7î de

en tenv tite-

ment nets. 11 ne combat pas la théorie du maté-

* pour vraie.

— i ,...:ne toute la

vérité. Il n'accorde pas à Marx que les concepti'^ns r ^, morales et politiques soient

le simplv it Li des phr ^-^^ '- "-'nues.

« Il y a dans l'homme i de

l'homme même et du milieu économique, qu'il

Me de dissocier la vie •'

raie; on t^- d» nt couper ...

n deux. Hrier en elle la vie

i'I'.iic et la vie économique. »

que !

soumis à un déterminisme aveugle. Sa philo-

Sophie . ..^^i. ov .. vvw. ile Marx.

« Il y a dans l'histoire humaine, écrit-il, non seulement une évolution nécessaire, mais une direction intelligible et un sens idéal. P tout le long des siècles, l'homme n'a pu , rer à la justice qu'en aspirant à un ordre social moins contradictoire à l'homme que l'ordre présent, et préparé par cet ordre présent, et ainsi l'évolution de ses idées morales est bien réglée par l'évolution des formes économiques ; mais en même temps, à travers ces arrangements successifs, riuiinanité se cherche et s'affirme elle-même ; et quelle que soit la diversité des milieux, des temps, des revendications économiques, c'est un même souffle de plainte et d'espérance qui sort de la bouche de l'esclave, du serf et du prolétaire. C'est ce souffle immortel d'humanité qui est l'âme même <V qu'on appelle le droit... L'histoire, en i temps qu'elle est un phénomène qui se déroule selon une loi niécanique, est une aspiration qui se réalise selon une loi idéale. » -

Voilà qui est formel. Les conception ciales de Jaurès sont liées à ses idées métaphysiques et religieuses. On le croit d'ordi ' assez oeu systématique, parce qu'on

CD. ai^niauon. C'est

uiu- :^ :. ' . ^ <-'st un esprit

amoureux de la précision, et qui recherche la rigueur logique. Il sentait bien que son idéal social serait reste en l'air s'il n'avait fait corps avec ses convictions louchant les autres grands problèmes. « Quand le socialisme aura triomphé, écrivait-il dès 1890, c'est-à-dire au moment où il mettait la deniière main à sa thèse, les hommes comprendront mieux l'univers. Car, en voyant dans l'humanitc le triomphe de la conscieiKe et de l'esprit, ils sentiront bien vite que cet univers, dont l'Iiunianité est sortie, ne (xut pas être, dans son fond, brutal et aveugle, qu'il y a de l'esprit partout, de l'âme partout et que l'univers lui-même n'est qu'une immense et confuse aspiration vers l'ordre, la beauté, la liberté et la bonté. ))

Xous ne dirons donc pas, coninK on la fait quelquefois, que la thèse de Jaurès De la réalité du Monde sensible» est un simple exercice d'école, auquel il s'est astreint par manière d'acquit, atin d'être nonmié a la chaire de phi-

iosophie de l'Université de Toulouse. Sans doute elle ne ressemble guère aux œuvres de sa maturité. Le lauréat du concours général y transparaît à chaque page sous le docteur es lettres. Les couplets, les morceaux de bravoure

abondent : la virtuosité dialectique, étourante, ne laisse pas de fatiguer le lecteur. Néanmoins, on aurait tort d'en conclure que Jaurès n'avait pas pris son sujet au sérieux. Il a réimprimé ce livre en 1905; s'il n'avait été très attaché aux idées qu'il y avait exprimées, il s'en serait sûrement abstenu. En fait, la philosophie qui s'y trouve esquissée est demeurée la sienne jusqu'à la fin. du moins dans ses grands traits.

Elle est nettement « réaliste », et cependant, à travers Ravaisson et M. Lachelier, elle semble bien se rattacher à Schelling et aux néoplatoniciens. On ne peut guère en douter, quand on rencontre des passages comme celui-ci : « L'esprit, même s'il est premier dans le monde, a accepté de se produire dans la nature selon la nature. Sa force, sa victoire, ce n'est pas de répudier la nature, c'est de l'élever à soi, de la transformer par degrés. . . Dieu est, et il est la perfection, mais s'il acceptait ainsi cette per-

i.ic ùonacc, cilc serait une nature.

t:ait plus la perfection. Voilà pouniuoi Dieu ouvre en soi le monde comme un abimc de luttes et de cor ns, mais de contra-

dictions toujours -. uiMii>. puisqu'elles procèdent de Tact i\ lie mcinc de Dieu. »

Les conceptions de ce genre permettent à la fois de ne pas nier la " et du mal, et de ne ixi.-, -....... ;c^..

comme irréductible. Elles constituent un essai de pour le problème métaphysique qui

paici.i av.ir préoccupé Jaurès par-dessus tous les autres : la raison peut-elle comprendre la coexistence de la nature et de Dieu? En d'autres termes, sa me? Hiie à la religion. Il le fait rci:- ,,„,. .... ....:.ie. « Il faut

se tenir, écrit-il, au point de vue où l'être, la sensation, la vie, la conscience ne font qu'un. Direz-vous qu'il y faut une certa* iplai-

sance? Je l'avoue; mais cette i ance

s'appelle religion, car elle nous met en harmonie co * incipc suprême des choses. »

i -'igieux jaillit chez Jaurès de

deux sources qui n'ont jamais tari. La première est l'amour de la nature, qui s'est ré\élé si fort chez Jaurès tout enfant, cette sorte de fusion

intime de son être avec la terre, le ciel, la forêt, les champs, les grillons, les abeilles, avec toute la vie palpitante et bourdonnante de son cher Midi : de là les véritables hymnes dont sa thèse est parsemée, hymne à la lumière, à la nuit, à la terre, aux étoiles, etc.. L'autre est le besoin profond de la justice, le pressentiment et l'exigence d'un ordre social qui sera harmonieux et vraiment humain, dont la réalité présente est encore bien éloignée, mais qui doit se réaliser. Cette foi, que le doute n'a jamais effleurée, est d'essence vraiment religieuse.

Par suite, 1 attitude de Jaurès à l'égard des religions positives, et de la chrétienne en particulier, est à la fois très respectueuse et tout à fait libre. Il pense, comme Renan, qu'il ne convient pas de parler des religions à la façon de Voltaire et des philosophes du xviii* siècle. (( Je n'ai jamais cru, dit-il, que les grandes religions humaines fussent l'œuvre d'un calcul ou du charlatanisme... Elles sont sorties du fond même de l'humanité. » Il sait quelle place elles tiennent dans l'histoire. S'agit-il du cVr lianisme? Jaurès en éprouve viN-einent l'an mystique, la puissance de persuasion et de

consolation. 11 le rcvcrc, il se sent en intime communion avec les chrétiens de tous les siècles dans un sentiment de pitié temlrc pour la faiblesse humaine» d*abnégation fraternelle, de dévouement et <ramour pour tous les hommes. Mats certains traits du catholicisme contemporain l'en éloignent, Les dogmes, d*abord, rarrêtent. Son respect de la vérité ne souffre pas de cor^'^-^ "'•'ïsion; il ne se prêtera donc pas aux acv cments qui permettraient de

conserver comme vrai ce qu'une critique décisive I ' ne faux. Aussi a-t-il suivi avec un : , issionné les efforts de l'abbc Loisy : si le catholicisme, dit Jaurès, avait consenti à admettre qu'il avait évolué, « s'il s'était reconnu le droit de s'être trompé », quel avenir se serait ouvert devant lui! — Puis, le christianisme regarde la nature humaine comme déchue. De là un pessimisme et des pratiques ascétiques que Jaurès repousse de toutes ses forces. A ses yeux la nature, dopt il ne se dissimule pas les maux, est cependant divine. Sa métaphysique évolutionniste est nettement optimiste. « L'imlividu humain, écrit-il, lui aussi, est le produit d'une terrible évolution de nature, * est l'héritier de bien des forces brutales, il

porte en lui des instincts d'animalité. Va-t-il donc renoncer à lui-même? Va-t-il maudire en lui la nature et la refouler? Où sera son point d'appui pour s'élancer plus haut et quel sera le prix de sa victoire, s*il n'offre en quelque sorte au gouvernement de la raison qu'une âme morte et une sensibilité éteinte?», et ailleurs : (( La force des instincts, la chaleur du sang, l'appétit de vi\ ic ne seront point atténués; mais les puissances instinctives seront disciplinées et harmonisées par une haute et générale culture. La nature ne sera pas supprimée ou affaiblie, mais transformée et glorifiée. )) N'y a-t-il pas dans ces paroles un écho lointain de Fourier et des saint-simoniens?

— Peut-être; mais on y reconnaît surtout la pensée de ces anciens qui jetaient un regard direct sur la nature, et dont la sérénité n'était pas troublée par ce spectacle. Il est remarquable que Jaurès, tout nourri des néo-platoniciens, n'ait jamais cessé cependant de voir la nature avec les yeux des Grecs de l'époque classique,

— sans doute parce que, dès son enfance, il la sentait comme eux.

Toutefois son optimisme ne lui cache ni les misères de l'homme, ni les tristesses et les souf-

f ' notre sociclc si hii»l(.. Daii^

i .' ^' surtout, sous l'influence des

années et des soucis, il se colore parfois de teintes bien mélancoliques. « Quand on songe, écrit-il. que pour Tindividu la douleur individuelle est un absolu... et que, par un surcroît de dureté et de scandale, beaucoup souffrent et cnt sans avoir même entrevu à quoi leur — .cur et leur mort peuvent servir..., il n'y a pas de progrès social qui puisse pleinement consoler de toutes les souffrances qui en furent la rançon... Après tout, j'ai sur le monde, si cruellement ambigu, une arrière-pensée, sans laquelle la vîc de l'esprit me semblerait à peine à la race humaine ». Et, plus loin, cv V., ic douleur : <( Que d'existences broyées sans avoir même pu jeter un éclair de révolte, comme des cailloux écrasés sur le chemin, et dont l'étincelle même est étouffée sous le rouleau de la lourde machine I »

\u fur et à mesure qu'il avançait en âge. les problèmes religieux et en particulier le problème du mal s'imposaient de plus en plus a son esprit. Il a dit en propres termes à son jeune ami Enjalran, avec qui il aimait à s'entretenir en se promenant dans la campagne pen-

dant ses séjours à Bessoulet, « qu'il devait procéder par des suggestions de plus en plus nettes, avant d'aborder de front la question dans un ouvrage direct qu'il réser\'ait pour sa vieillesse ». Loin de penser que le progrès social diàt faire évanouir ces problèmes, il a écrit plus d'une fois que la société nouvelle, fondée sur la justice, verrait se produire « un grand renouvellement religieux ». Les formes religieuses actuelles disparaîtront. Mais d'autres naîtront, car le sentiment et Vidée de Tinfini sont indéracinables. (( L'âme enfantine, dit Jaurès, est pleine d'infini flottant, et toute l'éducation doit tendre à donner un contour à cet infini qui est dans nos âmes. »

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