CONSIDÉRATIONS D'ORDRE CLINIQUE
La première observation présente une physionomie clinique assez particulière, que nous nous proposons de souligner dans quelques détails, sans prétendre tracer la symptomatologie des angiomes du cou et les règles du diagnostic avec les tumeurs de la‘région.
Cet angiome se présentail comme une tumeur profonde du cou soulevant le sterno-mastoïdien et apparaissant sous la peau en avant et en arrière de lui. Mais deux faits importants frappent d’abord : ce sont des poussées d’accroissement intermittentes au cours de sa longue évolution et de labsence de modifications au cours des efforts ou après ‘un appui prolongé et total sur la masse.
Au moment de ces poussées d’'accroissement, chaque cinq à sept mois, la tuméfaction se tend, empâte les tissus avoisinants superficiels et devient douloureuse. On a signalé depuis longtemps l'existence d'angiomes profonds douloureux. Trélat et Monod, en 1879, en ont apporté les premières observations à la Société de chirurgie; Kirmisson, en 1914, a repris leur étude à lPAcadémie de médecine et explique les phénomènes névral-
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giques qu'il a observés par la présence d'une riche distribution nerveuse dans la paroi de la tumeur. Mais il semble que cette pathogénie ne suffise pas à expliquer les phénomènes de tension et d'empâtement qui caractérisaient ces poussées, qui, à part l'élévation thermique absente d’après le malade, ressemble beaucoup à des poussées inflammatoires.
L'inflammation est un accident explicable dans Îles angiomes superficiels, qui peuvent s’infecter à la faveur d’une éraillure cutanée, mais elle est plus malaisé à comprendre quand il s’agit d’angiome profond. Peut-être faut-il invoquer la même pathogénie que pour des accidents analogues survenus dans des angiomes de l'orbite (Ernautène). On admet une infection endogène, "venue de l'appareil digestif. Les conditions de nutrilion et de défense du néoplasme étant moindre que celles des tissus normaux, l’action des toxines peut s'y manifester plus aisément. Quoi qu'il en soit de leur mode de production, ces phénomènes donnent à la tumeur un cachet clinique spécial qu'il importait de souligner.
Les caractères physiques de l’angiome de la première observation s'opposent fortement à ceux du second cas. Dans l’un, en effet, aucune modication ne se produit au cours des efforts ; il n’y a pas d'expansion ; on note seulement une légère augmentation de volume spontanée, sans aucune cause apparente. Dans l'autre, la tumeur est facilement réductible et s’amplifie à l'effort. Ges différences correspondent aux rapports de la tumeur avec la Jugulaire interne. Les anastomoses peu nombreuses, très réduites de calibre du premier cas, expliquent l'absence de variations, symptomatiques des angiomes.
En dehors de ces deux caractères spéciaux, le tableau
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clinique de ces deux cas correspond bien à la symptomatologie des angiomes profonds, et il montre qu'il ne faut pas s'attendre à trouver dans ces tumeurs les gros signes caractéristiques de ces tumeurs de nature vasculaire (expansion sous l'effort, érectilité spontanée, réduction). Il convient de déceler les moindres variations de volume, rapides, indépendantes de toute cause apparente, pour être aiguillé sur la voie du diagnostic.