‹ Quelques Particularités Le Sur FémurChapitre 15 sur 33 · APE · texte numérisé non relu

APE

A la face postérieure de cette lèvre correspond très souvent une gouitière ‘ou fossette, dite fossette hypotrochantérienne, ‘sur laquelle nous reviendrons dans un prochain chapitre.

Nous avons maintenant tous les éléments du pro blème à résoudre. Le muscle crural, avons-nous dit, s’insère sur les faces antérieure ‘et-externe du fémur. sur le 1/3 sup..et en dehors iles fibres musculaires commencent un peu ‘moins haut, Si bienique dans les conditions normales le muscle n'intervient pas pour déftormer l'os, et la diaphyse reste cyÿhndrique. Maïs que pour iles besoins de la vie, soit exercices violents, soit marchesexagérées, le muscie-ait besoin de s’étendre, pour gagner ‘en volume, ses fibres empièteront sur La partie de l'os généralement décounerte, élargissant ainsi la surface d'insertion qui Jeurest d'ordinaire réservée sur.cette partie du fémur. Et s'il en est ainsi nous devrons retrouver :sur l'os, ‘dépouillé de ses parties charnues, des traces de cet envahissement anormal. Or sur tous les fémurs platymères dans le sens antéro-postérieur on peut voir, au niveau du f/3 supérieur et en dehors, une empreinte ovalaireà grand diamètre verticai, parfaitement limitée, «et dont onne retrouve pas la irace sur les fémurs non platymères.

C'est sur cette surface que s'insérait un nouveau

— dt

chef du crural, qui n’entre pas normaleinent dans la constutution de ce muscle, mais qui s'était développé sous l'influence d'efforts répétés, ainsi que l’a démontré M. Manouvrier.

D'autre part nous pouvons constater sur un grand nombre de fémurs préhistoriques et modernes, présentant également de la platymèrie, que cette empreinte au lieu de regarder directement en avant, est plus ou moins tournée en dehors. Ce sont là, les types de fémurs platymères dans un sens intermédiaire entre les deux extrèmes, c’est-à-dire, platymères obliquement. Que continuant son évolution cette surtace regarde directement en dehors, nous arrivons à la platymèrie transversale, dans laquelle le crural s'est créé un nouveau champ d'insertion non plus aux dépens de la face antérieure, mais bien de la face externe. Nous rappellerons ici que nous avons signalé, lors de la description du fémur néolithique de Guéret, une large empreinte ovalaire, siégeant sur le 1/3 supérieur aplati transversalement ; empreinte nettement délimitée sur laquelle s’insérait un faisceau de fibres charnues qui étaient venues s’ajouter aux faisceaux existant normalement.

La platymèrie reconnait donc pour cause — du moins la platymérie antéro-postérieure — un travail

musculaire excessif portant sur un seul muscle, le

crural. Telle est l'interprétation physiologique de ce caractère si intéressant commun aux fémurs préhistoriques et modertes.

[] reste à déterminer pourquoi la platymérie est moins marquée sur ces derniers que sur les autres. Il nous suffira de rappeler les mœurs des hommes de l’âge de pierre pour tout expliquer. Nous savons en effet que l’homme se livrai: à cette époque aux exercices les plus violents, soit qu’il ait eu à marcher, courir, sauter, dans des terrains accidentés. Il imprimait ainsi à ses cuisses des mouvements de flexion et d'extension répétés, mouvements dans lesquels, le triceps fémoral, dont fait partie le crural, est violemment surmené. La condition sociale de l'individu s'étant singulièrement modifié depuis, il en est résulté que ce caractère s’est atténué, sans toutefois avoir disparu, ni tendance à disparaître, l’homme ayant actuellement encore de trop nombreuses occasions d'exercer ses muscles de la cuisse, soit qu’il monte un escalier, soit que son travail le mette dans l'obligation de marcher beaucoup.

| Nous pouvons enfin, pour appuyer la théorie qui attribue la foi mation de la platymèrieau développement excessif du muscle crural, invoquer ce fait que la platymèrie est très souvent liée à La platynèmie, c'est-à-

dire, à un aplatissement considérable du tibia dans le

sens transversal, aplatissement produit, ainsi que l’a montré M. Manouvrier « sous l'influence de la suractivité du muscle tibial postérieur dans la marche ascendante, la course ou la marche pénible sur des terrains raboteux ou accidentés. »

Cette preuve de la suractivité du muscle tibial postérieur coexistant avec la platymèrie, nous confirme dans cette idée que celle-ci est dûe également à un développement excessif du muscle crural, sous l'influence de la même cause. Ainsi se trouve détruite l'opinion de Turner qui attribuait la platymèrie à l’accroupissement. D'ailleurs ce caractère ne se rencontre qu’exceptionnellement sur les fémurs des peuples dont l’accroupissement est l'attitude favorite, tandis qu’elle est'encore relativement très fréquente chez les peuples actifs pour lesquels la station assise, n’est que passagère. Cette interprétation de la platymèrie par l’action du muscle crural est très séduisante, elle est en outre des plus admissibles, surtout pour expliquer la platymèrie antéro-postérieure. En effet les fémurs platymères dans ce sens sont presque toujours grands et forts, pourvus de crêtes saillantes, d’un pilastre volumineux, tous indices d’un développement musculaire considérable. Tandis que tout autre est l'aspect des fémurs

platymères transversalement, généralement faibles,

grêles, de proportionsexiguës dans toutesleurs parties, et qui ne donneraient que très imparfaitement l’idée qu’ils sont dus à la même cause que la platymérie antéropostérieure, si on pouvait y penser ur instant. Aussi quoique je partage l'opinion de M. Manouvrier que lés deux platymèries sont occasionnées par Ic développe ment d’un faisceau anormal du crurai, j'incline à croïre que la platymérie ant.-post. est l'indice de fémurs forts et résistants, que la platymérietransversaleau contraire est l'indice de fémurs faibles, dont les muscles sont peu développés. Et comment pourraient-ils l'être, surtout le crural, dont la surface d'insertion est alors réduite à sa plus simple expression, puisqu’elie n’esi plus ‘u’un bord. Ici dnc ce faisceau anormal ne se développe que pour suppléer à l’action presque nulle du faisceau normal. Celui-ci, privé de l’espace qui lui est dévolu, sur ies fémurs ordinaires, ne peut se développer, si besoin est , qu'en empiétant sur une surface dépourvue d'in sertions musculaires. Or nous connaissons bien cette baudelette osseuse, située en haut et en dehors des insertions charnues du crural. C'’est-elle que les faisccaux nouveaux envahiront, c’est elle qui s’étendra et deviendra l'empreinte ovalaire à grand diamètre vertical que nous avons retrouvée dans les deux types de

platymèrie. Mais nous tenons à signaler cette distinc-

ASE

tion que dansun cas elle est l’indice de fémurs robustes, dans l’autre, de fémurs peu résistants. En tous cas nous pouvons dire à l’appui de la dernière partie de notre assertion, que dans certains cas de luxation congénitale double ou simple nous avons rencontré la platymérie transversale alors que nous ne l'avons jamais remarquée sur des fémurs vigoureux. C’est au Musée Dupuytren, où nous nous étions rendu avec M. le Docteur Félix Regnault (qui doit publier prochainement une étude sur le sujet et que je remercie du concours qu'il m’a prêté pour les lignes qui suivent) que nous avons constaté cette particularité, qui nous confirme dans notre opinion. Sans doute alors les causes de déformation diffèrent de celles qui agissent pour produire les formes normales. Néanmoins cette étude peut nous montrer que certaines formes de fémur, apparemment platymères, ne peuvent-être dues

à la force musculaire.

L'examen des fémurs dans la luxation congénitale nous à fourni quelques conclusions intéressantes, que

je résumerai ici.

Ils ont presque toujours un pilastre très développé,. et ce ne sont pourtant pas des fémurs de force, car ils

sont petits et grêles, et quand la luxation est unilaté-

rale, on voit que leur volume est diminué par rapport au fémur sain.

Le pilastre est très souvent rejeté plus ou moins en dehors. Le diamètre pilastrique reste toujours le plus fort, de sorte que, si on persiste à le prendre comme numérateur de la fraction qui fourmit l'indice, ce dernier dépassera 100 et le fémur sera aplati transversalement.

Le cas le plus remarquable nous est offert par une pièce conservée dans le Musée, concernant une luxation congénitale double, et à laquelle Malgaine a consacré une note dans le Catalogue. Dans cette note cependant il n’est point fait mention de la déformation des fémurs, mais seulement de celle des os iliaques. L’analogie que ces fémurs présentent avec les fémurs normalement platymères, nous autorise à en donner une description qui fera mieux saisir la raison de nos conclusions.

Ces fémurs n’ont pas subi de modification dans leur 1/3 inférieur, tandis que le 1/3 moyen et le 1/8 supérieur sont très aplatis, en sorte que le diamètre antéro-postérieur est trois fois plus grand environ que le diamètre transversal.

Si. nous comparons ces fémurs au néolithique de

Guéret, nous trouvons qu’ils offrent comme ce dernier

Page 1