‹ Quelques particularités sur le fémurChapitre 6 sur 21 · PILASTRE FÉMORAL · texte numérisé non relu

PILASTRE FÉMORAL

Nous pouvons, maintenant que nous connaissons les variations de forme de la diaphyse aborder l’étude du pilastre.

Quand on examine, deux témurs, l’un cylindrique, l’autre prismatique, il semble, à première vue, que le second ne soit que la rnodifieation du 'premier par suite du déoeloppement exagéré de la ligne âpre. S’il est ainsi cependant, en supprimant (par le raclage, par exemple) sur l’un et l’autre os, les rugosités de la ligne âpre, nous devrons les ramener tous deux à une forme identique, et si nous pratiquons à la partie moyenne des diaphyses une section transversale, les deux sections devront être circulaires, et d’égale épaisseur en tous leurs points. Mais en-est-il ainsi?

Pratiquons ces sections, alors que les diaphyses sont privées des rugosités de la ligne âpre. Des deux coupes,

l’une offre un contour régulièrement arrondi, l’autre conserve sa forme triangulaire à angles latéraux mousses et à bord postérieur plus ou moins saillant. L’épaisseur de Vos est-elle la même dans les deux os f non encore; dans le premier, l’épaisseur de l’os est Tôgulière en tous les points de la coupe, dans le second, il existe au niveau du bord postérieur un épaississement très notable, dont il faudrait supprimer la plus grande partie pour ramener la dîaphyse à la forme de l’os précédent. C’est à cet épaississement que l’on a donné le nom de pilastre, et ona-ppQWQ fémurs à pilasfre ou à colonne les fémurs qui en sont pourvus.

Nous avons recherché ce caractère sur 120 fémurs des deux sexes.

Sur 60 fémurs hommes nous l’avons trouvé 27 fois, 18 fois seulement sur 60 fémurs de femmes ce qui donne les moyennes suivantes.

4o 0/0 chez l’homme 30 0/0 chez la femme

Enfin nous avons remarqué qu’il était plus fréquent, du côté droit que du côté gauche, d*une façon sensible dans les deux sexes.

Qu'elle est l'origine du pilasti^e?

Si l’on se bornait à ne considérer le pilastre que comme une sorte de contrefort destiné à s’opposer à

l’incurvation du fémur en arrière, on ne résoudrait, je crois, qu’une faiblepartie de la question, M. Manouvrier, qui a fait une excellente étude du pilastre, dit qu’on devrait dans ce cas le rencontrer surtout chez les fémurs très courbés. Or d’après les recherches que l’on a faites et que J’ai contrôlées on ne peut établir un rapport entre la saillie pilastrique et la courbure en arrière. Cependant il faut noter que l’épaisseur du pilastre atteint son maximum d’épaisseur au ma.ximum de courbure, ce qui est une preuve qu’une action mécanique intervient pour une part dans sa formation. Nous ne suivrons pas M. Manouvrier dans la discussion qu’il a entreprise pour prouver que le pilastre n’est également pas dû à l’action des muscles qui s’insèrent sur la ligne âpre, en effet, cela voudrait simplement dire que le pilastre n’est qu’une exagération de la ligne à,pre, et nous savons qu’il n’en est rien, d’autant plus que le pilastre peut exister sans supporter la moindre rugosité qui révèle un surcroît d’activité des muscles adducteurs ou extenseurs. Arrivons tout de suite à ce qui semble être la vraie cause de la formation de la saillie pilastrique. Prenons un fémur à pilastre très saillant. Nous voyons, et nous avons signalé cette pàr^ ticularité, dans notre étude de l’indice fémoral, que fo face posl-eæterne présente une cannelure très àcoen-^

tuée, à laquelle correspond une face post-interne plus ou moins convexe. De telle sorte que par suite de cet évidement de la face externe, le bord pilaslrique est convexe en dedans.

Quelle est la cause de cet évidement .? Rappelons quels sont les rapports des muscles avec les surfaces du fémur. Nous savons que la/ace interne est libre de toute insertion musculaire, dans le cas présent cette surface est convexe ; que, sur la face externe s’insère le muscle crural, et que cette surface est, ici, profondément excavée. Comme nous avons examiné toutes les causes qui pourraient produire à elles seules le pilastre, sans en trouver une qui soit réellement efficiente, nous devons rechercher si ce n’est pas le muscle crural qui serait la vraie cause de cette saillie. En effet, nous devons supposer que c’est à la suite d’un surcroît d’activité musculaire que ce muscle se développe et prend des proportions considérables par rapport à la surface de l’os. Dès lors il est tout naturel de penser que ce sont les fibres de ce muscle qui creusent cette surface, la modèlent, et qu’elle sera d’autant plus excavée, que les faisceaux seront plus forts et plus nombreux. En sorte que le pilastre sera d’autant plus saillant que cette cannelure se creu.sera davantage. Il ne faut cependant pas inférer de là qu’il

soit nécessaire que le diamètre antéro-postérieur doive être considérable pour que le pilastre soit très marqué. Nous l’avons rencontré sur certains fémurs dont les diamètres étaient à peu près égaux, et dont la face externe était cependant creusée au point que la saillie du pilastre était très marquée. Cependant il faut dire que l’excavation sera d’autant j'ius étendue que la surface sur laquelle elle peut se produire sera grande, et que cette condition se réalisera sur les fémurs dont le diamètre antéro-postérieur sera considérable.

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