LES VERS
174. S'il y a de bonnes raisons à donner contre l'usage établi dans les collèges de faire composer des dissertations latines aux enfants, il y en a de plus nombreuses encore et de plus fortes à faire valoir contre les vers latins, et même contre les vers de toute sorte2. En effet si l'enfant n'a pas
1. Les maîtres de Port-Royal disaient de même: « Avant de faire écrire les élèves en latin, on pourra exercer les enfants à écrire en français, en leur donnant à composer de petits dialogues, de petites narrations ou histoires, de petites lettres, et en leur laissant choisir les sujets dans les souvenirs de leurs lectures. »
2. Locke n'est pas le seul pédagogue du dix-septième siècle qui ait condamné les vers latins comme exercice scolaire. Le P. Lamy, de l'Oratoire, se plaint, dans ses Entretiens sur les sciences, du temps que l'on perd à ce travail le plus souvent stérile. Les jansénistes avant lui avaient formulé les mêmes critiques. « C'est ordinairement un temps perdu, dit judicieusement Arnauld, que de donner des vers à composer. De soixante-dix ou quatre-vingts écoliers, il y en peut avoir deux ou trois de qui on arrache quelque chose, le reste se morfond et se tourmente pour ne rien faire qui vaiUe. »