LA LOI CIVILE
18G. Lorsque l'enfant aura suffisamment étudié les Devoirs de Cicéron, et qu'on y aura joint le livre de Puffendorf : de Offîcio hominis et civis 2, il sera peut-être temps de lui faire lire l'ouvrage de Jure belli et pacis de Grotius3, ou quelque chose qui peul-élre vaudra mieux encore, le traité de Puffendorf, de Jure naturali et gentium*. 11 y apprendra les droits naturels de l'homme, l'origine et la fondation des sociétés et les devoirs qui en résultent. Ces questions générales/ de droit civil et d'histoire sont des études qu'un gentleman ne doit passe contenter d'effleurer : il faut qu'il s'en occupe sans cesse, il faut qu'il n'ait jamais fini de les étudier. Un jeune homme vertueux et bien élevé, qui est versé dans cette partie générale du droit
1. En fait, dans la pratique scolaire, nous ne sommes guère allés jusqu'ici au delà du programme tracé par Locke, puisqu'on attend la fin des études et la classe de philosophie, pour enseigner aux élèves de nos lycées les principes de la morale, et leur faire lire les grands moralistes.
2. Puffendorf, célèbre publiciste, né en 1652, mort à Berlin en 1694. Il publia, en 1675, l'ouvrage dont il est question ici : Des devoirs de l'ltonunc et du citoyen.
5. Grotius (1585-1646), célère érudit hollandais. Son plus laineux ouvrage est précisément le traité dont parle ici Locke, Du droit de guerre et de paix (1624), qui fut traduit en français par Barbeyrac (1724).
4. L'ouvrage de Puffendorf, Du droit naturel et du droit des gens, parut en 1670. Il fut traduit dans toutes les langues de l'Europe.