‹ Quelques pensées sur l'éducationChapitre 155 sur 176 · LA LOI · texte numérisé non relu

LA LOI

187. Ce serait une hypothèse étrange quecclle d'un gentleman anglais qui ignorerait les lois de son pays1. Dans foules les conditions, c'est une connaissance si nécessaire que, depuis le juge de paix jusqu'au ministre d'Etat, je ne vois pas quel homme pourrait s'en passer, s'il veut tenir dignement son rang. Je n'entends pas parler de la chicane, de tout ce qu'il y a de captieux et de subtil dans la loi. Un gentleman, dont le devoir est de connaître les règles précises du bien et du mal, mais non de rechercher les moyens d'esquiver l'obligation de faire le bien ou de garantir sa sécurité touten faisant le mal, un gentleman, dis-je, doit dédaigner l'étude de la chicane autant que s'appliquer diligemment à l'étude de la loi, afin de rendre parla des services à son pays. A cet effet, je crois que pour un gentleman la bonne méthode d'étudier nos lois, quand il n'a pas à en faire une étude spéciale en vue de sa profession, c'est de prendre une idée de la constitution et du gouvernement de l'Angleterre dans les anciens livres de droit commun, et chez quelques écrivains modernes qui après eux ont dressé le tableau de ce gouvernement. Quand il s'en sera fait une idée exacte, qu'il lise alors l'histoire de son pays, en associant à l'étude de chaque roi celles des lois faites sous son règne. Par là il pénétrera dans l'esprit de

1. L'hypothèse n'est, hélasl que trop vraisemblable, au moins en France, bans nos lycées, la législation n'est enseignée qu'aux élèves de l'enseignement dit spécial.

nos lois; il verra sur quels principes elles ont été établies, et en comprendra mieux l'autorité1.

Page 1