‹ Quelques pensées sur l'éducationChapitre 175 sur 176 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

216. Bien que je sois maintenant arrivé au terme de ce que des observations familières m'ont suggéré sur l'éducation, je ne voudrais pas laisser croire que je considère ce travail comme un traité en forme sur le sujet. Il y a mille autres choses qui mériteraient l'attention; surtout si l'on voulait étudier les divers tempéraments, les différentes inclinations, les défauts particuliers que l'on rencontre chez les enfants, et rechercher les remèdes appropriés. La variété des caractères est si grande que ce sujet demanderait un volume : encore n'y suffirait-il pas1. Chaque homme a ses qualités propres qui, aussi bien que sa physionomie, le distinguent de tous les autres hommes; et il n'y a peut-être pas deux enfants qui puissent être élevés par des méthodes absolument semblables2. De plus, j'estime qu'un prince, un noble et un gentleman de condition ordinaire doivent recevoir des éducations un peu différentes. Mais je n'ai voulu exposer ici que quelques vuet» générales, qui se rapportent au but principal de l'éducation. Elles étaient d'ailleurs destinées au fils d'un gentleman

\. L'étude que Locke réclamait ici n'a pas encore été faite.

2, C'est pousser un peu loin les choses. La science de l'éducation n'existerait pas si on acceptait à la lettre l'affirmation de Locke. En dépit de la diversité des tempéraments, il y a chez tous les enfants une certaine communauté de nature; il y a aussi par conséquent des lois pédagogiques générales qui s'appliquent à tous.

Ci INCLUSION. 545

• le mes amis1, que je considérais, à raison de son jeune Age, comme une page blanche ou comme un morceau de cire que je pouvais façonner et mouler à mon gré2. Je n'ai guère fait que toucher, par conséquent, aux points essentiels, et à ce que je jugeais nécessaire en général pour l'éducation d'un jeune gentleman de sa condition. Et maintenant je publie ces pensées que l'occasion a l'ait naître; je les publie, bien qu'elles soient loin de constituer un traité complet sur la matière, et sans prétendre que chaque père y trouvera ce qui conviendrait précisément à son enfant, mais avec l'espoir qu'elles apporteront cependant quelques faibles lumières à tous ceux qui sont préoccupés de leurs chers petits, et qui, dans l'éducation de leurs enfants, aimeront mieux se risquer à consulter leur propre raison que suivre docilement la routine des vieilles méthodes.

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