I \ POLITESSE
Quoi qu'il on soit, en ce qui concerne les enfants euxmêmes, il esl évident qu'ils ne tirent pas un iola de profit de ces remontrances accidentelles. C'est dans d'autres moments qu'il faudrait leur montrer ce qu'ils ont à faire; il faudrait par un exercice réitéré les former d'avance à la pratique de ce qui est convenable et bienséant, et non leur faire accidentellement mille reproches pour une chose qu'ils n'ont pas l'habitude de faire et dont ils ne savent même pas comment elle se fait. Harer ! l'enfant comme un chien et le réprimander à tout bout de champ, ce n'est pas l'instruire, c'est le tracasser et le chagriner sans profit. Il vaudrait mieux le laisser en repos que de le gronder pour une faute qui n'en est pas une à son âge, et qu'il ne dépend pas de lui d'éviter pour en avoir seulement entendu parler. 11 serait bien préférable de laisser au progrès de l'âge la lâche de corriger la négligence et la simplicité qui sont naturelles aux enfants. Ne les soumettez pas à ces censures déplacées qui ne servent ni ne sauraient servir à leur enseigner des manières élégantes. Si leur cœur est bien disposé, s'il est réellement pénétré du sentiment de la politesse, la grossièreté, qui paraît dans leur tenue, faute d'éducation, disparaîtra d'elle-même avec l'âge et l'expérience, à mesure que les enfants grandiront, si du moins ils fréquentent la bonne compagnie. S'ils fréquentent la mauvaise, toutes les règles du monde, toutes les corrections imaginables ne parviendront pas à leur apprendre la politesse. Car, tenez-le pour certain, quelles que soient les instructions que vous donniez à vos enfants, quelles que soient les leçons de civilité, de bonne éducation, qu'ils reçoivent tous les jours, rien n'aura sur leur conduite autant d'influence que la société qu'ils fréquentent et les manières des personnes qui les entourent. Les enfants (et aussi les hommes) agissent beaucoup par imitation2. Nous res-