‹ Quelques pensées sur l'éducationChapitre 82 sur 176 · Voyez · texte numérisé non relu

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2. Rousseau, toujours chimérique, voudrait un précepteur qu'on ne !>ayàt pas. « La première qualité que j'exigerais d'un gouverneur, 'est de n'être point un homme à vendre... » Comme si l'on ne pouvait ttendre de son travail une juste rémunération, sans pour cela être un Lomme à vendre '

ment que j'ai vu souvent des parents, qui prodiguaient leur fortune pour donner à leurs enfants de beaux ajustements, pour les loger et les nourrir avec luxe, pour leur procurer plus de serviteurs qu'il n'était nécessaire, et qui en même temps affamaient leurs esprits et ne prenaient aucun soin de couvrir la plus honteuse des nudités, je veux dire leur ignorance et leurs mauvais penchants. Je ne puis m'empècher de croire qu'en cela les parents ne font que complaire à leur propre vanité : leur conduite témoigne de plus d'orgueil que d'un vrai souci du bien de leurs enfants. Toutes les dépenses que vous ferez dans l'intérêt de votre fils prouveront la vivacité de votre amour pour lui, quand bien môme elles amoindriraient son héritage. Un homme sage et bon ne peut manquer de paraître ou d'être grand et heureux; mais celui qui est fou et vicieux ne saurait prétendre ni à la grandeur ni au bonheur, quelque richesse que vous lui laissiez en héritage. Et je vous le demande, n'aimeriez-vous pas mieux que votre fils ressemblât à certaines personnes qui n'ont qu'un revenu de cinq cents livres par an qu'à quelques autres de votre connaissance qui en ont cinq mille ?

91. 11 ne faut donc pas que le chiffre de la dépense décourage ceux qui ont les moyens de la faire. Mais la difficulté sera de trouver un bon gouverneur : car les hommes qui ont peu d'âge, peu de talent, peu de vertu, ne sont pas propres à remplir cet emploi, et ceux qui en ont beaucoup ne se décideront que malaisément à s'en charger l. Vous ; devez donc aviser de bonne heure et porter partout vos recherches : car le monde contient des gens de toute

1. Ces difficultés trop réelles, n'auraient-elles pas dû donner à réfléchir à Locke, et lui prouver que l'éducation publique est préférable à l'éducation domestique ? Où trouver, en effet, le précepteur parfait dont Locke, comme Montaigne, comme Rousseau, trace complaisamment le modèle? Quand le père n'a ni le temps, ni le talent néces- j saire pour diriger lui-même l'éducation de son fils, — ce qui est l'idéal ; peut-être, — je ne crois pas que l'éducation domestique, dirigée par un précepteur puisse être mise en comparaison avec l'éducation publique.

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