DU RESPECT
99. Lorsque vous aurez élabli votre autorité, en faisant comprendre à votre fils qu'il dépend de vous et que vous êtes son maître; lorsque, par l'inflexible sévérité dont vous aurez usé à son égard toutes les fois qu'il aura obstinément persisté à commettre une faute grave, défendue par vous, particulièrement le mensonge, vous lui aurez inspiré ce sentiment de crainte qui est nécessaire; lorsque d'autre part (en lui accordant toute la liberté que réclame son fige, en lui permettant, lorsqu'il est en votre présence, les actions enfantines et cjj^jjiicilè^de mouvement qui est aussi nécessaire aux enfants, quand ils sont tout petits, que le manger et le dormir) ; lorsque, dis-je, vous l'aurez familiarisé avec votre société, lorsque vous lui aurez fait comprendre votre affection, votre sollicitude, en lui témoignant beaucoup d'indulgence et de tendresse, surtout en le caressant toutes les fois qu'il fait quelque chose de bien,
\. Locke demande en d'autres ternies que l'enseignement soit vivant, animé, qu'on y lasse participer l'élève, par des questions, par des exercices de jugemenl. Il critique les méthodes purement didactiques, qui fatiguent reniant par de monotones leçons et qui lui imposent de trop longs devoirs. Il critique encore la vieille méthode scolastique de la discussion ei de l'argumentation sans lin sur des questions subtiles et abstraites.
en lui faisant ces mille amitiés qu'appelle son âge et que la nature enseigne aux parents mieux que je ne saurais le faire; lorsque, enfin, par cette conduite affectueuse et tendre, qui est si naturelle aux parents dans leurs rapports avec leurs enfants, vous aurez éveillé dans son cœur un sentiment, particulier d'affection pour vous: votre fils est alors dans les dispositions que vous devez, souhaiter, et vous avez fait naître dans son esprit ce sentiment de vrai respect qu'il faudra avoir soin d'entretenir dans la suite, et de conserver dans ses deux éléments, Y amour et la crainte1 , deux grands principes par lesquels vous aurez toujours prise sur lui, de façon à diriger son esprit dans le chemin de la vertu et de l'honneur.
1, Locke a raison de vouloir que dans l'amour filial il entre un peu de crainte. Nous n'admirons pas sans réserve le joli mot de Montaigne : « Quand je pourrais me faire craindre, j'aimerois encore mieulx me taire aimer. »