PAR LA CHALE L'R ORAGEUSE DE JUILLET
Par la chaleur orageuse de juillet,
— Du demi-jour, des mouches qui me harcellent — Tout seul dans la chambre ; le portrait de celle
Qui fit mon tourment, mon délice, appuyé,
— Oh ! la chaleur orageuse de juillet ! —
Contre un livre à la bonne odeur de moisi,
Devant moi ; oui, devant moi, ses yeux tranquilles,
Inconscients des tempêtes imbéciles
Qu'ils soulèvent dans le cœur par eux choisi.
Loin du livre à la bonne odeur de moisi,
Au vieux temps de naïve sincérité...
De vrai, quel temps ! c'est à pleurer, quand j'y songe,
Si solennellement fut dit ce mensonge
D'amour, d'amour vrai pour moi, déshérité,
Au vieux temps de naïve sincérité ! — .
Fut dit parmi les treilles de raisin mûr, Sous le ciel pris à témoin, lors des vendanges Où se firent d'inoubliables échanges De serments, de « je t'aime ». Car ceci, bien sûr, Fut dit parmi les treilles de raisin mûr !
Mort pourtant ce portrait comme elle trompeur ! Fixité banale des yeux, chevelure Sans parfum, et puis les grâces de l'allure ? Pas de cœur sous ie corsage et, j'en ai peur, Pas plus en elle qu'en ce portrait trompeur !
Mais ce corps si vivant perdu sans retour ! Lâcheté ? — Qu'en sais-je ? Et le saurais-je même, De quel droit m'indigner du regret suprême De ce corps, paradis perdu sans retour, Perdu par la faute de mon lâche amour !