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LES CONCLUSIONS PRATIQUES

Pour en venir aux résolutions pratiques, — car nous n'aimons guère à disserter pour le seul plaisir, — il est souhaitable que, selon son humeur et ses moyens, ou bien l'on compose des biographies d'écrivains en elles-mêmes, dont usera ensuite la critique littéraire, ou, si l'on en est capable,

l'on aborde d'emblée la double tâche, en entremêlant la biographie et la critique, en replaçant dans le cours de la vie d'un écrivain l'apparition de ses ouvrages, qui seront jugés à mesure.

Ce dernier travail plus complexe présente évidemment un inconvénient naturel, dont n'étaient point déjà exemptes les esquisses de Sainte-Beuve : ce que l'on gagne en vérité, on le perd en clarté. Là on ne voit pas d'un coup d'œil tous les résultats littéraires bien alignés, mais on passe incessamment de la biographie à la critique et des idées générales au récit. — Il est facile de pallier ce désavantage en accusant avec soin les conclusions littéraires partielles, formulées en cours de route, puis en les résumant dans un dernier chapitre en une conclusion littéraire générale, ou même, à l'imitation de Léon Crouslé pour Voltaire, en renversant l'ancienne proportion adoptée et donnant les trois quarts à la vie et le reste aux œuvres. Enfin l'on pourra dresser un répertoire spécial qui aide à retrouver facilement les jugements littéraires dans le corps du volume.

Soit mêlée à la littérature, soit isolée d'elle, la Vie d'un écrivain doit être à la fois documentée et vivante, et n'a rien de commun, bien entendu, avec les quelques pages que l'on ose couramment mettre sous ce titre, lorsqu'on prétend étudier successivement tel homme dans « sa vie » et dans « son œuvre ». Parmi les innombrables personnages de la pièce des Cabotins, de Pailleron, se trouve je ne sais quel auteur sous pression, qui a

sans cesse à la bouche le nom de l'ouvrage qu'il prépare et qui l'annonce chaque fois par son titre projeté, lequel revient perpétuellement dans la pièce comme une obsession et presque comme une « scie » : Murillo, sa vie, son œuvre, parodie amusante d'un cliché de titre si usité et si usé, qui recouvre ce que l'on sait, en fait de biographie : un sec catalogue de dates et de faits. Rien n'est moins vivant, rien ne répond moins à ce que ce mot si bref de Vie enferme d'admirable variété et de souple mouvement. L'on n'aboutit ainsi qu'à une image mutilée, informe et incolore de la vivante réalité.

En ce qui regarde les écrivains, la littérature biographique du 19^ siècle (pour ne pas remonter au delà), sans être très riche, présente un certain nombre d'essais honorables. Le premier représentant en est le baron Walckenaer : il donna, en 1820, une Histoire de la vie et des ouvrages de La Fontaine, qui connut quatre éditions. Ensuite il publia V Histoire d'Horace (deux éditions, 1840 et 1858) et, avec son agréable mais digressive érudition, il entassa des Mémoires touchant la vie et les écrits de la marquise de Sévigné, cinq volumes qui ne la conduisent que jusqu'à l'année 1680, seize ans avant sa mort (1).

A la suite de Walckenaer, nous devons citer Amable Floquet, qui, d'une plume malheureu-

(1) Ils eurent trois éditions. M. Aubenas publia un sixième volume, mais qui complète les années précédentes, et ne dépasse pas lui-même 1680.

sèment lourde, mais admirablement consciencieuse, rassembla des Etudes sur la vie de Bossuet, d'abord en 1855, jusqu'au préceptorat du Dauphin, qu'il présenta neuf ans plus tard (1864). Il reste encore vingt-deux ans à étudier de la vie du grand évêque. Tels sont ceux que l'on pourrait appeler les professionnels de la biographie littéraire.

Ce genre fut également cultivé par des littérateurs proprement dits, plus hommes du monde, la plume à la main, je veux dire d'une psychologie plus flexible et plus fine, et qui s'y révélèrent des maîtres : ce furent Victor Cousin et Sainte-Beuve, qui ne s'aimaient pas, mais qui servirent avec éclat l'un et l'autre la cause de la biographie.

L'on sait le brillant succès, mélangé d'un peu d'ironie, que remportèrent les monographies des grandes dames du 17*" siècle, M""^^ de Hautefort, de Sablé, de Longueville, etc., dont s'était éprise la laborieuse vieillesse du philosophe.

Cependant, Sainte-Beuve poursuivait sans relâche sa vaste entreprise de biographies littéraires, ou plus exactement, de biographies d'écrivains, dont une partie s'intitule, à juste raison : « Portraits littéraires » : ce sont bien des portraits, en effet, de délicates miniatures que, selon la méthode à la fois biographique et littéraire exposée plus haut, il parfaisait à petites touches, grâce aux nuances infinies de son vocabulaire, trempé aux finesses savoureuses et pittoresques de son maître Montaigne, à qui il emprunte, entre autres choses, l'aimable coutume du redoublement

d'expression du seizième siècle, mais en y remplaçant, lui, les deux mots synonymes par deux termes voisins, artistement gradués (1). Voilà cinquante ans que ces délicates petites œuvres servent à bon droit, sinon de modèles, au moins d'inspiratrices, à quiconque se mêle ou de biographie ou de littérature. Mais reconnaissons que la finesse du critique ne va point sans préciosité, son tact sans tâtonnements, son goût des auteurs, petits ou minces, sans un fâcheux défaut de sympathie à l'égard des grands : n'osa-t-il pas écrire un jour ce véritable blasphème, qu'il n'était pas fâché « de tous les soufflets donnés à de grands noms (2) » ! Aussi convient-il, en tenant compte, d'ailleurs, des multiples progrès de l'érudition, de reprendre certaines études sournoises de Sainte-Beuve pour les élargir, la plupart de ses fins médaillons pour les agrandir et en faire des portraits en pied, bon nombre de ses pastels biographiques pour les pousser à de véritables et complètes peintures, où une lumière plus franche

(1) Par exemple, Montaigne dira couramment : « ... Ils étaient régris et gouvernés par certaines polices et coutumes particulières... » Sainte-Beuve redouble aussi l'expression, mais en la graduant toujours : «... Les mœurs politiques anglaises se relevèrent patriotiquement et se retrempèrent avec Chatham... ; le côté positif et calculateur de 1 esprit anglais... », etc.

(2) Il ne le dit pas tout à fait aussi crûment, car il est toujours exquisement enveloppé, même dans ses blasphèmes : « Cousin, « écrit-il. dit, en parlant du livre de de Maistre contre Bacon : « Je ne lui aurais pas donné ce soufflet moi-même, mais je ne suis " pas fâché qu'il l'ait reçu » C'est ce qu'on dirait, si on Tosait, « de tous les soufflets donnés à de grands noms. » {Lundis, t. XI, p. 479.)

et plus vive osera s'épandre sur les œuvres.

On ne le fit guère à la fin du 19® siècle, où l'on conçut généralement les biographies littéraires selon deux méthodes bien différentes que nous appellerons volontiers, l'une chartiste, et l'autre intellectuelie. Ceux-ci accumulaient documents sur documents, les uns au bout des autres, entremêlant les faits d'une vie avec des dissertations sur l'authenticité des sources biographiques, sans séparer ces éléments divers, et un pareil agrégat, d'ailleurs très instructif, ils osaient l'appeler Vie de tel écrivain, n'ayant oublié qu'une chose, c'est de faire passer dans tous ces matériaux morts ou au moins arides, le courant de la vie. Le type du genre se trouve réalisé dans la plupart des « Vies » d'écrivains qui sont en tête des éditions savantes de la collection des « Grands Ecrivains de la France (1) ». D'autres, moins patients, les critiques intellectuels que nous avons décrits plus haut, ne se servent guère de quelques grands traits biographiques que pour donner une brillante unité, assez facile et factice, à leurs expertes analyses littéraires.

Veut-on avoir, par un souvenir personnel, une idée de la difficulté qu'ont ces messieurs à concevoir la biographie ? Nous exposions un jour nos idées à l'un d'eux, et non des moindres. « Il y a <( des vies d'écrivains intéressantes, reprit-il, mais « il en est qui ne le sont pas. Voyez celle de Bour-

(1). A la librairie Hachette.

« daloue, dont la vie est tout bonnement celle « d'un bon religieux. » — De loin, de très loin, peut-être de la région où l'on plane. Mais, vue de près, croit-on que la vie de Bourdaloue est la même chose que celle de son confrère, le P. La Chaise, ou celle du P. Porée identique à celle de dom Mabillon ? ou encore celle de M. de Meaux, un « bon évêque », pareille à celle de M. de Cambrai, qui fut, sans doute, un « bon évêque », lui aussi?

A côté de la méthode « chartiste », très fastidieuse, et de la méthode « intellectuelle », très cavalière, il y a sûrement place pour une autre qui a d'ailleurs donné, depuis quelques années, plusieurs œuvres de valeur. Il s agit de la biographie, à la fois érudite et vivante, dont voici à peu près la recette : rassembler consciencieusement tous les documents biographiques que l'on peut se procurer, dans les généalogies, registres d'état civil, minutes de notaire, archives publiques et privées, traditions orales, etc. ; dépouiller, à ce point de vue, les œuvres de l'auteur et tout ce qui a été écrit sur lui, en France et à l'étranger, sans négliger les contributions des sociétés provinciales, qui éclairent souvent d'une façon fort précise des points particuliers ; visiter soi-même les lieux où a vécu son héros, les pays et les demeures où il a séjourné, les paysages qu'il a eus sous les yeux, étant enfant, à l'âge où se forme pour toujours la toile de fond de l'imagination et de la mémoire, car il faut porter tout

spécialement la lumière sur la naissance et aussi, beaucoup plus qu'on ne le fait généralement, sur Venfance, l'homme adulte dépendant sans doute, pour une bonne part, de ses prédispositions héréditaires et aussi de ses premières impressions (1), — de tous ces matériaux rapportés de partout à pied d'œuvre, soigneusement triés d'avance et classés dans l'ordre chronologique, faire une construction d'ensemble, qui sera nécessairement harmonieuse si elle reproduit la vie. L'on sera frappé des périodes qui se marquent d'elles-mêmes dans l'existence que l'on étudie, et, se prêtant aux groupements naturels des faits, sans les violenter, on les présentera aisément en autant de a tableaux ») correspondants. Malgré la diligence de l'information, il manquera fatalement quelques pierres à l'édifice : celles-là, quand il sera possible, on les restituera, non point par des hypothèses fantaisistes à la Renan (2), mais selon le maximum de vraisemblance et en se défiant de son imagination, à peu près comme les architectes tentent des « restaurations », par leurs dessins, de monuments antiques qui ne nous sont point par-

(1) Nous avons à présent, pour ces sortes d'excursions, un guide précieux et infatigable en M. André Hallays, qui parcourt, depuis quelques années, toute la France littéraire et artistique £n flânant. Lire, sous ce titre, ses chroniques hebdomadaires du vendredi dans les Débats. Il en a déjà réuni un certain nombre en volume : A travers la France (Touraine, Velay, Normandie, Bourgogne, Provence). Perrin, 1903. Nous attendons les autres volumes.

(2) Voir l'étude que nous en avons faite dans la Quinzaine du 16 décembre 1902, Renan et les Etudes de littérature chrétienne, p. 433-455.

venus intacts. Il en résultera une œuvre assurée par ses fondations érudites, imposante par son aspect, mais plaisante à contempler, chaude à l'œil, colorée, vivante en un mot, qui sera non point certes la vie de l'écrivain elle-même, mais la perspective vraie et naturellement artistique de cette vie.

Si, tentées par une pareille œuvre, des plumes de bonne volonté cherchaient à quel sujet précis s'appliquer, il leur faudrait d'abord établir le bilan total de la littérature biographique méritant ce nom : pour les grands écrivains l'on serait vite au bout du compte. Nous n'avons pas de Vie de Corneille, pas de Vie de Racine, pas de Vie de Boileau. Pour Molière nous possédons au moins le livre de Gustave Larroumet : La Comédie de Molière, V auteur et le milieu. Depuis 1904, nous pouvons lire un vrai tableau de la vie de Pascal dans les 200 pages où M. Boutroux le fait revivre avec ses pensées et ses crises morales presque jour par jour. Nous avons cité Walckenaer pour M""^ de Sévigné et pour La Fontaine : pour ce dernier, il y faut joindre, dans le genre réduit, le pénétrant récit de M. Georges Lafenestre dans la collection des « Grands Ecrivains français » (1). Si nous ajoutons le gros volume de M. Etienne Allaire sur La Bruyère dans la maison de Condé,

(1) La série de volumes de 200 pages, à la librairie Hachette (ne pas confondre, par suite d'une fâcheuse ressemblance de titres, avec la collection des « Grands Ecrivains de la France », qui se compose d'éditions savantes et que nous avons signalée tout à l'heure).

nous serons, sauf erreur, bien près d'avoir cité tout le principal, pour le l?'' siècle (11.

Le 18®, au moins dans ses chefs, semble mieux partagé, puisque nous possédons les huit volumes de Desnoiresterres sur Voltaire et la Société française au dix-huitième siècle, qui en est à la seconde édition, sans compter l'ouvrage, plus serré, de Léon Crouslé, que nous avons cité plus haut, l'excellente Histoire des Travaux et des Idées de Buffon, par Flourens, les deux volumes de M. Baudouin sur la Vie de Jean- Jacques Rousseau, et M. Maurice Souriau, par sa pénétrante étude sur les manuscrits du Havre, vient de renouveler, de fond en comble, la biographie de Bernardin de Saint-Pierre (2). Point n'est surprenant que la galerie biographique des écrivains du 19" siècle reste presque toute à composer. Il était juste qu'un très heureux péristyle fût édifié tout d'abord par M. G. Michaut, qui vient d'appliquer en grand au critique lui-même sa propre méthode dans la thèse de doctorat, déjà indiquée : Sainte-Beuve avant les « Lundis ». Essai sur la formation de son esprit et de sa mé-

(1) Nous serait-il loisible de mentionner en note l'Histoire anecdotique et critique de la Vie et des Œuvres de Racan (couronnée par l'Académie française), par laquelle nous nous sommes essayé, après dix ans de recherches, à donner la pratique de la méthode, avant d'en esquisser ici la théorie ? Nouvelle édition un peu abrégée: Un Gentilhomme de lettres au dix-septième siècle.' hihvairie Armand Colin)

(2) Maurice Souriau, professeur de littérature française à l'Université de Caen : Bernardin de Saint-Pierre, d'après ses manuscrits. Paris, Société française d'imprimerie et de librairie, 1905.

thode critique. Enfin, si quelque incrédule doutait encore de l'utilité scientifique et morale des œuvres de ce genre et du crédit qu'elles peuvent, bien traitées, rencontrer auprès de nos contemporains, il n'a qu'à méditer sur le récent et éclatant succès de la belle Vie de Pasteur, en 700 pages, par M. René Vallery-Radot (1).

La lice est donc ouverte. Et l'on jugera peutêtre que, pour stimuler les coureurs, l'heure n'est point mal choisie que celle où sonne le centenaire de la naissance de Sainte-Beuve. Ces fêtes n'auront pas déjà été perdues si elles peuvent ramener les lectures du public instruit, celles des jeunes filles et des femmes du monde, ces grandes dévoreuses de livres, vers le bréviaire de délicatesse qu'est la collection des Lundis : là dorment des trésors de jouissances artistiques et instructives, qui ne demandent qu'à reprendre vie plus souvent, dans un tête-à-tête plein de charme. Non seulement on y apprend, non seulement on s'y délecte, mais l'on a encore, avec un guide aussi subtil, l'impression ou au moins l'illusion toujours douce de devenir soi-même plus intelligent, un peu ce qu éprouvaient nos pères lorsqu'ils frayaient avec les poésies d'Horace, cet autre maître de Sainte- Beuve : c'est que, dans la compagnie du critique, l'on sent inconsciemment sa propre faculté d'analyse poussée sans effort au maximum, — au

(1) 7« édition, librairie Hachette, 1901.

maximum de la pénétration, au minimum des parcelles d'objets pénétrés.

Ceci serait sans doute un grand bien. Mais c'en serait encore un, non moins appréciable, si beaucoup de jeunes gens, ou mieux déjeunes hommes, car ceux-ci auraient déjà récolté un peu de l'expérience de la vie, mettaient leur pioche d'or vacante à l'œuvre de la biographie littéraire pour en dégager le filon encore si près d'être neuf. Les jeunes gens, d'ailleurs, peuvent commencer leur tâche : ils ne la termineront vraisemblablement que jeunes hommes. Dans l'atelier intellectuel de la France, beaucoup de ceux qui ne réclament que du travail n'ont qu'à se diriger de ce côté : ils trouveront, à leur choix, bien des écrivains qui attendent leur biographie ; ils rencontreront là une belle besogne humaine et sérieuse, qui les prendra tout entiers, car elle exigera d'eux, en même temps, toute leur érudition critique de savants et toute leur observation aiguë de moralistes, et ils auront conscience, eux, les romanciers vrais, de faire une œuvre tout aussi utile que leurs frères de la fiction. Sainte-Beuve présidera de loin à ce vivant et puissant labeur, encore que, dégoûté par les exemples de Victor Hugo et de Lamennais, il ait fermement honni la race des disciples (1) : mais les siens seront des disciples posthumes, et puis fort indépendants, on le voit, puisqu'ils aspireront à continuer et aussi à compléter le maître. Non

(1) Lundis, t. XI, pensées xxvi et xxvii, portrait de Phanor.

pas, sur ce point vaincus d'avance, qu'ils espèrent lutter de délicatesse avec lui ; mais cette délicatesse, faute de fermes croyances morales, a trop souvent quelque chose de las, d'incomplet, de trop court et comme d'étriqué (1). Aussi les débutants de la biographie, en tournant les yeux vers les Champs-Elysées de la gloire, ne doivent compter que sur un sourire assez sceptique venant du vert boqueteau où aimablement règne, séparé pour sa peine des génies qui le boudent un peu et condamné à la société des talents de mi-côte, — ce prince de la finesse française, à qui il n'a manqué qu'une grande âme.

N, B, — Comme il semble désirable que les chaires similaires des universités de province aient, autant que possible, leur spécialité, chacune, nous pouvons affirmer que les débutants de la biographie rencontreront, pour peu qu'ils le cherchent, l'appui le plus sympathique et le plus fraternel dans la chaire de littérature française de l'Université de Poitiers.

13 janvier 1905.

(1) On le voit assez dans les conversations de la fin de sa vie, sténographiées, au jour le jour, par les frères Goncourt, qui d'ailleurs ne l'aiment pas : consulter notamment, grâce à la table alphabétique, le 2'^ volume du Journal des Goncourt ^1862- 1865), Eug. Fasquelle, 10^ mille, 1904.

PREMIERE SERIE. - 17e SIECLE

MALHERBiE ET SON ŒUVRE (1)

La poésie française a subi, en somme, dans le cours de son histoire, trois influences prépondérantes, qui en marquent les trois « tournants » : Ronsard en 1550, Malherbe en 1610, Victor Hugo en 1830. Le premier et le dernier furent de grands

(1) Nous tentons cette synthèse sur Malherbe en tenant compte, bien entendu, des nombreuses contributions qui ont été données sur le poète depuis vingt ans et dont voici les principales : 1888, E- Roy : Annales de la Faculté des Lettres de Bordeaux, publication de la première pièce de Malherbe, jusque-là inédite ; -■ 1890, A. Gasté : La Jeunesse de Malherbe, brochure ; — 1891, G . Allais: Malherbe et la Poésie française à la fin du XVI^ siècle ; F. Brunot : La Doctrine de Malherbe d'après son commentaire sur Desportes, thèses ; — 1893, L. Arnould : Anecdotes inédites sur Malherbcy

poètes en même temps que de grandes influences : l'on n'en peut pas dire autant de Malherbe, dont l'action décisive fut servie par sa volonté et par les circonstances plus que par son génie.

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