‹ Quelques poètesChapitre 33 sur 36 · LE COMMENTAIRE SUR DIOSCORIDE · texte numérisé non relu

LE COMMENTAIRE SUR DIOSCORIDE

A vrai dire. Contant avait commencé de bonne heure à pincer de la lyre. A 16 ans le jeune apothicaire était poète, ou du moins il faisait des vers. Et il répond quelque part à l'un de ses ennemis :

Trouve un homme à seize ans qui range mieuxunc Ode.

N'as-tu pas aussi vu mes Poèmes amoureux,

mes hymnes, mes sonnets que poussèrent les feux

de mon âge premier, alors qu'en ma jeunesse

folâtre je servais une belle maîtresse ?

Car je n'avais encore atteint seize ans entiers

que je voyais mes vers courir dedans Poitiers...

L'ode en question, composée en 1578, par Paul Contant, dans toute sa ferveur mythologique et son juvénile enthousiasme pour Ronsard, est VOde de la Pharmatie, qu'il a pris soin plus tard de recueillir

dans ses Œuvres complètes : elle est remarquablement faible. Le jeune homme la vit publier aussitôt, en même temps qu'un grave ouvrage de son père et un poème grec de son frère, « chirurgien de marine » qui mourut dans un voyage aux îndes : on juge si les lettres et l'érudition florissaient dans cette famille.

A 20 ans, à son retour de Rome, il fit voir, dit-il,

un discours que les noires journées des guerres ont esteint, où en trois mille vers il décrivit un mont de « simples », tous divers, qu'il nommait de droit Mont de Pharmacie, montagne du plus beau de Tunivers fournie.

Peut-être n'est-il point trop fâcheux que ce long poème se soit perdu au milieu des guerres civiles, que Contant paraît vouloir désigner, surtout si ces 3.000 vers ressemblaient à ceux qui servent à les annoncer.

En tous cas, nous le voyons, dès sa jeunesse, hanté par l'idée de chanter les simples, c'est-à-dire les plantes qui servent à guérir les hommes. Il ne fera pas autre chose toute sa vie .

De bonne heure il se met à compléter et à assaisonner de traductions en vers les notes en prose que son père lui a laissées sur les simples ; il continue chaque jour à grossir ce manuscrit de famille, qu'il finit par publier sous un titre peu concis, encadré par un joli frontispice :

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