PARTIE CHIRURGICALE
1° Épistaxis.
L’épistaxis est l’hémorrhagie qui se produit par un ou plusieurs points de la muqueuse des fosses nasales. Elle est sans contredit la plus fréquente des hémorrhagies; elle peut être grave au point de devenir mortelle. Elle est par conséquent digne à tous égards de nous occuper ici.
L’écoulement de sang se fait ordinairement par une des narines, et il est ainsi facile de juger de son plus ou moins d’intensité. Quelquefois cette épistaxis est un salutaire effort de la nature, dont le résultat est de débarrasser les individus sanguins et pléthoriques d’une certaine quantité de sang qui, chez eux, est en excès. Il faut donc, dans ce dernier cas, la respecter, à moins quelle n’atteigne des proportions par trop considérables. Chez ces personnes à tempérament sanguin, tant que l’épistaxis n’a pas dépassé la valeur de 3 à 400 grammes, il n’y a pas lieu d’agir; quant aux individus faibles et débilités, aux enfants mous et lymphatiques, il faut de suite chercher à mettre un terme à cette hémorrhagie. Si l’individu, quel qu’il soit, a perdu beaucoup de sang, il survient un état de faiblesse extrême, la face devient pâle, les extrémités glacées, le corps est inondé, d’une sueur froide, des syncopes même peuvent se manifester. Disons, une fois pour toutes, que ces symptômes sont communs à toutes les hémorrhagies abondantes. Le malade étant alors sans force et restent couché sur le dos, il peut se faire que le sang s’écoule par le pharynx jusque dans l’estomac et que l’on vienne à croire à la
cessation de l’hémorrhagie ou à son absence, il suffit alors de pencher la tête sur le côté et l’hémorrhagie reparaît par la narine. Est-il besoin de dire qu’en présence d’une situation aussi grave il faudrait immédiatement agir et pratiquer de suite le tamponnement que je vais décrire dans un instant.
Dans les cas ordinaires, cas où l’on aura été témoin du début de l’hémorrhagie, je conseille d’agir de la manière suivante :
t° Débarrasser le malade de tous les vêtements qui peuvent gêner la circulation, surtout celle du cou, et leur éviter tout effort;
2° Entretenir un courant d’air frais dans l’appartement;
3° Faire aspirer par le nez, à plusieurs reprises, un mélange d’une partie de vinaigre pour quatre d’eau commune;
4° Faire sur le front des applications brusques et intermittentes d’eau froide, de manière à surprendre le malade;
5° Maintenir au-dessus de la tête les bras ou simplement le bras du côté où se fait l’hémorrhagie. Ce moyen empirique a été vanté par M. Négrier (d’Angers), qui dit en avoir tiré de très-heureux résultats.
Tous ces moyens doivent être combinés. S’ils ne réussissent pas, si le médecin n’est pas encore arrivé et si l’hémorrhagie devient de plus en plus inquiétante, il ne faut pas hésiter à pratiquer le tamponnement. II existe plusieurs méthodes de tamponnement, nous ne décrirons que la plus simple, qui du reste est très-efficace; elle a été donnée par Pelletan dans sa Clinique chirurgicale, t. Il, p. 276.
6° 11 faut rouler de la charpie en forme de bourdonnet solide d’un volume proportionné à l'embouchure de la narine et attacher d’un fil assez long. Ce bourdonnet, placé à l’extrémité d’un portemèche (1), sera porté horizontalement le long du plancher inférieur du nez jusqu’à la partie la plus postérieure. Arrivé là on l’y laisse et
(1) Si l’oa n’a pas en sa possession ce petit-instrument, on pourra se servir d’une petite baguette, portant encoche à l’une de ses extrémités.
l’on retire le porte-mèche. On introduit successivement plusieurs bourdonnets dans la même direction jusqu’à ce qu’on ait rempli la cavité nasale. On relire ensuite à soi le fil qui a hé le premier bourdonnet en appuyant sur la dernière charpie, de façon à tasser le tout. Ce tamponnement, s’il est fait avec intelligence, arrêtera l’hémorrhagie. 11 n’y a du reste rien autre chose à faire jusqu’à l’arrivée du médecin, qui jugera de la conduite à tenir.
- 2" Hémoptysie et hématémèse.
Dans l’hémoptysie abondante et dans l’hémalémèse, le sang est rejeté par la bouche en plus ou moins grande quantité ; rutilant et aéré dans l’hémoptysie, où il provient du poumon, le sang est noir et ordinairement mêlé aux aliments dans l’hématémèse, où il provient de l’estomac. Dans l’un et dans l’autre cas , si l’hémorrhagie parait inquiétante, il faut placer le malade dans un air frais, lui recommander un silence absolu et le repos le plus complet, lui faire ingérer des boissons froides, et appliquer sur la poitrine dans l’hémoptysie, sur la région de l’estomac dans l’hématémèse, des compresses d’eau froide fréquemment renouvelées.
3° Métrorrhagie.
On nomme métrorrhagie tout écoulement de sang provenant de l’utérus et survenant en dehors des époques menstruelles. L exagération du flux périodique prend plus particulièrement le nom de ménorrhagie. Cet accident est fréquent, souvent grave, quelquefois presque foudroyant (1). C’est pendant la grossesse, pendant ou après l’accouchement ou l’avortement, et chez les femmes appro-
(i) j' a i déjà cité deux exemples de mort observés par Requin et Yalleix, faute de secours suffisants pour arrêter l’hémorrhagie.
chant de l’âge critique, que la métrorrhagie s’observe de préférence. Quant à la ménorrhagie pure et simple, elle est souvent due aux abus vénériens (Parent-Duchâtelet), aux exercices trop violents, aux émotions vives, etc. Ces causes sont surtout puissantes lorsqu’elles agissent durant la période menstruelle. Les femmes ne sauraient donc trop s’observer à cette époque; c’est là un point important de leur hygiène. Ajoutons que Lisfranc considérait la ménorrhagie comme une des causes de la stérilité.
Je ne m’occuperai pas de la métrorrhagie pendant ou après l’accouchement, car le médecin , dans ces cas, se trouvera auprès de la malade, ou bien aura donné ses instructions. Quant à l’hémorrhagie survenue en dehors de la grossesse ou de l’accouchement, elle ne tend pas en général à prendre une inquiétante intensité ; on se bornera donc à placer la femme dans un repos absolu et dans la position horizontale, le bassin un peu élevé ; on pourra, d’autre part, administrer des boissons fraîches et placer des compresses froides sur le bas-ventre. Mais si l’hémorrhagie augmente, loin de s’affaiblir, si surtout on voit survenir la pâleur du visage, les sueurs froides, etc., en un mot, tous les symptômes de la syncope, il ne faudra pas hésiter à pratiquer le tamponnement. Ce dernier consiste à introduire dans le vagin, aussi profondément que possible, des bourdonnets de charpie retenus par un fil, jusqu’à ce que ce canal en soit complètement rempli. On se rendra ainsi facilement maître d’une hémorrhagie qui, dans quelques cas, eût pu devenir mortelle.
4° Hémorrhagies traumatiques.
Je ne crois pas pouvoir mieux faire que de donner ici 1 article que M. Mayor a publié dans sa Chirurgie populaire sous le titre de Moyens hémostatiques ou propres à arrêter l’écoulement du sang.
Je cite textuellement :
« Lors d’un accident quelconque, où la perte de sang peut mettre
plus ou nioius promptement les jours du blessé en danger, on réussit toujours à suspendre l’hémorrhagie en appliquant un ou plusieurs doigts sur l’endroit même d’où jaillit le sang. C’est de cette manière qu’on arrête très-bien l’écoulement d’un liquide lorsqu .1 s’est fait un trou au vase qui le contient. Les doigts sont, en effet, les meilleurs bouchons bu tampons pour le premier moment et en attendant qu’on puisse se procurer d’autres secours. Ces secours sont toutes les substances molles et qui sont faciles à arrondir ou à mouler en forme de bouchons, afin d’être mises au lieu et place des doigts.
« On les applique directement sur le vaisseau ouvert, ou du moins sur l’endroit d’où jaillit le sang, par parcelles ou petites boulettes, afin de mieux boucher la plaie. Ainsi on pourra employer 1 épongé, le coton, la charpie, l’amadou, la toile d’araignée, du papier mâche ou mouillé, des étoupes, du vieux linge , de la laine, et meme, au besoin, de la mousse, mais l’éponge est préférable pour ce premier moment, parce quelle s’insinue plus facilement dans le fond et les interstices de la plaie, et qu’elle s’y accroche et s y fixe mieux, grâce aux petites dentelures ou aspérités dont elle est composée. Pour que ce remplissage soit efficace, il faut commencer par enlever tous les caillots, s’il y en a, et laver la plaie avec beaucoup d eau fraîche, afin qu’on voie aussi bien que possible l’endroit principal qui donne issue au sang, et que le tampon soit immed.atement p ae sur l’ouverture même du vaisseau, et non pas sur un caillot. Cette seule précaution de lavage suffit, assez souvent, pour faire cesser
l’écoulement. , . .
« On fait contenir ensuite avec la main les substances qu on a ainsi entassées dans et sur la plaie, ou bien on les assujettit convenablement. Un bout de bande, une jarretière, ou un linge place comme une cravate, pourront servir à cette effet. La cravate est cependant ce qu’il y a de mieux; car elle peut être serrée exactement comme une bande ; elle est bien plus facile à appliquer, et on peut en nouer les deux bouts, au lieu de recourir à une épingle.
«Si ces moyens n’arrêtent pas le sang, il faudra les enlever et se contenter de la seule application du doigt, jusqu’à l’arrivée du chirurgien. Le blessé pourra lui-même faire cette application. Les doigts tenus à la même place, pendant plusieurs heures, peuvent suffire pour arrêter les plus fortes hémorrhagies, en attendant du secours; mais, comme cette pression serait trop pénible, si elle était faite par une seule personne, il pourra y en avoir deux ou trois qui s’accorderont en s’alternant.
«Si cependanton voulait mieux encore se garantir de l’hémorrhagie, on pourrait essayer, si la plaie était à l’un des membres, d’y appliquer un tourniquet. Cela veut dire qu’on pourrait serrer le haut de la cuisse ou du bras avec un mouchoir plié comme une cravate ou avec un bout de bande, ou tel autre moyen convenable. Mais il faudra appliquer, sous le lien quelconque qu’on emploiera, et en dedans des membres, un mouchoir ou un chiffon placé en plusieurs doubles.
« Ce moyen ou cette compresse, quand elle est assez épaisse et serrée, aplatit, en le comprimant, le principal vaisseau qui se trouve vers ces parties, et que l’on y peut facilement sentir battre. On a de ces tourniquets en bois et en métal, mais ce qu’on vient d’indiquer suffit le plus souvent. Le meilleur, le plus simple et le plus expéditif, consiste dans une cravate, au milieu de laquelle on fait deux ou trois nœuds bien serrés. On applique ces nœuds comme une. pelote sur le vaisseau qu’on veut écraser, et on les fixe solidement, en faisant passer par-dessus les deux bouts de la cravate, qu’on serre convenablement et qu’on attache bien.
« Ou peut comprimer, très-bien aussi et de cette même manière, le principal vaisseau, avec les doigts seuls, en les appuyant sur l’endroit même où l’on sent qu’il bat et qu’il s’agite.
« Le meilleur moyen d’arrêter le sang est assurément de lier ou de tordre le vaisseau même qui fournit le sang, et à l’endroit où il est ouvert; c’est ce que font ordinairement les chirurgiens, et ce quil n’est pas très-difficile d’apprendre bien vite. Mais si l’on a bien com-
pris ce qui vient d’être dit, et si l’on s’est exercé quelquefois à appliquer les moyens tels que je les ai indiqués, on réussira très-bien à suspendre la perte sanguine, jusqu’à ce qu’on ait pu recourir à un chirurgien instruit, qu’il ne faudra pas manquer d appeier aussitôt.
«Si, après une saignée du bras, le sang se remet de nouveau à couler, cela provient de ce que la compresse ou la bande se sont dérangées, ou de ce que cette dernière serre mal; à propos au-dessus de la piqûre. Dans tous les cas, il faut s’empresser de défaire la bande, de laver la plaie, et de rétablir mieux la compresse et là bande, en recommandant à la personne de ne pas trop vite se servir de son bras, et surtout de le maintenir à demi fléchi. La forte flexion seule suffit souvent pour arrêter tout écoulement.
« Les piqûres de sangsues, surtout chez les enfants et les individus très-faibles, peuvent donner lieu également à une perle de sang dangereuse et difficile à arrêter. Si l’on avait employé inutilement quelques uns des moyens,que nous venons d’indiquer, on pourrait recourir aux suivants : pincer la peau un moment vers l’endroit d’où le sang s’écoule; boucher cet endroit avec du charbon pilé, avec de l’alun en poudre, ou avec de l’éponge, du colon ou de la charpie seuls ou trempés dans une liqueur spiritueuse.
« On arrête le sang après l’extraction d’une dent en enfonçant, sur l’endroit qu occupaient les racines, de l’éponge ou du coton, et en les pressant avec force en mordant dessus.
«Il est essentiel, quand le sang est arrêté, que le blessé soit bien tranquille, afin que ce qu’on vient d’appliquer ne se dérange pas. On ne le perdra pas de vue, et on sera toujours prêt a venir à son secours, si le sang recommençait à couler. »
Ces excellents avis paraîtront peut-être un peu minutieux, mais il ne faut pas oublier que dans les hémorrhagies graves, l’émotion produite par le danger que court le malade fait quelquefois perdre de vue les choses les plus simples dont il est bon, pour ce motif, d’être prévenu d’avance.
1861. — Maugenest.
5° Varices.
On se rappelle l’exemple de mort que nous avons déjà cité, mort qui fut déterminée par la rupture d’une varice de la jambe. Si une pareille hémorrhagie se présente, on s’empressera d’enlever tout lien situé au-dessus de la varice, la jarretière par exemple, et l’on se conduira du reste comme pour toute autre hémorrhagie. On se rendra assez facilement maître de cet accident.
6° Fractures.
Les fractures, solutions de continuité des os, sont loin d’être rares et souvent, î! faut bien le dire, elles sont, aggravées par la manière inintelligente dont les blessés sont transportés du lieu de l’accident à leur domicile. Il est donc de première importance d’insister sur la façon d’administrer les premiers soins. Il est en général facile de reconnaître la nature de la lésion. La déformation et la mobilité anormale du membre suffisent ordinairement.
On peut ordinairement, disent les auteurs du Compendium de chirurgie, constater la fracture à travers les vêtements, sinon on les découdra ou on les coupera sur place avec des ciseaux ; alors, après avoir reconnu l’état des parties* on leur rendra, autant que possible, leur conformation naturelle, puis, maintenant, avec les mains placées l’une au-dessous, l’autre au-dessus de la solution de continuité, les os en rapport, ou, si le membre est trop gros, së faisant aider par une personne intelligente qui fixera la partie supérieure, on fera relever et porter le blessé sur le lit ou sur le brancard de la manière suivante, qui est la plus commode pour le blessé, et celle qu no pourra plus tard employer pour transporter le malade d’un lit dans un autre. Le blessé passant les bras autour du cou d’un homme vigoureux, celui-ci le saisira à bras le corps, tandis que deux autres personnes maintiendront l’une le bassin , l’autre le membre sam ,
et que l’opérateur, dirigeant les mouvements simultanés des aides, ; Se chargera lui-même du membre malade. Le blessé étant ainsi soulevé, le brancard sera élevé, glissé au-dessous de lui, de manière qu’il soit facile de l’y poser. Si le lit est à peu de distance du lieu de l’accident, ou s’il s’agit d’y déposer le blessé après l’avoir amené sur un brancard, on le déshabillera, en coupant les chaussures et. les vêtements, qu’on ne pourrait enlever sans imprimer des secousses et des mouvements à la fracture, puis, enlevant le malade du lieu de sa chute dans le premier cas, et dans le second, de dessus le brancard, qu’on fera élever jusqu’à la hauteur des aides, on le transportera vers le lit où d’autres aides places du côté oppose recevront le membre sain et le siège, de manière que celui-ci repose au milieu du lit. Il ne s’agira plus alors que du traitement proprement dit.
Je crois utile de dire quelques mots sur la manière de construire extemporanément un brancard, lorsqu’on n’en a pas à sa disposition.
Voici ce que M; Mayor dit à cet égard :
«Lorsque nous ne pouvons nous procurer un brancard garni d un matelas ou d’une paillasse et d’une couverture, nous tâchons au moins de les imiter de notre mieux avec ce qui sera à notre portée. Ainsi un lit de sangles ou de repos, une ou deux échelles en planches, deux perches ou deux branches assez longues et assez solides, qu on réunira et liera à distance, avec des cordes ou même des mouchoirs ou des linges cordés, pouvant remplacer le précieux brancard. De la paille, du foin, de l’herbe, des feuilles, etc. , viendront de meme prendre la place de la paillasse, et seront arrangées de manière^ permettre au malheureux d’y reposer tout le temps nécessaire et aussi bien qu’il sera possible. Voici d’ailleurs quelques autres indications, pour construire sur-le-champ un brancard assez commode : tâchez de vous procurer deux planches étroites , deux montants, ou deux perches ou branches, de 5 à 6 pieds de longueur (deux fusils peuvent servir également), et deux traverses de meme nature, longues de 2 ou 3 pieds seulement. On réunira ces quatre
pièces de bois par leurs extrémités, de manière à avoir une espèce de cadre solide.
«Celte réunion aura lieu avec des clous ou des chevilles,ou simplement avec quatre bouts de cordes, ou quatre mouchoirs tordus en forme de corde. Pour cet effet, on construira d’abord, avec ces mouchoirs, tout autant de cravates ; puis on tordera celles-ci : on aura de cette manière une véritable corde d’autant plus facile à nouer, qu’elle sera terminée par deux bouts étroits , comme seraient des cordes ordinaires. Il restera ensuite à garnir convenablement l’intérieur de .ce cadre ; c’est à-dire le milieu des quatre pièces de bois qu’on vient* de lier ensemble.
«Dans ce but , on aura recours à quelques cordes, à des bandes ou à des pièces de linge solides qu’on attachera au cadre, de manière que le malade puisse en être supporté ; de la paille cordée ou tressée pourra encore servir à former cette espèce de fond de cadre dont nous avons besoin. On le garnira ensuite , comme nous venons de le dire à l’occasion du brancard.
«Voici une autre manière qu’on peut aussi recommander : on aura deux perches ou deux branches qu’on fixera à un drap de lit, à une nappe ou à de la toile, de telle sorte que ces objets forment le fond d’un cadre ou d’un lit dont les perches représenteront les bords.
« Il est plus d’une manière d’assujettir ces pièces de linge sans les clouer au bois. On peut par exemple les doubler et coudre par le milieu , afin d’avoir la facilité d’introduire entre deux les perches de chaque côté. On peut également rouler ces perches de chaque côté du drap ou de la nappe, et assujettir ces pièces de linge à la distance ou suivant la largeur qu’on voudra donner à cette espèce de brancard. Celte distance serait ensuite maintenue, s’il le fallait, au moyen de deux traverses ou de deux petites pièces de bois placées et assujetties entre les deux perches latérales.
«One! que soit le moyen de transport adopté, on n’v mettra le blessé que lorsqu’on aura la certitude qu’il n’y sera pas trop mal
pendant le temps plus ou moins long qu’il devra y rester,fet que le moyen qu’on aura choisi ne viendra pas à manquer ou à se casser sous le poids du malade. »
Ajoutons que le membre fracturé devra être aussi immobile que possible. A cet effet, on le placera sur un coussin , un oreiller, un sac de balle d’avoine, etc.; on ferait mieux encore en le serrant entre deux coussins reliés par des liens quelconques.
il importe d.’être bien pénétré de l’importance de toutes ces précautions ; les négliger, serait s’exposer a rendre une fracture simple et bénigne, compliquée et grave.
7° Plaies des articulations.
Les plaies pénétrantes désarticulations sont en général sérieuses, surtout s’il s’agit de grandes articulations ; leur gravité dépend en grande partie de l’entrée, et surtout de la circulation de l’air dans la cavité articulaire. Aussitôt donc que l’on a reconnu une plaie de ce genre, ce qui est facile par l’inspection du siège de la blessure et de l’aspect lisse et onctueux des surfaces mises à nu , il faut s empresser de rapprocher les bords de la plaie et de les maintenir réunis afin d’éviter les résultats funestes de la communication entre l’atmosphère et l’articulation. En maintenant la réunion , soit avec les doigts, soit par tout autre moyen, on aura rendu au blessé un immense service et quelquefois, peut-être on lui aura conservé l’existence.
8° Plaies par instruments contondants, par armés a feu, par