‹ Quelques points de technique de la diathermo-coagulation du pôle supérieur de l'amygdale palatineChapitre 22 sur 26 · ENS · texte numérisé non relu

ENS

B... Antoinette, 37 ans, vient consulter le 11 juin 1929. Elle

présente une amygdalite cryptique et caséeuse à gauche, déterminant une gêne constante et provoquant trois à quatre angines par hiver.

L’amygdale gauche présente une partie supérieure conglobée, peu adhérente, cachée par le pilier antérieur et l’ogive, percée de quelques orifices où affleure ie caséum. En dessous de ces orifices, lPamygdale arrondie prend du volume et déborde nettement le bord interne du pilier antérieur, un peu au-dessus de l’union de son tiers supérieur et de son tiers moyen, simulant, si on n’écarte pas le pilier, le pôle supérieur de l’organe.

Anesthésie par badigeonnage (Butelline à 5 9).

Ecartement facile en avant, en haut et en dehors de la partie haute du pilier avec l’abaisse-langue électrode de Weill; mise en évidence de la partie cachée du pôle supérieur. Les deux pointes de l’électrode y sont enfoncées au ras du pli triangulaire. Une légère traction sur l’électrode l’éloigne de son bord libre et fait paraître le sommet arrondi du

pôle qu’elle abaisse. On ferme le circuit.

Après apparition d’une tache de coagulation de quelques millimètres, on fait d’une façon analogue deux autres applications l’une en avant, l’autre en arrière de la première. En abaïissant toujours le pôle supérieur à l’aide de l’électrode qui le repousse d’un léger mouvement de levier, en avant pour l'application postérieure, et en arrière pour l’application antérieure, la direction de l’électrode restant toujours, pendant la coagulation, quasi normale au fond de la loge.

Le pilier antérieur étant ensuite attiré en avant avec l’instrument de Weill, l’électrode à deux pointes, restant parallèle à la face postérieure du pilier, transfixe la partie supérieure du tissu lymphoïde qui adhère sur quelques millimètres au pilier antérieur en avant des cryptes. On coagule rapidement en prenant garde de ne pas laisser la tache porcelainée empiéter sur le pilier.

Les parties cachées de l’amygdale étant coagulées, deux applications sont faites sur la partie saillante et naturellement visible du pôle supérieur pour élargir et régulariser l’escarre en bas et en dedans.

St

ER

Revue trois semaines après, la réaction post-diathermique a duré deux jours ne nécessitant pas d’analgésique et laissant la malade vaquer à ses occupations habituelles, Toute la sensation gênante de l’oropharynx a disparu.

En écartant le pilier antérieur avec un porte-coton coudé à angle très obtus près de son extrémité, on voit le fond de la perte de substance; les muqueuses du voile et du pharynx sont lisses avec quelques minimes amas lymiphoïdes. L’amygdale est limitée en haut par une pente lisse assez régulière, inclinée en bas et en dedans passant à quelques millimètres en dessous du bord libre du repli triangulaire. Ce qui reste

d’amygdale semble sain.

D... Rosalie, 49 ans.

Abcès amygdaliens fréquents, trois à’ quatre par an, droits et gauches, avec prédominance à droite; quelques angines.

La partie supérieure de l’amygdale gauche se présente comme un gros amas de tissu lymphoïde fibreux, adhérent de partout aux pârois de la loge, fourré de cryptes caséeuses, s’enfonçant dans le voile sur une hauteur d’un demi-centimètre environ. On ne peut cathétériser de fossette sus-amygdalienne ou de recessus palatin.

Une première séance de diathermo-coagulation est exécutée à l’électrode à deux pointes, avec écartement du pilier. antérieur à l’instrument de Weill, aidé de la contraction du voile par phonation. Anesthésie par badigeonnage (Butelline 5 %).

Quinze jours après, on constate l’évidement du pôle supérieur. La réaction douloureuse à duré cinq jours avec maximum de la sensation de gène douloureuse au troisième jour.

On coagule alors le pôle supérieur droit, entièrement caché par le pilier antérieur et un fort pli triangulaire: il est conglobé, adhérent en bas et en avant au pilier antérieur et plus bas en arrière au pilier postérieur, L’onglet de l’abaisselangue de Weill déprimant l’ogive en haut en en avant, la malade, étant priée d'émettre le son EU d’une façon continue, contracte très bien son voile. Le pôle supérieur se présente ainsi en son entier, On le coagule par quatre applications dont l’une ouvre une très grosse crypte remplie de ca-

séum, au contact de la face postérieure du pilier antérieur. Une cinquième application ouvre un lobule adhérent au toit de la loge, sur la face externe du pli triangulaire et nettement séparé du pôle supérieur conglobé, Complètement invisible à l’état de repos, ce lobule est mis en évidence, la malade défléchissant la tête et continuant la phonation, par la traction en haut, en avant et un peu en dedans du pli triangulaire par l’onglet de l’instrument de Weill, introduit dans dans la fossette sus-amygdalienne, Une goutte de sang perle de la profondeur au début de cette dernière application. Une minute après, l’escarre est exsangue.

Cette séance est suivie d’une gêne douloureuse qui s’atténue vers le deuxième jour.

En une troisième séance, quinze jours après, on retouche la cavité du pôle supérieur gauche. L’instrument de Weill se trouve insuffisant à bien découvrir les lobules adhérents à la face postérieure du pilier antérieur. La malade est priée d’abaisser elle-même sa langue et la révision de la cavité du pôle supérieur est faite en écartant Je pilier antéfieur à l’aide d’un porte-coton légèrement imbibé de butelline, les lobules signalés sont alors coagulés sous le contrôle de la vue. Quelques retouches très légères sont faites à droite de la même facon,

Revue un mois après, la malade n’a présenté aucun trouble amygdalien. On constate des deux côtés, au-dessus du corps de l’amygdale paraissant sain, une perte de substance de plus de un demi-centimètre de hauteur, le tissu lymphoïde ne s’y montre que par place tapissant le fond de la loge,

On décide de ne continuer le traitement qu’en cas de ré-

cidive.

Sir d2IdIlS.

Quatre abcès de l’amygdale gauche, dont trois en 1928. La malade a présenté un œdème blanc de la jambe gauche avec asthénie, céphalée, albuminurie, pendant vingt jours, en août 1929, à la suite d’une angine aiguë.

Le pôle supérieur gauche, hypertrophié, présente laspect conglobé classique, débordant en partie le pilier antérieur à la face postérieure duquel il adhère, Dans sa partie la plus

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