‹ Quelques progrès dans l'étude du cŒur humainChapitre 9 sur 27 · TRES · texte numérisé non relu

TRES

comme si repartait une personne — celle probablement que Swann ne devait pas rencontrer — à qui on avait dit qu'Odette était sortie. Alors en songeant que rien qu'en venant à une heure où 1l n’en avait pas l’habitude, 1l s'était trouvé déranger tant de choses qu’elle ne voulait pas qu’il sût, 1l éprouva un sentiment de découragement, presque de détresse. Mais comme 1l aimait Odette, comme il avait l'habitude de tourner vers elle toutes ses pensées, la pitié qu'il eût pu s'inspirer à lui-même ce fut pour elle qu'il la ressentit, et il murmura : « Pauvre Chérie! ».

On sent bien ici le travail instinctif d’induction auquel l'esprit de Proust, qui anime Swann à cet instant, se livre. Rapprochement par association d’impressions reçues à des moments divers du temps, analyse de leurs éléments communs, bond subit de la pensée qui franchit l’obstacle dressé par la censure du sujet et trouve ce qu'il y a derrière, ce qui se cache dans sa pensée, ce qui produit tous ces symptômes si mal en place, si peu congruents avec la situation affichée et reconnue.

Plus loin Swann procède de la même façon, suivant la même méthode que Proust compare lui-même à la méthode historique et à Îa critique des textes, pour découvrir — bien tardivement, il est vrai —les goûts pervers d’Odette.

Maïs à ce moment, par une de ces inspirations de jaloux, analogue à celle qui apporte au poète ou au savant, qui n’a encore qu'une rime ou qu’une observation, l’idée ou la loi qui leur donnera toute leur puissance, Swann se rappela pour la première fois une phrase qu'Odette lui avait dite il y avait déja deux ans : « Oh! ME Verdurin, en ce moment, il n’y en a que pour mot, je suis un amour, elle m'embrasse, elle veut que je fasse des courses avec elle, elle veut que je la tutoie. » Loin de voir alors dans cette phrase un rapport quelconque avec les absurdes propos destinés à simuler le vice que lui avait racontés Odette, il l'avait accueillie comme la preuve d’une chaleureuse amitié. Maintenant voila que le souvenir de cette tendresse de M€ Verdurin était venu brusquement rejoindre le souvenir de sa conversation de mauvais goût. Il ne pouvait plus les séparer dans son esprit, et les vit mélées aussi dans la réalité, la tendresse donnant quelque chose de sérieux et d’important à ces plaisanteries qui en retour lui faisaient perdre de son innocences.

(1) Du côté de chez Swann, p. 256. (2) Ibid., p. 328.

— 62 ms Et quand il s'est décidé à formuler son soupçon :

Elle secoua la tête en fronçant la bouche, signe fréquemment employé par les gens pour répondre qu'ils n'iront pas, que cela les ennuie à quelqu'un qui leur a demandé : « Viendrez-vous voir passer la calvacade, assisterezvous à la Revue ? » Mais ce hochement de tête affecté ainsi d'habitude à un événement a venir, mêle à cause de cela de quelque incertitude la dénégation d’un événement passé! De plus 1l n’évoque que des raisons de convenance personnelle plutôt que la réprobation, qu’une impossibihté morale. En voyant Odette lui faire ainsi le signe qué c'était faux, Swann comprit que c'était peut-être vrai. Le

Vous m'’objecterez que cet esprit d’inquisition n’est engendré chez Swann que par la jalousie et qu’il disparaît avec elle. Oui, mais chez Proust, il ne disparaît jamais, et malgré le renforcement qu'il peut. recevoir de ses affections, il reste essentiellement un besoin de l’intelligence, la forme même de son intelligence. Ne prend-il pas lui-même le soin, dans un des passages que je viens de vous lire, de marquer la parenté de la jalousie avec le génie poétique ou scientifique : À ce moment par une de ces inspirations de jaloux, analogue à celle qui apporte au poëte ou au savant, qui n'a encore qu'une rime ou qu'une OPA IE l’idée ou la loi qui leur donnera toute leur puissance, etc.

Et plus tôt déjà, quand Swann se croit sur le point de ende Odette et Forcheville ensemble : Et peut-être, observe Proust, ce qu'il ressentait en ce moment de presque agréable, c'était autre chose aussi que

l’apaisement d’un doute et d’une douleur : un plaisir de l'intelligence.

D'autre part, la pénétration de Proust n’est si forte, si irrésistible, que parce qu’elle est constamment sous-tendue et conditionnée comme nous l’avons observé déjà l’autre jour, par des affections. Vous vous rappelez la phrase que je citais tout à l’heure : Le chagrin pénètre en nous et nous force par la curiosité douloureuse à pénétrer®. X] faut y joindre celle-ci qui la précède immédiatement : Ces contes mensongers… nous font souffrir dans une personne que nous aimons, et à cause de cela nous permettent d'entrer un peu plus avant dans la connaissance de la nature humaine au lieu de nous contenter de nous jouer a sa surface.

(1) Du côté de chez Swann, p. 329.

(1) La Prisonnière, 1° volume, p. 199.

Le

En encore ceci :

On n'arrive pas à être heureux, mais on fait des remarques sur les raisons qui empéchent de l'être et qui nous fussent restées invisibles sans ces brusques percées de la déception.

Oui, 1l y a, chez Proust, — pour nous résumer sur ce point — un immense mouvement de la pensée, entraîné et secondé, tandis que d’habitude :1l est troublé, par le désir, par la tristesse, par la douleur, — un immense mouvement de la pensée vers les faits tout purs. Et ce qui fait le prix incomparable de son œuvre, c’est justement que ce mouvement n’est jamais arrêté, ni modifié par aucune considération accessoire, ni par le souci de faire plus beau, ni par celui de faire plus consolant, ni même — car c’est un souci auquel cèdent souvent ceux qui justement se gendarment contre la censure et s’appliquent à lui jouer des tours — ni même par le souci de faire plus atroce.

Si bien qu'on peut appliquer à son travail sur la réalité psychologique ce qu’il dit de Vinteuil, saisissant et modelant une idée musicale :

Swann sentait que le compositeur s'était contenté, avec ses instruments de musique, de la dévoiler, de la rendre visible, d’en suivre et d’en respecter le dessin d’une main si tendre, si prudente, si délicate et si sûre que le son s’altérait à tout moment, s’estompant pour indiquer une ombre, revivifié quand 1l fallait suivre à la piste un plus hardi contour. Et une preuve que Swann ne se trompait pas quand 1l croyait à l’existence réelle de cette phrase, c’est que tout amateur un peu fin se fût tout de suite aperçu de l’imposture, si Vinteuil ayant eu moins de puissance pour en voir et en rendre les formes, avait cherché a dissimuler, en ajoutant çà et là des traits de son cru, les lacunes de sa vision ou les défaillances de sa main?.

* Mais il est temps d’en venir à l’examen des vérités que cette inspiration positive, que cette méfiance, que ce respect infini du réel ont permis à Proust de dégager et d’énoncer. Il est temps d’examiner les découvertes qu’il a faites dans l’ordre du sentiment, d’examiner

(1) La Prisonnière, 1°* volume, p. 250.

(2) Du côté de chez Swann, p. 319.

les traits essentiels de cette psychologie positive dont nous le considérons comme le fondateur.

Ici il faut que je vous fasse remarquer une faute de plan que je pressentais au début de ces causeries et qui a été la raison plus ou moins consciente des précautions oratoires que j'ai cru devoir prendre.

Il eût été plüs naturel de commencer notre étude de Proust par la définition, que nous venons seulement de donner, de l’esprit qu'il a apporté dans ses recherches, qui lui a permis ses découvertes. Et c'est maintenant seulement que devraient venir les réflexions, que nous avons faites la dernière fois, sur l’inconscient. La découverte, la dénonciation de l'inconscient, et sa mise en lumière et en évidence! sont le premier résultat de l’application à la vie psychique de cet esprit soupçonneux et profond que nous avons reconnu à Proust. Il n’est pas sans utilité de replacer mentalement ici cette partie de notre exposé, car il faut bien comprendre — et c’est le seul moyen — que l'inconscient n’est pas pour Proust une supposition commode, une hypothèse paresseuse, mais au contraire un fait que dégage son esprit dans son mouvement vers le réel, et le produit immédiat de ce doute qu’il élève sur les aspects spontanés de la conscience.

J'ai été égaré, malgré les précautions que j'avais prises à l'encontre, par le souci de reproduire le plan que j ‘avais suivi dans l'étude de Freud. Excusez-moi, je vous prie, et veuillez rétablir l’ordre normal des idées que nous analysons.

La découverte et la description de l'inconscient sont un premier résultat de la méthode qu’applique Proust à la réalité psychologique. Mais c’est un résultat en quelque sorte général. Proust dénonce de l'inconscient derrière toutes sortes de sensations et de sentiments très divers. Il y a dans son œuvre des analyses de rêves, d’impressions de nature, d'émotions d’art et enfin de sentiments proprement dits, parmi lesquels l’amour occupe tout naturellement la place à laquelle il a droit, et qui est la première.

Je voudrais spécifier maintenant notre étude et me borner à . mettre en lumière la conception que Proust se fait et cherche à nous imposer, de l’amour.

Comme préface à cette étude, il faut nous rappeler un autre aspect de la définition que donne Auguste Comte de l’esprit positif :

Non seulement nos recherches positives doivent essentiellement se

réduire, en tous genres, à l'appréciation systématique de ce qui est, en renonçant à en découvrir la première origine et la destination finale ; mais il importe, en outre, de sentir que cette étude des phénomènes, au heu de pouvoir devenir aucunement absolue, doit toujours rester relative a notre organisation et à notre situation'.

Évidemment Comte veut dire ici que toute connaissance entreprise dans un esprit positif, doit être considérée commé relative à l’organisation intellectuelle dont nous disposons, et que par exemple nous ne pouvons pas affirmer que les phénomènes que nous percevons sont tous les phénomènes perceptibles, ni même que l’ordre où nous les rangeons est autre chose qu’une convenance de notre esprit.

Mais on peut déduire aussi de ce texte que l’application de l'esprit positif aux phénomènes de conscience aboutira forcément à constater leur relativité à cette conscience, si j'ose dire ; nous montrera les émotions, les idées, les volontés d’un individu donné comme relatives à son organisation, comme n'ayant aucun objet:-hors de lui, comme purement subjectives. (Je m'excuse d’employer ici ce qu'on appelle le jargon philosophique ; maïs c’est indispensable, et en somme on n’a pas encore trouvé mieux pour s'expliquer clairement).

Eh bien, la formidable originalité de Proust dans son analyse de l'amour est, comme l’a remarqué très justement, le premier, Edmond Jaloux, d’avoir conçu ce sentiment comme purement subjectif Faire entrer le relatif dans la conception de l'amour, observe Jaloux, et l’affranchir de ce mythe de l’absolu dont elle dépendait jusqu'ict aura été un des résultats essentiels obtenus par Proust!

Et il montre excellemment comment Proust s’y est pris pour souligner la véritable infériorité de tout ce que l’amour veut nous faire prendre pour des réalités hors de nous. Son analyse et les citations sur lesquelles il l’appuie sont trop justes pour que je puisse faire autre chose que vous y renvoyer.

Je me contenterai de compléter ici ses indications par quelques textes et quelques remarques.

Repensons à l’amour de Swann. Comme un thème constant, et comme un abîme que côtoie sa pensée sans oser jamais le regarder en face, l’idée que tout ce qu’il éprouve de si puissant, de si vraiment

(1) Auguste Comte : Discours sur l'Esprit Positif, p. 20. (2) Hommage à Marcel Proust, p. 153.

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dionysiaque n’a peut-être aucune espèce d'objet hors de lui hante d'un bout à l’autre le cerveau de Swann. | :

Je cite :

Certes 1l se doutait bien par moments qu’en elles-mêmes les actions quotidiennes d’Odette n'étaient pas passionnément intéressantes, et que les relations qu'elle pouvait avoir avec d’autres hommes n’exhalaient pas naturellement d’une façon universelle et pour tout être pensant, une tristesse morbide, capable de donner la fièvre du suicide. Il se rendait compte alors que cet intérêt, cette tristesse n’existaient qu’en lui comme une maladie, et que quand celle-ci serait guérie, les actes d'Odette, les baisers qu’elle aurait pu donner redeviendraient inoffensifs comme ceux de tant d'autres femmes.

Et plus loin, dans un passage que nous avons déjà lu :

Il souffrait de rester enfermé au milieu de ces gens dont la bétise et les ridicules le frappaient d'autant plus douloureusement qu'ignorant son amour, incapables, s'ils l'avaient connu, de s’y intéresser et de farre . autre chose que d’en sourire comme d’un enfantillage ou de la déplorer comme une Joe, ils le lui faisaient apparaître sous l'aspect d'un état subjectif qui n'existait que pour lui, dont rien d'extérieur ne lun affirmait la réahté?.

Et ceci encore :

Il sentait bien que cet amour c était quelque chose qui ne correspondait a rien d'extérieur.

Sans cesse à travers toute l’œuvre le thème revient de la parfaite subjectivité de tout ce que l’amour nous fait éprouver. On sent Proust lutter sans cesse contre la tentation, qui est la tentation normale, d'attribuer à l’objet aimé, à ses qualités, à ses vertus, à sa beauté une part efficiente dans le sentiment qui s’est attaché à lui. : La dissemblance entre ce sentiment et son objet n’est nulle part mieux marquée que dans ce passage :

Quand du regard il rencontrait sur sa table la photographie d'Odette, ou quand elle venait le voir, il avait peine à identifier la figure de chair

(1) Du côté de chez Swann, p. 256.

(2) Zbid,. p. 314.

ou de bristol avec le trouble douloureux et constant qui habitait en lui. . Il se disait presque avec étonnement : « C’est elle », comme si tout d’un coup on nous montrait extériorisée devant nous une de nos maladies et que nous ne la trouvions pas ressemblante à ce que nous souffrons!.

Non seulement Proust insiste perpétuellement sur le fait que rien d’extraordinaire ne doit être supposé dans |’ objet aimé pour expliquer ce qui se passe d’extraordinaire dans l’âme aimante, mais encore il montre que souvent c’est le manque de correspondance du premier avec les besoins, les désirs, les exigences physiques du second qui détermine l’amour?. Vous savez qu’Odette par exemple est représentée comme n'étant absolument pas le type de beauté que Swann a toujours recherché instinctivement et vous vous rappelez la phrase d’une profondeur admirable par laquelle se termine Un Amour de Swann : Dire que j'ai gâché des années de ma vie, que j'ai voulu mourir, que j'ai eu mon plus grand amour pour une femme qui ne me plaisait pas, qui n’était pas mon genre* :

Et dans /a Prisonniére :

Je ne m'étais rappelé que la petite qui m'avait déplu. Cela suffit a faire commencer un amour!.

Ce dernier aspect sous lequel Proust se représente l'amour nous amène à cet autre sur lequel je voudrais insister davantage, parce que Jaloux ne l’a pas aussi fortement souligné que les autres : il s’agit de la dépendance, de la solidarité, de l’amour et de la douleur, du désir et de l'angoisse.

C’est ici le centre, je crois, de la pensée de Proust sur l’amour, et en même temps le point où cette pensée atteint, si j'ose dire, le comble de Ia relativité. Inlassablement Proust revient sur ce thème (on sent même que le thème s’exaspère à mesure que l’œuvre avance, que Proust le creuse avec une complaisance de plus en plus cruelle),

(1) Du côté de chez Swann, p. 281.

(2) Cf. Sodome et Gomorrhe, vol. III, p. 231 : Au reste, les maîtresses que j'ai le plus aimées n'ont coïncidé jamais avec mon amour pour elles. Cet amour était vrai, puisque je subordonnais toutes choses à les voir, à les garder pour moi seul, puisque je sanglotais si, un soir, je les avais attendues. Mais elles avaient plutôt la propriété d’éveiller cet amour, de le porter à son paroxysme, qu’elles n’en étaient l’image. Quand je les voyais, quand je les entendaiïs, je ne trouvais rien en elles qui ressemblât à mon amour et pût l'expliquer.

(3) Du côté de chez Swann, p. 346.

(4) La Prisonnière, 1° volume, p. 191.

Fr

sur ce thème que l’amour est déterminé par une certaine angoisse, et n’est entretenu que par l’inquiétude et par la douleur, qu’il est, comme il le dit lui-même dans /a Prisonmère « fonction de notre tristesse ».

Déjà dans Swann vous vous rappelez que ce qui déclenche l’amour de Swann pour Odette c’est le fait qu’il ne l’a pas trouvée chez les Verdurin, qu’il ne sait pas où elle est.

À cette occasion, Proust s’écrie admirablement :

De tous les modes de production de l’amour, de tous les agents de

dissémination du mal sacré, il est bien l’un des plus efficaces, ce grand souffle d'agitation qui parfois passe sur nous. Alors l'être avec qui nous nous plaisons à ce moment-là, le sort en est jeté, c’est lui que nous aimerons. Il n’est même pas besoin qu'il nous plüt jusque-la plus, ou même autant, que d’autres. Ce qu'il fallait c’est que notre goût pour ln devint exclusif.

Et cette condition-la est réalisée quand, — à ce moment où 1l nous a fait

défaut — à la recherche des plaisirs que son agrément nous donnait, s’est brusquement substitué en nous un besoin anxieux, qui a pour objet cet être même, un besoin absurde, que les lois de ce monde rendent 1mpossible à satisfaire et difficile à guérir — le besoin insensé et douloureux de le posséder! .

Vous vous rappelez aussi certainement comment c’est la brusque

révélation qu’Albertine connaît l’amie de Mis Vinteuil et par consé-

quent qu'elle peut être pour lui la source de craintes infinies, qui déclenche ou plutôt qui fixe l’amour du narrateur pour elle : Les mots : « Cette amie, c'est ME Vinteuil » avaient été le Sésame, que j'eusse été incapable de trouver moi-même, qui avait fait entrer Albertine dans la profondeur de mon cœur déchiré. Et la porte qui s'était refermée sur elle, j'aurais pu chercher pendant cent ans, sans savoir comment on pourrat la rouvrir.

Ainsi Proust arrive à ce renversement des apparences et de Îa conception habituelle que la douleur est la cause de l’amour dont elle semble découler, que c’est non pas la désharmonie qui se révèle, au cours d’un amour, entre les aspirations de l’amant et la nature de l’objet aimé qui entraîne la souffrance du premier, mais que c’est

(1) Du côté de chez Swann p.213.

(2) Sodome et Gomorrhe IT, volume III, p. 232. L

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