‹ Quelques réflexes normaux des membres inférieursChapitre 8 sur 11 · LV. — Etude graphique des réflexes · texte numérisé non relu

LV. — Etude graphique des réflexes

L'étude graphique des réflexes que nous venons d'étudier a été faite par MM. Guillain, Barré et Strohl (1) qui ont montré que chacun de ces réflexes a son individualité et que tous les trois sont des réflexes vrais. |

Si l’on considère une courbe obtenue avec un réflexe quelconque, réflexe rotulien par exemple, on constate l’existence de trois ondulations successives.

Pour M. Strohl ces trois ondulations doivent être interprétées ainsi :

1. M. Strohl a décrit récemment un nouvel appareil pour l’enregistrement pratique des réflexes qui peut donner des résultats utiles. « Présentation d’un myographe clinique à inscription directe » : Réunion biologique de Strasbourg, séance du 19 décembre 1919,in Comptes rendus des seances de la Société de Biologie, 1919,pP. 1423.

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La première, de peu d'amplitude, est due au choc: c’est la phase d’action purement mécanique.

La seconde est l’expression de la réaction musculaire.

La troisième d’une amplitude plus grande que celle des précédentes correspond seule au réflexe proprement dit.

Si l’on recherche ensuite le même réflexe avec le même disposif enregistreur sur un membre récemment amputé on constate l’existence des dèux premières courbes (action mécanique et réaction musculaire) mais la troisième manque (1).

Ajoutons enfin qu’enadjoignant au dispositif enregistreur un appareil permettant de noter les temps d'apparition de ces différentes courbes on aura pour un même réflexe et pour un même sujet des temps toujours semblables.

Ces notions générales étant rappelées voyons les résultats de l’étude graphique des réflexes qui font l’objet de ce travail.

La courbe obtenue dansle réflexe médio-plantaire montre une seule ondulation. À peine note-t-on une petite inflexion au début de la courbe. Les muscles sont en effet moins fortement ébranlés que lorsque [a percussion s’exerce sur un tendon. Du reste les muscles ne participent pas seuls à ce réflexe, les

1. Dans l'interprétation des courbes graphiques, certains physiologistes discutent encore la valeur exacte de chacun des soulèvements et -pensent pouvoir dissocier les contractions appartenant au tonus cérébro-spinal de celles appartenant au tonus

: sympathique. Cette question très intéressante est encore à l'étude.

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plans osseux et aponévrotiques Sont aussiexcités par la percussion.

Si on compare cette courbe à-celle qui correspond au réflexe proprement dit, pour le réflexe achilléen par exemple,on constate que dans ce dernier cas la courbe due au réflexe apparaît plus tôt que dans le premier cas. Pour M.Guillain tout se passe comme si l'existence de la réaction musculaire retardait l’apparition de la contraction réflexe ; et le médio-plantaire caractérisé par une contraction réflexe isolée et plus prolongée que celle de l’achilléen doit être considéré comme un réflexe plus pur que ce dernier.

Quoi qu’il en soit, la confrontation de ces deux courbes permet d'affirmer que le réflexe que nous étudions est bien un véritable réflexe.

Les mêmes recherches faites sur le réflexe tibiofémoral postérieur montrent des caractères semblables à cette différence près que les soulèvements mécanique et musculaire précédant le soulèvement réflexe existent ici avec plus de netteté.

Si, au lieu de percuter les tendons musculaires, on percute le plateau tibial on n’obtient qu’une seule courbe au début de laquelle il est toutefois possible de noter une légère inflexion. La contraction réflexe existe en effet à peu près seule, car la secousse mus culaire est très faible, le muscle n'étant excité que par l'intermédiaire de l’os que l’on percute. Mais, par contre, la contraction réflexe dure plus long: temps, la courbe est plus ample que dans le réflexe tendineux et elle apparaît plus tôt. Noustrouvons là

encore une confirmation de l'effet inhibiteur de la contraction musculaire vis-à-vis de la contraction réflexe.

Nous n’insisterons passurles caractères graphiques duréflexe-péronéo-fémoral postérieur,ils sonten tous points comparables à ceux du réflexe tibio-fémoral postérieur. Là encore la percussion périostée donne paissance à une contraction très étalée qui débute plus tôt que la contraction réflexeobtenue après percussion tendineuse,

Get aperçu permet -d’entrevoir l'importance de l'étude des différents réflexes et de leur représentation graphique grâce à quoi chacun d'eux a son individualité et ses caractères propres dont les modifications pourront être notées utilement au cours des affections du système nerveux.

Mais, dès maintenant, il est possible de préciser l’état de ces réflexes au cours de certaines affections et de montrer quel intérêt pratique leur étude pré-

sente.

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