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FORMES ÉPIDÉMIQUES ET FAMILIALES DE L'ERYTHÈME NOUEUX

Il y a fort longtemps que les médecins avaient remarqué l'apparition simultanée de plusieurs cas d’érythème noueux TROUSSEAU dans ses cliniques de l’Hôtel-Dieu cite le cas de deux frères atteints au même moment.

Des épidémies plus étendues sont également signalées en 1842, en Turquie ; en 1858, en Bosnie (Von GALL) ; en 1885, au Jutland (BRUNN).

Plus récemment, J. TrABAuUD note la fréquence de la dermatite contusiforme à Damas, durant l’hiver.

SYMES rapporte l’observation suivante de ROBERTS : Dans une petite ville du pays de Galles, Mynyddis! Wym, en 5 semaines survinrent 50 cas dans un secteur limité par 2 ou 3 rues. Il n’en avait pas été observé dans ce quartier depuis 15 ans. à

Les épidémies plus restreintes sont beaucoup plus fréquentes. Uzan et ZERAH relatent l'atteinte à quelques jours d'intervalle des enfants de trois familles habitant la même maison d’un quartier central de Tunis.

Gueissaz cite à Lausanne,au n° 9 de la rue de l’Industrie, l’apparition de trois cas à des époques différentes et au n° 6 de la même rue survinrent également 4 cas à peu de temps les uns des autres.

Mais si le groupement d’un nombre relativement grand de cas d’érythème noueux n’est pas exceptionnel, il est très rare d'observer l’éclosion d’une épidémie par l’arrivée d’un sujet présentant une éryption typique dans une collectivité indemne de cette affection.

LanNNots, dans Les Annales de dermatologie (1892) rap-

PS à LES

porte trois cas d’érythème noueux semblant consécutifs à l’entrée dans une salle de l'hôpital de la Croix-Rousse à Lyon d’une malade qui en était atteinte.

Le Pr Moussous, de Bordeaux, en 1901, cite une observation analogue ; une enfant de 14 ans entre à l'hôpital avec une éruption caractéristique d’érythème noueux ; dix jours après, une de ses voisines, après deux jours de malaise et de fièvre, présente les même symptômes.

Deux ans auparavant, semblable phénomène s’était produit dans la même salle, l’entrée d’une fillette atteinte d’érythème noueux était au bout de quelques jours suivie de l’apparition d’un état pathologique analogue chez une autre enfant placée en face d'elle.

À propos de ces observations, M. ComBy signalait n’avoir jamais vu dans son service de cas intérieur. Mais ce qui est très fréquent, c’est l’atteinte simultanée ou à peu de jours d'intervalle de plusieurs enfants d’une même famille ou d’une même école.

ODpERY SYMEs rapporte 12 cas survenus dans une collectivité de 100 jeunes filles.

LEpoux avait observé l’atteinte de 4 élèves de la Maternité de Besançon.

GUILLAUD a consacré sa thèse (Paris, 1888) à une épidémie survenue dans un régiment d’infanterie.

Ce sont des observations analogues que nous allons plus particulièrement étudier.

OBSERVATION I. — (G. BLECHMANN et BINET pu JASSONNEIX)

En mai 1933, dans une famille de 5 enfants, tous bien portants, un garçon (Jean-Louis, 10 ans) et une fille (Marcelle, 13 ans) commencent à quelques jours d’intervalle un érythème noueux. La cuti-réaction chez le frère et la sœur est positive, tandis qu’elle est négative et le restera chez les trois autres enfants non atteints d’érythème noueux.

L'examen radiologique de Marcelle est négatif. Au bout de 3 mois de campagne, elle se porte d’ailleurs très bien. Puis un jour, se promenant au bord d’une rivière, elle y reste assez tard, le jour tombe, quand elle est prise brusquement d’un violent point de

PAUSE À 0e

côté avec fièvre. Elle est ramenée à Paris. On pratique à domicile un examen radiographique qui montre une opacité des deux tiers inférieurs du poumon gauche et l’on porte le diagnostic, avec réserve cependant, de pneumonie grippale.

Il s'agissait d’une image de spléno-pneumonie tuberculeuse qui, vérifiée à plusieurs reprises, persista pendant des semaines.

Il est à noter qu’en 1929, une radiographie s'était montrée absolument normale ainsi qu’en juin 1933.

Après l’erythème noueux, le radiologue avait simplement signalé que de légères modifications constatées à la base gauche nécessiteraient un contrôle radiologique ultérieur.

L'enquête étiologique a appris ceci : la cuisinière qui servait depuis trois ans avait été hospitalisée à la Salpêtrière, chez M. Léon KiINDBERG (service des tuberculose), un mois avant qu'éclate le double érythème noueux et elle était porteuse de bacilles de Koch.

OBSERVATION II.— (G. BLECHMANN et Henri MARTIN)

En janvier 1937, le jeune Edouard M... âgé de 17 ans, cohabite pendant plusieurs jours avec un garcon de 16 ans, qui très peu de temps après meurt de tuberculose pulmonaire. Ils ont vécu ensemble pendant 4 jours, couchant dans le même lit.

Or, ? mois après, c’est-à-dire en mars 1937, Edouard M... tombe malade et rapidement en avril se décèlent chez lui des signes de tuberculose pulmonaire.

Avant que ce diagnostic ait été posé, Edouard est resté en contact fréquent avec sa famille et plus particulièrement avec trois enfants : sa demi-sœur Jeannine B..., âgée de 10 ans, son cousin Serge, âgé de 7 ans et sa cousine Huguette, âgée de 13 ans. C’est ainsi que les enfants vont se promener en forêt le 28 mars dans la même voiture ; ils se voient en moyenne deux fois par semaine.

Il se passe alors par la suite des événements assez impressionnants :

En juin 1937, à peu de jours d'intervalle, survient un érythème noueux chez les trois enfants qui avaient été en contact avec leur demi-frère et cousin Edouard.

Chez la demi-sœur Jeanine, la cuti est positive en septembre.

Chez le cousin Serge, la cuti est apparue très positive pendant l’érythème noueux. En septembre 1937, cet enfant meurt de méningite tuberculeuse. ÉAES

Quand à la petite cousine Huguette, la cuti-réaction” pratiquée par trois fois pendant la durée de l’érythème noueux se montre successivement négative, puis faiblement positive et ia devient positive au bout de quelques jours. + RE

Jeanine fut radiographiée le 28 juin, à la fin de son. ins

LE Ce

noueux, le film montrait une légère densification hilaire bilatérare. En septembre, on constate l'intensification des signes radiologiques qui s’accompagnent d’une périscissurite typique qui n’existait pas la première fois.

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