‹ Quelques réflexions à propos de l'érythème noueux familialChapitre 13 sur 39 · OBSERVATION III. — (APPERT · texte numérisé non relu

OBSERVATION III. — (APPERT

Erythème noueux chez sept enfants, précédant des complications graves, la fièvre typhoïde ou une méningite tuberculeuse.

Famille de onze enfants agglomérés dans un logement petit et humide. Dans l’espace d’une semaine du mois de mai, sur les neuf enfants, sept sont tombés malades.

10 Edouard, âgé de 3 ans, érythème noueux et bronchite. La fièvre, dont le maximum est de 409, dure trois semaines ;

2° Othon, âgé de 5 ans, érythème noueux, broncho-pneumonie et pleurésie. La fièvre, qui a duré cinq semaines, a dépassé 400.

3° Anna, âgé de 6 ans, érythème noueux, pneumonie du lobe supérieur droit et pleurésie exsudative droite. A la fin du quatrième septenaire, il n’y avait plus de trace, ni de la pneumonie, ni de la pleurésie, l’érythème noueux était en voie de disparition, mais la fièvre resta considérable, avec délire le soir durant deux semaines encore.

Dans les trois dernières semaines, la fièvre avait le type typhoïdique pur. La température a été de 4104, ;

49 Ida, âgée de 9 ans, fièvre typhoïde ; température montant progressivement jusqu’à 410; épistaxis, diarrhée sanguinolente dans la troisième semaine, sensibilité iléocœæcale, météorisme, taches rosées, hypertrophie de la rate, bronchite. La fièvre dure 4 semaines ; convalescence extrêmement longue. Pas de nodosités d’érythème dans ce cas ;

5° Eugène, âgé de 11 ans, fièvre typhoïde et érythème noueux ; mêmes symptômes de dothiénentérie que chez la précédente, même durée de la fièvre dont le maximum a été de 410. Mais les quatre membres, surtout au niveau des avant-bras et des jambes, étaient le siège d’un érythème noueux ;

6° Paul, âgé de 15 ans, érythème noueux affectant la marche d’une fièvre intermittente quotidienne, dont l’accès est chaque jour d’une heure en avance. Le matin, apyrexie presque complète ; l’après-midi, violent frisson avec fièvre s’élevant jusqu’à 410. Nombreuses nodosités et élevures ortiées sur les quatre membres. Guérison en quatre jours par la quinine à hautes doses ;

7° Auguste, âgé de ? ans, érythème noueux, bronchite et diarrhée. La maladie dure trois semaines.

Six mois plus tard, mort par méningite tuberculeuse.

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OBSERVATION IV.— (GENDRON, de Nantes)

La famille Lec... se compose des parents et 5 enfants.

L’aîné François, 16 ans, crache des bacilles. Il a une tuberculose bénigne, juxta-hilaire, dont il guérira.

Les quatre autres, de bonne santé habituelle, tombent malades à quelques jours d'intervalle les uns des autres, à la fin du mois de juillet 1919. Ils font tous une maladie fébrile de quelques jours et présentent chacun une éruption dans l’ordre chronologique suivant :

Le 22 juillet, Jean, 9 ans, érythème noueux localisé aux jambes.

Le 27 juillet, Yves, 6 ans, érythème noueux des jambes. En outre le 6 août quelques papulo-vésicules miliaires de la face.

Le ?8 juillet, Bernadette, 11 ans, Erythème noueux des jambes, puis des cuisses et des bras.

Le 3 août, Jacques, 2? ans, contrairement à notre attente, ne présente pas d’érythème noueux comme ses ? frères et sa sœur, mais une éruption pure de papulo-vésicules miliaires sur le thorax, particulièrement abondante sur le dos.

Chez ces 4 enfants, la guérison est rapide et l’apyrexie complète au bout C’une dizaine de jours.

Nous avons suivi nos malades et fait les constatations suivantes :

En novembre 1919, Jean fait une pleurésie droite.

En janvier 1920, Yves, malgré un bon état général et l’absence de signes fonctionnels présente à l'examen radiologique une opacité juxta-scissurale gauche, large de 2 travers de doigt.

Jacques et Bernadette ont une image thoracique normale, mais une cuti-réaction positive. Bernadette aura dans les années suivantes des adénopathies cervicales bilatérales.

En 1931, tous ces jeunes gens sont bien portants et François, depuis longtemps guéri de sa tuberculose, vient de se marier.

OBSERVATION V. — (GENDRON, de Nantes)

Au cours d’une excellente santé, sans tuberculose dans l’entourage immédiat, les 6 enfants Lum... sont atteints en l’espace d’un mois et demi d’une courte maladie caractérisée par de la céphalée, de la courbature et de la fièvre pendant une huitaine de jours. En plus de cet état infectieux, ces enfants présentent les réactions cutanées suivantes :

Le 3 février 1921, Jean, 6 ans : Erythème noueux typique des jambes. Cuti-réaction positive le 10 mars. Le 20 mai, la radiographie montre une réaction hilaire très nette.

Le 16 février, Joseph, 8 ans : Erythème noueux des jambes et quelques papulo-vésicules miliaires sur le tronc cuti-réaction posi-

tive le 10 mars. La radiographie faite le 20 mai montre une réaction hilaire.

Le 21 février, Michel, 9 ans : Eruption très abondante et pure de papulo-vésicules miliaires sur les cuisses, les fesses, les flancs. Cuti-réaction positive le 10 mars. La radiographie montre une image thoracique normale.

Le 25 février, Raphaë!, 12 ans : quelques papulo-vésicules sur le tronc. Le 10 mars, la cuti-réaction est négative, mais est devenue positive le 20 mai. L'image thoracique est normale.

Le 18 mars, Gabrielle, 11 ans : Erythème noueux des jambes. Le 10 mars, cuti-réaction négative, mais positive le 20 mai. La radiographie montre une image thoracique normale.

Entre temps, le 17 février, Suzanne 13 ans, est atteinte des mêmes phénomènes infectieux que ses frères et sœurs, mais ne présente pas d’éruption bien caractérisée, à peine relève-t-on 3 éléments miliaires sur les fesses. Le 10 mars, la réaction de Pirquet est positive et le 20 mai, la radiographie montre une image thoracique normale.

En 1931, tous ces jeunes gens sont bien portants.

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