‹ Quelques réflexions à propos de l'érythème noueux familialChapitre 25 sur 39 · ERYTHÈME NOUEUX ET FIÈVRES ÉRUPTIVES · texte numérisé non relu

ERYTHÈME NOUEUX ET FIÈVRES ÉRUPTIVES

L’Erythème noueux apparaît souvent alors que l’enfant semblait parfaitement bien portant ; cependant il arrive quelquefois qu’il survienne à la suite d’une fièvre éruptive, telle que la scarlatine, la rougeole, la coqueluche, etc.

M. ComBy, dans la 7€ édition de son traité des maladies de l’enfance (1928) signale comme maladies ayant précédé l’érythème, 13 fois une angine aiguë, 10 fois de l’entérite ; 9, la grippe ; 9, la rougeole ; 8 fois, une bronchite ; 5, une manifestation tuberculeuse ; 3, la fièvre typhoïde et la scarlatine ; 1, la varicelle ; 1 fois, les oreillons ; 2 fois, un rhumatisme articulaire aigu ; 2 fois, torticolis rhumatismal ; 2 fois, un ictère.

Dans les observations que nous rapportons, nous trouvons dans les observations X et XI que la rougeole a précédé l’érythème de 15 jours à un mois, et dans l’observation XIX, l’érythème apparaît chez 3 enfants convalescents de coqueluche.

Si toutefois ces maladies peuvent exercer une action ainsi que le climat, la saison, l’état hygrométrique, le sexe, elle n’est que très secondaire et la cause première est l'existence d’une contamination bacillaire,

on LA CONTAMINATION

Le fait de voir apparaître chez un enfant, un érythème noueux, quelque temps après un contact avec un tuberculeux contagieux, avait fait conclure à l’origine tuberculeuse de la dermatite contusiforme. Mais n'est-il pas plus frappant encore de voir se grouper, autour d’un sujet bacillifère, plusieurs cas de cette maladie. Cette dissémination du bacille est même impressionnante lorsque dens une collectivité d'enfants apparaissent des éruptions noueuses et d’autres manifestations de primo-infection tuberculeuse.

D’après BERTROYE, on retrouverait dans 90 pour 100 des cas, un tuberculeux contagieux dans l'entourage ; DEBRÉ ne tenant compte que des contacts dont l’authenticité est certaine, retrouve cette contamination dans un tiers des cas. L’érythème noueux familial et épidémique n'échappe pas à cette règle et sur 25 observations, nous n’en trouvons que 3 où l’origine de la contamination n’est pas indiquée. Cependant, elle est certaine, étant donné la cœxistence chez ces enfants de manifestations tuberculeuses nettes.

Ce contact doit être recherché dans les mois qui ont précédé l’apparition de l’érythème. La période d’incubation oscille entre 3 semaines et trois mois, d’après nos observations. CostTE et BERNARD signalent des chiffres analogues : «on constate l’existence d’une période d’incubation silencieuse dont la durée varie de 1 à 3 mois ».

La tuberculose dont est atteint le sujet contaminant peut revêtir les formes les plus diverses : tuberculose grave, rapide, amenant en peu de temps la mort du malade, tuberculose évolutive curable ou bien tuberculose discrète difficile à mettre en évidence. Le sujet ayant un bon état général, ne présentant de bacilles de Koch dans l’expectoration que par intermittences, peut sembler sain à un examen superficiel (Obs. VIIT, XIV, XXII).

Pour les érythèmes noueux familiaux, la contamination est le plus souvent massive et répétée. Cependant, quelques

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cas de tuberculose discrète non identifiée, ont pu faire mettre en doute l’origine bacillaire de cette maladie , et s’ajoutant aux causes secondaires que nous avons énumérées et qui sont particulièrement marquées dans l’étiologie des fièvres éruptives, elles sont servi d'arguments aux partisans de l’autonomie de l’érythème noueux.

COMPARAISON AVEC LES CIRCONSTANCES ÉTIOLOGIQUES DE LA MÉNINGITE TUBERCULEUSE DE L'ENFANT

Si nous considérons une affection qui a fait la preuve de sa nature tuberculeuse : la méningite bacillaire de l’enfant, nous constaterons que la contamination n’est pas toujours évidente et que l’âge, la saison, jouent un rôle.

C’est ainsi que sur 70 cas de méningite tuberculeuse cliniquement primitive de l'enfant de ? à 15 ans, Mme Cré- MIEU-ALCAN relève 37 contacts certains, soit 52,8 pour 100, et 15 contacts probables soit 21,4 pour 100. NoBécourr et BrisKkas sur 52 cas trouvent 22 contacts.

Ces auteurs notent également, l’influence de l’âge, le maximum étant vers 3 et 5 ans. Il ne correspond pas à l’âge de la plus grande fréquence de la primo-infection ; tel que nous pouvons le déduire de statistiques de cuti-réactions

Dans une étude faite vers 1930, à l’hospice des enfantsassistés, le PT LEREBOULLET, montre qu’à :

4ans,ilya 9 cuti-réactions positives pour 100 enfants à Jans, — 47 —— — — » enfants àl3ans, — 7 — —- — » enfants

Par contre, c’est à cet âge qu'apparaît l’érythème noueux avec le plus de fréquence.

Au point de vue de l'influence saisonnière, nous remarquerons que la méningite tuberculeuse présente également une affinité particulière pour certains mois de l’année ; GUERSANT, l'estime plus fréquente au printemps et PIET, l’a surtout rencontrée au mois de mars. Nous noterons que c'est également au printemps que se produisent les poussées évolütives de tuberculose.

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Il est bien difficile de donner une explication légitime de ces influences, mais on ne peut évidemment les invoquer contre l’origine tuberculeuse de l’érythème noueux.

De plus, l’existence des formes familiales où la contamination est en général plus facile à mettre en évidence que dans les cas isolés, ne permet pas de conclure à l’autonomie de l’érythème noueux, mais au contraire à ses liens avec la primo-infection tuberculeuse.

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