‹ Quelques réflexions à propos de l'érythème noueux familialChapitre 34 sur 39 · ADR · texte numérisé non relu

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Le 12 novembre, disparition de la fièvre. On fait des réactions de PIRQUET et de MANToux à la tuberculine et une autre au B. C. G. Comme toujours les deux premières sont légèrement positives et la troisième très faiblement. L'examen radiologique montre la presque disparition de l’ombre hilaire, tandis que persiste un réseau broncho-pulmonaire net.

De telles observations montrent bien que l’érythème noueux est provoqué par l’action d’un bacille tuberculeux, même de virulence très atténuée, sur un organisme jusquelà non allergique. Cependant pouvons-nous affirmer que chez l’enfant cette dermopathie d’origine tuberculeuse est toujours la signature d’une primo-intection ?

Certes, l’étude des formes familiales et épidémiques de l’érythème noueux semblent bien appeler cette conclusion M. E. LESNÉ adopte aussi entièrement ce concept :« L’érythème noueux de l’enfant est un signe de primo-infection tuberculeuse dont la valeur sémiologique est aussi absolue et indiscutable que la Kérato-conjontivite phlycténulaire ou le virage de la cuti-réaction ».

Mais si JEAN TRoISIER, DEBRÉ et ARMAND-DELILLE reconnaissent qu’il en est ainsi dans 95% des cas, ils admettent que dans une proportion d'environ 5%, l’érythème noueux peut apparaître chez des sujets déjà tuberculisés d’une façon certaine.

C’est ainsi que GOBEL et SCHUHARDT signalent l’apparition d’un érythème noueux avec opacification du champ pulmonaire inférieur droit qui doit être interprétée comme une infiltration primaire chez un jeune garçon de 16 ans qui a fait antérieurement de la tuberculose. D’autres observations de même ordre ont été signalées et, MM. DEBRÉ et BINDSCHEDLER (de Strasbourg) ont remarqué que chez les enfants ayant une cuti-réaction positive depuis quelque temps, l’érythème noueux survenait principalement à la suite des maladies anergisantes, comme la rougeole, la coqueluche, la grippe, etc WALLGRENN les a dénommeés érythèmes post-primaires.

Les conditions nécessaires à l’apparition de l’érythème noueux peuvent se produire exceptionnellement en dehors

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de la période de primo-infection. Il est donc possible qu’un malade qui a traduit son premier contact avec le bacille de Koch par un érythème noueux en présente un à nouveau les années suivantes. Ces récidives ont été signalées à plusieurs reprises chez l'adulte (Larosse, CARDIS) mais semblent très rares chez l’enfant. M. GERMAIN BLECHMANN nous a dit en avoir observé un cas récemment chez une fillette avec M. GARNIER : celle-ci fit environ 6 ans après un érythème noueux s’accompagnant de cuti-réaction positive une nouvelle poussée avec également sensibilité très marquée à la tuberculine. TOURNIER-LASSERRE rapporte l’observation d’un enfant de huit ans et demi qui a présenté à 18 mois d'intervalle deux crises d’érythème noueux consécutives, l’une à une rougeole de forme sévère, l’autre à une varicelle.

En résumé, nous considérons l’érythème noueux comme étant un signe de primo-infection. Toutefois, les conditions de son apparition qui se trouvent le plus souvent réunies à ce moment peuvent exister au cours d’autres stades de la tuberculose.

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