‹ Quelques réflexions à propos de l'érythème noueux familialChapitre 36 sur 39 · LE PRONOSTIC · texte numérisé non relu

LE PRONOSTIC

de l'Erythème noueux

L'’érythème noueux est souvent considéré comme la réaction d’un organisme particulièrement résistant à l’atteinte du bacille de Koch. Et, Gérard LEFEBVRE qualifie l’érythème noueux « d'avertissement sans frais qui signe l'invasion tuberculeuse tout en étant d’ailleurs l'indice d’une évolution le plus souvent favorable ». M. J. ComBy, dans une discussion à la Société médicale des Hôpitaux de Paris s’exprimait ainsi : « Je garde un optimisme rassurant pour les familles. L’érythème noueux, fièvre éruptive, d’origine tuberculeuse, peut-être, guérit toujours sans exposer plus que d’autres fièvres éruptives à une évolution tuberculeuse ».

Certes la lésion cutanée disparaît toujours en l’espace de quelques semaines ; mais à lire des observations où les sujets atteints d’érythème nouëux ont été revus dans les mois qui suivent, il ne nous semble pas que l’évolution soit si anodine.

Certaines publications présentent cette dermopathie comme le premier symptôme d’une généralisation tuberculeuse.

MM. J. TRoISIER, BARIETY et BROUET relatent l’observation suivante :

Une jeune fille de la campagne, depuis 18 mois à Paris est soumise pendant 10 jours à un contact infectant auprès d’une phtisique moribonde.

A1 jours, après le début du contage, un érythème noueux avec typho-bacillose révèle le début classique de la maladie.

Le 55° jour, une ombre floconneuse décèle aux rayons X le

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début des lésions pulmonaires dans la zone sous-clavière droite. Ces lésions s’excavent vers le 74e jour.

Le 114® jour, cette caverne précoce fait sa preuve bactériologique.

Le 2179 jour, après bilatéralisation, la malade mourrait phti-

sique, n’ayant jamais cessé d’avoir de fièvre depuis son érythème noueux.

Cette évolution dramatique sans aucune période de rémission est rare et, le plus fréquemment, l’éruption noueuse disparaît laissant le malade avec un état général déficient et c’est seulement secondairement que la tuberculose se réveille avec parfois une allure rapide et grave.

SICARD rapporte le fait suivant :

Un malade convalescent depuis 6 semaines d’un érythème noueux, présente une tuberculose évolutive, touchant successivement le péricarde, les appareils génitaux urinaires et pleuropulmonaires et emportant le malade trois mois après.

Dans l'observation Il, l’un des enfants meurt de méningite tuberculeuse trois mois après l’érythème. Ce cas n’est pas exceptionnel et LAFFITTE en groupe un certain notmbre dans sa thèse.

D’autres manifestations sans présenter cette gravité pourrait évoluer d’une façon défavorable, si un traitement approprié n’était pas institué. C’est ainsi que dans les observations let II, l’un des enfants fit une manifestation pulmonaire grave.

M. GERMAIN BLECHMANN, parlant de ces cas au cours d’une leçon faite à l'Hospice des Enfants Assistés, en 1937, rapporte l’opinion de M. Franck Tissor (de Saint-Gervais-les-Bains) :

« L'Erythème noueux est loin d’être toujours un accident anodin ; parmi nos convalescents la proportion de ceux dont les ennuis ont commencé par un érythème noueux est assez élevée.

Il ne nous semble pas que les suites de l’érythème noueux soient plus bénignes que celles des autres formes de primo-infection ».

Pour M. Pauz DuranD (de Courville), le pronostic de

La DOTE

l'érythème noueux dépendrait de ses circonstances d’apparition. C’est ainsi qu’il est plus grave au décours des fièvres éruptives.

Toutefois des auteurs comme LESNÉ, BOSQUIEN et P. GUILLAIN signalent que les complications tuberculeuses apparaissent dans les semaines ou les mois qui suivent l’éruption et que « passé cette phase dangereuse, il ne reste qu’une imprégnation minime ».

Usrvep et JOHANESSEN ayant suivi pendant plusieurs années 288 sujets ayant eu un érythème noueux, ont remarqué que toutes les manifestations tuberculeuses graves surviennent au cours des trois premières années et concluent d’une façon analogue :

L'érythème noueux est un phénomène d’hypersensibilité qui entraîne une morbidité immédiate grave après quoi la situation s'améliore rapidement et les individus se trouvent ultérieurement dans des conditions vraiment très favorable.

Il y a donc lieu de considérer que si l’érythème noueux en tant que manifestation cutanée guérit toujours rapidement, il est l’extériorisation d’une imprégnation bacillaire, ni pire, ni meilleur que toute autre primo-infection.

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