‹ Quelques Réflexions sur la Rachianesthésie Basse d'après 8123 observations recueillies à l'Hôpital Sadiki de TunisChapitre 14 sur 18 · LE · texte numérisé non relu

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Mais alors d’où vient l’ostracisme, dont est encore frappée la rachianesthésie. Somme toute, c’est qu’elle a ses morts. Les autres modes danesthésie n’en ont-ils point ? Pourtant, J. L. FAURE disait encore récemment :

« Toutes les méthodes d’anesthésie ont des ris- « ques et si on veut les faire disparaître il n'y qu'à «< abandonner la chirurgie. »

Voyons ce qui se passe à Sadiki et étudions le pourcentage des morts. Nous n’aurons en vue que la mort immédiate, car dans l’appréciation de la mortalité tardive, le choc opératoire vient se surajouter et masquer les résultats. Mais s’il est admis que les anesthésiques généraux, du fait de leur grande diffusibilité et par suite de leur élimination rapide, ne peuvent plus causer la mort dès que le malade est réveillé, il n’en va plus de même pour la novocaïne en rachianesthésie. Et de fait, il faut convenir que l'élimination de cet alcaloïde est beaucoup plus lente et par suite que ses effets sont plus prolongés. Il en résulte que dans l’appréciation de la mortalité immédiate, nos tests cliniques sont encore trop imparfaits pour mesurer ce qui revient exactement à la méthode. Et de l’aveu même de Von BRUNN et de STRAUSS, il est impossible à ce point de vue d'établir upe statistique exacte et de se faire sur la rachianesthésie une opinion ferme, basée sur des données indiscutables. Comme il faut malgré tout un élément d'appréciation, nous avons mis sur le compte de la rachianesthésie, en dehors des morts consta-

tées sur la table d'opération, toutes celles survenues par syncope ou assez rapidement dans les trois heures qui suivent ou encore celles survenues tardivement dans les mêmes conditions, si toutefois au cours de lintervention ou dans les trois heures qui ont suivi, le malade a présenté des symptômes d’intolérance à la vérocaïne. Cette façon de voir n’a rien de conventionnel et répond à des faits exacts.

En effet, la dose injectée, 12 ctgr 5, n’est pas toxique et si la cocaïne tue, c’est par son action paralysante sur le système nerveux central ou périphérique. Or, dans son expérience princéps, FRANÇOIS- FRANCK a montré que l’action de la cocaïne sur un nerf est maximum au bout de 7 à 10 minutes et cesse au bout d’une heure environ. D'autre part, dans la rachi, au bout de trois heures, l’alcaloïde commence à être éliminé et la pratique nous enseigne que rarement l’analgésie dépasse ce délai et que l’imprégnation cocaïnique maximum se montre au cours de la première demi-heure. Notre délai de trois heures nous semble donc largement suffisant et de fait, lorsqu’au cours de la première heure le malade n’a montré aucune intolérance, nous n’avons jamais eu à déplorer d’accidents dans la suite.

Ceci posé, voyons les résultats obtenus à Sadiki avec les différents modes d’anesthésie.

JOPrRElÈNS EE avec 2 morts - proportion 0.25 pour 1000 4167 chloroforme, - 1 - - 0.24 - 1000 SIP eTACRL. 7e 2: -: 6 - - 0.74 - 1000 6972-..éther, ... Mr à - - - 2.45 - 1000

Nous voyons donc que l’inoffensif kélène donné au goutte à goufte, à masque découvert, pour des - interventions très courtes, nous a malgré tout donné deux décès.

MO

Contrairement à toute attente, le. chloroforme considéré comme si dangereux est celui qui noussa donné les plus brillants résultats. Ce qui, une fois de plus, tendrait à prouver qu’en matière d’anesthé- . sie, il y a lieu d’être éclectique car lhabitude joue

un grand rôle.

Mais surtout ce qui nous frappe, c’est que l’anes-

thésie à l’éther, « la reine indétrônée: de la narcose » selon l’expression de RoBerT MoNob, nous a donné une mortalité immédiate bien supérieure: à celle de la rachianesthésie. L’objection serait-elle valable; de celui qui viendrait nous dire que l’éther a été mal administré? Les anesthésies à l’éther ont été aennées à la satisfaction de tout ie monde, par un personnel entraîné, ayant une expérience de plusieurs années. De plus, c’est le même personnel qui a fait la majorité des rachianesthésies et cela serait au moins une facon de prouver qu’il est plus facile de devenir un bon rachianesthésiste qu’un bon éthérisateur. Mais pour serrer le problème de plus près et pouvoir comparer la rachianesthésie et l’anesthésie générale à léther, voyons un peu les observations des cas de mort. |

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