‹ Quelques Réflexions sur la Rachianesthésie Basse d'après 8123 observations recueillies à l'Hôpital Sadiki de TunisChapitre 16 sur 18 · OBSERVATIONS DES CAS DE MORT PAR SYNCOPE A L’ETHER · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS DES CAS DE MORT PAR SYNCOPE A L’ETHER

Slaoui, 42 ans, Tunis.

Volumineuse hernie ombilicale étranglée.

Anesthésie-générale au kélène et à l’éther.

On fait rapidement une incision transversale au-dessus de la tumeur qui est du volume d’une tête d’adulte. La peau à ce niveau est recouverte d’une escharre due à l’application d’un bandage.

L’étranglement date de trois heures à peine, mais la hernie est déjà excessivement tendue.

À l’ouverture du sac, on constate qu’il est occupé uniquement par du grêle. Les anses intestinales sont déjà noires et on note de gros infarctus dans le mésentère. Réduction de la hernie.

Le malade est un obèse d’une grosseur extraordinaire: et les premières bouffées d’éther ont occasionné une syncope bleue que les mouvements rythmés de la langue et la respiration artificielle arrivent à faire cesser en quelques

minutes. Mais sur la fin de l’opération, malgré. qu'onsaït donné une quantité minima d’anesthésique, le malade tombe en syncope, les pupilles se dilatent subitement et le malade meurt malgré tous les moyens mis en œuvre pour essayer de le ranimer.

OBSERVATION N° VIH

Lakhdar ben Youssef, 40 ans.

Anévrisme artérioso-veineux de l'artère fémorale gauche, à la suite d’une blessure par arme à feu et ayant entraîné une dilatation du cœur portant, comme c’est visible à la radiographie, sur le ventricule gauche et un peu sur l’oreillette droite.

Tension au Pachon : 11,5-7.

Le 3 juin 1926 : Intervention sous anesthésie générale à l’éther.

A l’ouverture, on trouve une artère iliaque externe-grosse comme le pouce et décrivant une courbe à convexité inférieure. Elle repose sur une veine qui a la largeur de trois doigts et le volume du poignet. Au moment de faire la ligature, syncope mortelle.

XP Neuvième pare, en travail depuis trois jours, poche des eaux rompues la veille.

Présentation de ta face en fronto-iliaque gauche transverse. Dilatation complète. Enfant petit, bruits du cœur non perçus.

9 mars 1928. Intervention sous anesthésie générale au kélène et à l’éther.

On commence à pratiquer une cranioclasie lorsque sur-

vient une mort brutale par syncope.

Fathma bent Abdelkader, 27 ans.

Rétention d’un fœtus mort depuis: trois mois, chez une syphilitique avérée.

Consulte au neuvième mois de sa grossesse parce qu’elle

saigne depuis quatre jours. Bruits du, cœur non perçus. L’hémorragie n’ayant aucune tendance à s'arrêter et l’état général empirant on se décide à intervenir.

Anesthésie générale au kélène et à l’éther.

Au tout début de l’anesthésie, la malade s'endort profondément et prend une respiration irrégulière,

On s’apprête à effectuer une dilatation manuelle pour permettre l’extraction du fœtus mort. On s’aperçoit alors que la malade respire moins fort et moins régulièrement. Elle meurt au bout de quelques minutes sans qu’on ait? pu intervenir. -

Mohamed ben Ali, 70 ans, Béja.

Occlusion intestinale par volvulus du sigmoide.

Le malade prétend avoir un arrêt complet des matières et des gaz depuis six jours, mais il n’a eu aucun vomissement. Etat général mauvais, pouls petit, faciès intoxiqué. On.administre huile camphrée, caféine et sérum physiologique.

Intervention sous anesthésie. générale au kélène et à l’éther.

Le début de l’anesthésie est difficile; le. malade pousse et on est obligé de lui faire une injection de morphine. Laparatomie sous-ombilicale : on tombe sur un méga-sigmoide tordu (torsion de deux tours dans le sens des aiguilles d’une montre), On effectue une détorsion. Une sonde intestinale est introduite dans l’anse sigmoïde par le rectum. L’intestin se vide totalement de ses gaz.

Fermeture immédiate au fil de bronze. Le tout a duré dix minutes. À ce moment, le malade respire mal, se cyanose et meurt malgré tous les soins.

Kheïra bent Khemis, 50 ans, Tunis.

Le cahier d’observations ne porte traces ni du diagnostic ni de l’intervention.

Le 22 juillet 1922. Anesthésie à l’éther. Syncope :cardiaque dix minutes après l’intervention, et mort malgré adrénaline intra-cardiaque et respiration artificielle.

Azouz ben Hadj, 42 ans, Djerid.

Pyonéphrose gaucie.

La radiographie ne montre pas de calcul opaque aux rayons X et le cathétérisme séparé des urines démontre que le rein gauche est inexistant.

Le 19 juin 1923, néphrectomie par voie antérieure sous anesthésie générale au kélène et à l’éther.

= Mort à la fin de l’opération par syncope.

Manoubia bent Meftah, 30 ans, Mahdia.

Occlusion intestinale. |

Arrive le 7 août 1931, parce qu’elle n’a ni selles ni gaz depuis quatre jours. Utérus gravide de sept mois. Bon pouls non accéléré.

Intervention. Laparatomie médiane. L’obstacle siège haut sur le grêle et est constitué par des adhérences très denses entre le grêle d’une part et les ganglions mésentériques hypertrophiés et très ulcérés d’autre part. Les anses intestinales sous-jacentes à l’obstacle ont effectué un véritable volvulus autour de l’axe mésentérique.

On libère soigneusement les adhérences et les surfaces cruentées sont péritonisées par un surjet au fil de lin.

Le transit est rétabli. Au moment où l’on referme la paroi, la femme meurt en régurgitant des quantités considérables d’un liquide jaunâtre et filant.

Chérif ben Abderrahmane, 27 ans. A

Ulcus gastrique perforé depuis quarante-huit heures.

Le 15 mai 1932. Intervention d'urgence sous anesthésie générale au kélène et à l’éther.

La perforation siège sur la face postérieure du versant duodénal du pylore. Très difficilement accessible, la brèche est enfouie par deux surjets au fil de lin.

Gastro-entéro-anastomose transmésocolique postérieure complémentaire. On place trois draïins n° 3 dans le Douglas. Le foyer sous-hépatique où siégeait la perforation est

méché et drainé. Fermeture de la paroi aux bronzes et aux crins. À la fin de l’intervention, syncope mortelle.

Ali ben Amar, 30 ans. Tunis.

Voluulus du grêle.

Le malade arrive à l’hôpital le 29 mars 1930, pour un syndrome d’occlusion ayant débuté quarante heures avant par une douleur abdominale violente.

Intervention d'urgence sous anesthésie générale à l’éther.

Détorsion du volvulus. La vérification du grêle ne montre pas de perforations.

Au moment de la fermeture de l’abdomen, syncope mortelle.

Hadj Attia, 35 ans.

Occlusion intestinale par brides cicatricielles.

Le début des accidents remonte à quatre jours et l’état général est très mauvais: tox1-infection marquée, hypothermie, pouls imperceptible. Le malade, qui a des vomissements fécaloïdes, ne répond pas aux questions qu’on lui pose.

Après deux heures de soins (réchauffement, tonicardiaques) on estime pouvoir risquer les chances d’une intervention. Anesthésie générale au kélène et à l’éther.

Après section de la bride, la circulation intestinale se réétablit. Vu le météorisme, on éprouve de grosses difficultés à faire réintégrer la cavité abdominale par les anses intestinales. Fermeture aux bronzes.

A ce moment, syncope mortelle.

Hassine ben Mohamed, 40 ans. Siliana.

Péritonite généralisée consécutive à une perforation d’ulcus duodénal datant de six jours.

Etat général très mauvais: faciès terreux, pouls petit, ir-

régulier, dépressible, bat à 114.

Intervention d'urgence. Anesthésie générale au kélène et à l'éther.

A l’ouverture, un flot de pus jaune et de liquide fétide s'échappe de l’abdomen. Perforation dela partie supérieure du bord externe de la deuxième portion du duodénum. Enfouissement. À ce moment, l’anesthésiste prévient que le malade respire mal et se cyanose. Mort malgré tous les soins.

Hamadi ben Lakhdar, 4 ans. Tunis.

Mastoïdite aiguë.

Le 21 mars 1929, intervention sous anesthésie générale au kélène et à l’éther. Trépanation de la mastoïde. Mort par syncope au cours de l’intervention.

Abdelkader Gharsallah, 25 ans. Menzel-Temime.

Cancer de la langue.

Anesthésie générale à l’éther dans le but de faire un curage ganglionnaire.

Alors qu’on venait simplement de faire l’incision cutanée le malade fait une syncope bleue. Mais il semble bien que l’arrêt du cœur ait précédé la syncope respiratoire et malgré tous les soins, le malade ne peut pas être ramené à la vie:

Brahim ben Amor, 35 ans.

Plaie du foie par balle de fusil datant de 50 heures.

La balle a pénétré au niveau du creux épigastrique et l’orifice de sortie se trouve à droite, sur la ligne axillaire postérieure, dans le huitième espace intercostal.

Le 8 août 1922, intervention d'urgence. Laparatomie médiane sous-ombilicale sous anesthésie générale à l’éther.

Il existe un gros épanchement de sang dans la loge sous-hépatique. Suture de la plaie du foie. À ce moment,

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