‹ Quelques réflexions sur le Bureau de santé et sur l'assainissement de Montréal [microforme]Chapitre 4 sur 6 · FR · texte numérisé non relu

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droit de surveiller avant 1878 et dont il ne contrôle encore que très imparfaitement l'établissement.”

Cette note n’apprend rien de nouveau au lecteur, car à Montréal on semble se complaire à faire de l’hygiène répressive plutôt que de l’hygiène préventive. On.

laisse construire, mais aussitôt.qu'il y à.

atteinte à la santé publique l'autorité parle, agit. Et il est certain que des milliers de logements sont rendus insalubres par la mauvaise installation des appareils sanitaires, par le voisinage des fosses fixes, par la défectuosité dans le mode de construction.

Un Bureau de santé, qui compte avec

un chimiste et un ingénieur, un architecte

sous l’inspiration du médecin hygiéniste, pallie et prévient ce mauvais état de chose. | | «3% Les égouts doivent être ventilés. Du-

rant les chaleurs d'été la ventilation s’ef-

fectue surtout par ces bouches que nous voyons aux coins des rues, près de nos

habitations. Aussi les égouts doivent ils être lavés fréquemment.

A Montréal la condition mauvaise des égouts étant démontrée, .il résulte:

la nécessité de lancer, plusieurs fois par semaine pendant l'été, des quantités d’eau suffisantes pour tout emporter et tout assainir. C’est un moyen efficace, d’une pratique facile pour notre ville si richement pourvue d’eau.

L'hiver, quand une épaisse couche de neige blanchit notre sol, ‘a ventilation se fait par les tuyaux de chutes de nos demeures. Ici encore l’absolue nécessité d’une bonne installation. du branchement dans l'égout, de siphons hydrauliques:

tant à chacun des orifices d’évacuations:

(siéges, éviers, etc.) qu’à l'arrivée du branchement dans l’égout,de chasses d’eau abondantes et du prolongement du tuyaux de chute au dessus du toit. Les tuyaux.

d’eau des toits peuvent aussi aboutir aux.

conduites des maisons, : “ontribuant ainsi.

à la ventilisatior des égouts.

L'argument est très sérieux, car les hy-

2 ss | giénistes modernes attribuent un rôle important à l’origine fécale de la fièvre typhoïde. Dans toutes les villes où depuis dix ans l’on a conduit les matières 4 l’égout, on trouve une mortalité décroissante, inférieure de motié à celle des villes ‘qui ne l'ont pas encore fait. D'où l’obligation d'abolir les fosses fixes et de bien s'assurer que tout passe par l'égout. A Montréal donc l'obligation d'améliorer son système d'égouts.

Je me permettrai ici une digression en ‘faveur du pauvre. L'autorité municipale commet une abomination en privant d’eau la pauvre famille qui ne peut pas satisfaire le payement de la taxe. Vous privez ces malheureux d’une boisson alimentaire. Vous êtes la cause de la malpropreté au logis. Vous ouvrez la porte aux facteurs des maladies contagieuses en ne permettant plus les chasses d’eau si né- -cessaires à l’assainis::ment de l'égout particulier.

basse. s’il vous plait, pour le pahhous reux. .

Quelque soit le «côté par lequel on aborde l'étude de l'enlèvement et du transport des immondices et ordures ménagères, on est frappé à la fois de la gravité et de la multiplicité du problème qu’elle soulève, ainsi que de la puissancedes moyens qu ‘l faut mettre en action

pour atteindre le but qu'on vise.

l'est inconstestable que ces immondi-

ces et ces ordures ménagères contribuent puissamment à la viciation de l'air des villes et surtout des quartiers ouvriers.

Aussi l'utilité d’un récipient métallique déposé dans un endroit aéré de la maison ou encore mieux de la cour. Aussi l’obligation de nettoyer et d’assainir souvent ce récipient.

Comme la réalité en hygiène est loin

de Montréal ! Est-il possible de voir destransports plus mal installés, plus sordidement malpropres que les voitures de vidanges, que les voitures chargées d'enlever les débris, les résidus ménagers, que-

MU * ces tombereaux dans lesquels circulent les boues, les inmondices des rues. Ces

voitures ne sont pas convenables et ne .

sont jamais nettoyées.

L’enlèvement des boues des bouches d’égouts devraient se faire dans des tombereaux parfaitement étanches et tenus en état de propreté.

Le remisage de tous ces voitures doit être loin des habitations. Le costume de ces hommes qui font ces sales besognes devraient être désinfectés tous les soirs.

Il est donc urgent que des mesures soient prises pour faire cesser un état de <hoses devenu absolument inacceptable

même pour les moins délicats.

Les causes d'insalubrité du sol sont nombreuses. De là l'obligation de surveiller les remaniements du sol, d’assaiair les endroits soupçonnés infectés, soit par un égout en bois, par les résidus d'une fabrique, par d'anciens cimetières, etc.

vs D ne

L'hygiène municipale doit aussi s’occuper des établissements industriels au point de vue de leur nocuité. Cette prévoyance est d'aütant plus légitime que l'industrie moderne se dirige surtout vers la production d'objets nouveaux et économiques, négligeant, la plupart du temps, les influences nuisibles sur les ouvriers ou sur le voisinage. Ainsi la nécessité pour Montréal de connaître le nombre de ses établissements industriels, de des elasser au point de vues de leur nocuité.

Nous avons dans notre ville un grand nombre d'industries qui exercent une influence fâcheuse sur lu santé de la population. La sollicitude de l'autorité embrasse toutes les classes de la Société, ei il est : juste que les intérêts sanitaires de la population ne soient pas plus perdus de vue que ceux des manufacturiers. Si chacun est libre d'exploiter son industrie, d’un autre côté, l'autorité ne peut tolérer que, pour l’avantage d’un particulier, tout un quartier respire un air infecte, ou qu'un

individu éprouve des dommages dans sa propriété.

Voila une question qui ne doit pas être vue avec indifférence. C'est une tâche immense qui requiert la participation du médecin hygiéniste, du chimiste, de l'ingénieur, de l'architecte.

Outre que la ville veut être protéger:

dans sa santé, l'ouvrier veut lui aussi accomplir son travail dans les conditions les.

moins. inoffensives possibles et par conséquent plus en rapport avec sa dignité d'homme. 9

. Je crois inutile de discuter l’opportunité d’un laboratoire municipal. Taut citoyen est intéressé au même degré dans:

cette question. Nous savons que c’est par l'aliment que nous entretenons la vie.

Nous savons que la sophistication des aliments, cet art éhonté, qui seglisse partout, empoisonne tout et devient, par la.

muluiplicité de ses transformations, une sorte de protée insaisissable, mérite au

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