‹ Quelques réformes dans les écoles primairesChapitre 10 sur 51 · Voy. J. Simon j V ouvrier de huit ansj p. 23â et · texte numérisé non relu

Voy. J. Simon j V ouvrier de huit ansj p. 23â et

Mais ce sur quoi il importe d'insister et ce qui a un caractère de nouveauté dans le projet dont je vous ai donné connaissance, ce sont les moyens grâce auxquels l'école primaire de fabrique est créée de toutes pièces, organiquement constituée et disposée à se développer et à produire de féconds résultats.

Si l'on veut jeter les yeux sur les pays étrangers, on verra que les écoles de fabrique rendent de grands services à la classe ouvrière, en Angleterre, en Suisse, en Suède et surtout en Prusse *.

Voici, en effet, la disposition qu'on trouve inscrite en tète de tous les livrets remis aux jeunes ouvriers prussiens (art. IV): « Les jeunes ouvriers ne peuvent être employés, même après seize ans révolus, qu'autant qu'ils ont suivi régulièrement l'école pendant trois ans ou qu'ils savent lire couramment leur langue et possèdent les éléments de l'écriture. »

Celte dernière interdiction cesse d'avoir lieu

1. Voyez à notre Appendice rÉtude de M. Ch. Grad sur les écoles de fabrique de l'Alsace.

4i QUELQUES RÉFORMES

lorsque les palrons, par V établissement et Ventretien régulier des écoles de fabrique^ assurent aux jeunes ouvriers rinstruction primaire. L'administration est seule juge pour discuter si les écoles de fabrique suffisent et pour déterminer le temps qui doit être consacré à la classe.

Ainsi, on le voit, en Prusse les écoles de fabrique peuvent suppléer les écoles subventionnées par rÉtat ; mais l'administration se réserve le droit de déclarer si ces écoles sont suffisantes. Eh bien! grâce aux denx moyens que je propose et qui consistent, je le rappelle :

1** A établir dans les écoles primaires de fabrique la même organisation pédagogique et les mêmes programmes que dans les écoles primaires publiques ;

2"" A placer dans ces écoles le personnel enseignant aiTecté aux écoles publiques, sous la direction et la surveillance des inspecteurs de l'instruction primaire ;

J'ai l'espoir que les écoles primaires de fabrique pourront non seulement rivaliser avec

celles de la Prusse, mais l'emporter sur ces dernières, et contribuer dans notre pays, non seulement à arracher l'enfance ouvrière à l'ignorance, mais à la rendre instruite, apte à suivre les cours d'adultes et les écoles secondaires, techniques ou professionnelles, et à la faire jouir de tous les innombrables bienfaits que l'instruction répand à pleines mains sur ceux qui l'ont reçue et en ont profité.

En conséquence, j'ai l'honneur de demander que ce projet reçoive l'approbation de la Délégation cantonale du XP arrondissement* et soit transmis par elle, sous forme de vœu, à M. le directeur de l'enseignement primaire du département de la Seine*.

1. Ce projet a été approuvée l'unanimité et transmis par les soins du maire du XI* arrondissement, à M. le préfet de la Seine.

2. Je n'hésite pas à recommander au lecteur de prendre connaissance des extraits fort intéressants reproduit à V Appendice sur les écoles de fabrique. Dire qu'ils sont empruntés aux ou> vragcs de MM. Gréard et Ch. Grad dispense de tout autre commentaire ; j'ajoute qu'ils complètent et sanctionnent notre projet.

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