‹ Quelques réformes dans les écoles primairesChapitre 14 sur 51 · PAYER · texte numérisé non relu

PAYER

RueScryan F

— Oberkampfi

— du Chemin-Vert.

— Saint-Bernard...

Cité Voltaire

Rue de la Roquette G.

Relier F

Il résulte de l'examen de ce tableau que, dans huit écoles, 505 enfants seulement se trouvent dans rimpossibilité de payer. Raisonnant par a simili et nous livrant à un calcul de proportion qui, s'il n'est pas la réalité même, se rapproche au moins delà vérité dans les limites du possible, nous nous croyons autorisés à dire que, sur les 7575 enfants de nos dix-huit écoles, il n'y aura que 1050 enfants hors d'état de payer. Sur le nombre tolal des enfants fréquentant l'école, un

septième seulement devra jouir de la gratuité. C'est d'après ces données que nous avons établi le compte général de la dépense alimentaire dans le tableau suivant, qui se rapporte au menu dont le prix moyen estde 10 centimes.

Enfants ne pouvant pas paver par jour et par repas la somme ilc fr. 10 cent.

Enfanls pouvant payer par jour et par repas la somme de Ofr. 10 cent. . . .

Enfants pouvant payer par repas et par jour la somme de fr. 05 cent

La dépense alimentaire dans nos 18 écoles serait, on le voit, pour le menu à 10 centimes, de 731 fr. 25 c. par jour et pendant 200 jours, s'élèverait à 146250 fr. Sur cette dépense totale, nous eslimons que les enfants seraient en état de payer 125250 fr. et qu'il ne resterait à la charge de la Ville que 21000 fr.

Pour le menu à 15 centimes, la dépense s'élève-

rait d'un tiers, et il est probable que, proportions gardées, la contribution des enfants demeurerait la même.

TROISIÈME QUESTION. -- Dans quelles proportions la Caisse des écoles pourrait-elle contribuer à la dépense?

La Caisse des écoles n'est pas dans une situation pécuniaire qui lui permette de s'engager dans de grosses dépenses, dans des dépenses d'autant plus redoutables qu'elles ne peuvent pas être fixées à lavance d'une manière tout à fait précise et qu'elles doivent se renouveler annuellement. Le XI* arrondissement est à la fois un des plus populeux et un des plus pauvres arrondissements de Paris; on y trouve plus facilement l'occasion d'employer que d'obtenir des secours. La Caisse des écoles souffre naturellement de cet état de choses, et, malgré tous les courageux efforts que vous faites et l'excellent concours que nous assurent de généreux souscripteurs, nous ne pouvons réaliser tout le bien que nous voudrions faire.

Aussi, le concours pécuniaire que la Caisse des écoles peut promettre à la ville de Paris dans rinstallalion d'un service alimentaire est-il de beaucoup inférieur à ses désirs? Notre commission propose de subvenir annuellement aux dépenses exigées pour une somme de 1000 francs.

QUATRIÈME QUESTION. — En admettant Timpossibilité actuelle de la gratuité absolue, des bons d'aliments ne pourraient-ils pas être fournis à tous les enfants sans distinction, par un bureau spécial qui les délivrerait soit gratuitement, soit contre argent, selon la situation des parents.

On voit, d'après les chiffres que nous avons menlionnés plus haut, combien il serait coûteux et inutile d'assurer aux enfants la gratuité absolue

du repas.

C'est surtout en nous plaçant sur le terrain mo* rai que nous écartons la question de gratuité absolue. Il nous semble juste, raisonnable, indispensable, que les parents qui sont en état de payer et que la Ville assiste déjà de tant de manières, ne

s'habituent pas à se décharger sur d'autres du soin et du devoir de nourrir leurs enfants * !

Reste à organiser le service qui mettrait entre les mains des parents les bons alimentaires.

D'après les réponses des directeurs et des directrices, il est aisé de voirqu'ils ne se chargeraient pas volontiers de l'administration et delà comptabilité exigées par le fonctionnement de ce service. C'est surtout dans les écoles congréganistes où la mesure nouvelle est, il faut le dire, le moins goûtée, que l'on se récrie le plus contre les embarras et qu'on met le plus en saillie les difficultés pratiques créées par la remise aux parents ou aux enfants des bons alimentaires. Sans se laisser émouvoir par la bonne volonté des uns et par les critiques des autres, et en voulant épargner à tous

1. M. le vicomlç d*HaussonvilIe partage cette manière de voir. Voici comment il Texprime dans son remarquable livre sur VEnfanceà Paris : «Si l'on adoptait cette décision en faveur de laquelle il y aurait) dans Tintérôt des enfants, beaucoup à dire, d'établir dans chaque école une sorte de fourneau économique, je crois qu'il serait au moins indispensable de maintenir le principe de la contribution des parents. »

un surcroît de travail, il nous a paru nécessaire de rechercher quelle serait la meilleure et la plus simple organisation du service alimentaire.

Voici ce que votre commission a l'honneur de vous proposer :

Un bureau spécial, sous la dépendance et sous la surveillance du Conseil de la Caisse des écoles, serait installé à la mairie et délivrerait des bons d'aliments soit gratuitement, soit contre espèces.

Les bons pourraient être de deux ou trois sortes : i*" bons de soupe; â*" bons pour un aliment. On pourrait, en outre, créer une troisième sorte de bons, des bons de pain, qui ne seraient délivrés qu'aux parents dont l'élat d'indigence serait notoire. Ces bons seraient gratuits ou demi-gratuits ou payés intégralement. Us seraient délivrés gratuitement à tous les parents dont l'inscription sur les registres du Bureau de bienfaisance ou d'autres faits révéleraient l'état de misère d'une façon indubitable; ils seraient demi-gratuits pour tous ceux dont les ressources seraient

reconnues insuffisantes; pour tous les autres^, ils seraient intégralement payés.

Les bons de soupe et les bons d'aliments auraient des couleurs différentes ; mais il n'y aurait aucune distinction apparente entre les bons gratuits, demi-gratuits ou payés. Tous ces bons seraient détachés de registres à souches. Un registre serait affecté à chaque genre de bons, et il y aurait des numéros ou des indications de séries différentes, suivant que les bons seraient gratuits, payés partiellement ou payés intégralement.

Les parents pourraient à l'avance se procurer des bons pour une semaine, pour une quinzaine ou pour un mois. Ces bons confiés aux enfants par leurs parents seraient oblitérés soit au moyen d'un timbre, soit par la signature des maîtres ou maîtresses préposés par les directeurs ou les directrices à la surveillance du déjeuner, puis remis au cantinier qui, en échange, donnerait l'aliment auquel le bon donne droit. Ces bons seraient ensuite remis par les soins du cantinier ou du directeur au bureau de la mairie qui verserait îmmédia-

iO QUELQUES REFORMES

lementlasommed'anrentreprésentéeparcesbons.

Afin d'établir uq système de contrôle , on pourlait eiiger du directeur de Fécole la tenue d*un registre sur lequel le nombre de bons remis serait inscrit chaque jour et le cantinier ne serait payé à la mairie que sur la présentation et des bons et du registre approuvé par le directeur. Mais afin d'éviter toute complication et tout travail qui ne serait pas absolument indispensable, nous ne proposons la tenue de ce registre qu'à titre iacultatif.

Grâce au système que nous indiquons et qui nous parait devoir être d'une application pratique aisée, les directeurs et directrices qui sont, nous nous plaisons à le reconnaître, chargés d*une lourde tâche et d'une responsabilité considérable, pourraient surveiller le service alimentaire deleurs écoles sans y consacrer trop de temps et sans y compromettre la maigre liberté qui les fuit chaque jour davantage.

Ici, Messieurs, s'arrête notre travail, et nous venons vous prier d'en accepter les conclusions qui peuvent être résumées de la manière suivante :

1** La Caisse des écoles du XP arrondissement, considérant que le déjeuner pris à Técole peut profiter à Tenfant au point de vue physique et moral, est disposée à coopérer à l'organisation et à se charger de la surveillance d'un service qui fournirait aux élèves des écoles communales une nourriture saine et chaude.

2* Laissant de côté l'évaluation des frais provenant de la construction des fourneaux et autres aménagements et de la rétribution des différentes personnes chargées du service des cantines scolaires, nous estimons que la dépense alimentaire pour dix- huit écoles serait approximativement de 146250 fr. par an, et que les élèves seraient en état de payer 125250 francs.

3*La Caisse des écoles ne jouissant que d'un faible revenu et pouvant à peine suffire aux besoins immenses de ceux qu'elle assiste, et aux devoirs qui lui incombent, regrette de ne pouvoir contribuer à la dépense résultant du nouveau système alimentaire qu'au moyen d'une subvention annuelle de 1000 francs.

HATEH

9Î QUËLQ.UES RÉFORMES, ETC

4» La délégation cantonale est d'avis qu'il est inutile et dangereux d'assurer la gratuité alimentaire d'une smanière absolue^ et qu'il est au contraire avantageux d'établir des bons gratuits, demigratuits et payants. Elle pense aussi que tous ces bons doivent être centralisés à la mairie, dans un bureau spécial placé sous la surveillance du Conseil de la Caisse des écoles.

Enfin la délégation cantonale exprime à M. le préfet de la Seine le désir de voir s'installer le plus vite possible le service alimentaire dont elle s'est permis d'indiquer l'organisation et le fonctionnement. Elle l'assure en même temps qu'elle le secondera dans celte entreprise avec tout l'empressement, le zèle et le dévouement qu'elle est jalouse d'apporter dans l'application des mesures et des réformes qui intéressent le bien-être matériel et l'amélioration intellectuelle et morale des enfants de nos écoles.

1. La délégation cantonale, discutant sur ce point, a émis le Tœu que la gratuité, s'il était possible, fût absolument exelue^

PROJET

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