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côté de la contrainte par corps, procédé ordinaire, l’hypothèque ne faisait que naître, et était moins fréquemment employée; tandis que la contrainte par corps était le procédé de droit, l’hypothèque était appliquée en fait, exceptionnellement ; mais elle tendait à devenir de plus en plus fréquente; une fois h contrainte par corps supprimée, l’hypothèque la remplaça tout naturellement. Là, comme ailleurs, la jurisprudence a suivi les coutumes et ne les a pas créées.
Que seraient alors les 6pot? On a déjà remarqué qu’on ne connaît aucun 6005 antérieur à la guerre du Péloponnèse. On explique ce fait par les mauvais souvenirs que ces bornes auraient laissé aux Athéniens !. C’est fort possible. Nous pourrions aussi supposer que ce n'étaient auparavant que des piliers de bois; cela expliquerait qu’ils ne nous soient pas parvenus. Mais ces explications ne me suffisent pas. Je ne crois pas qu’à l’époque de Solon ces bornes fussent une chose identique à ce qu'elles étaient au quatrième siècle. Je serais assez disposé à y voir, non pas précisément une pierre destinée à marquer que le champ était hypothéqué, comme cela füt plus tard, mais un signe qui devait montrer aux yeux de tous que tout ou partie du revenu du sol appartenait à tel ou tel Eupatride ®. Lorsqu'un de ceux-ci avait prêté à un tenancier ou à un voisin, il aurait ainsi tenu à manifester son droit à une part du revenu du sol. Cela avait l'avantage pour le créancier d’étaler son droit au grand jour ainsi que sa puissance, et d'empêcher que personne ne vint s’emparer avant lui du revenu du sol. Cette hypothèse, je le reconnais, n’a qu’une base assez fragile : l'absence de po avant le quatrième siècle. Elle me semble cependant soutenable, car elle convient aux circonstances de cette époque, tandis qu’en transportant une institution du quatrième siècle au septième on risque de commettre
1 Inscript. jur. &r., 1, p. 122; Tillyard, Annual of the Br. School at Athens,
XI (1904/5), p. 64.
? Une hypothèse analogue a déjà été émise par M. Wilbrandt, p. 5.
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un anachronisme. Nous avons vu que, à la fin du septième siècle, hypothèque était nouvelle et partant rare, et que Solon ne semble pas la connaître; que d’autre part les 8904 dont il parle paraissent avoir été abondants. Il en faut conclure qu’ils s’appliquaient au cas le plus général et non à l’exception. Les hypothèques proprement dites étaient rares, mais tous les débiteurs étaient astreints à payer une redevance en nature: il me semble légitime de supposer que c'était à ce que ces bornes devaient marquer.
On comprend alors très bien qu’elles fussent un signe de servitude pour la terre qui les portait, et que leur suppression ait été un soulagement pour les pauvres. ”
Quoi qu’il en soit, les deux procédés : contrainte par corps et hypothèque embryonnaire, aboutissaient tous deux à des résultats très fâcheux pour les classes inférieures . Le premier entraînait les débiteurs vers l'esclavage, le second les y conduisait moins directement mais presque aussi sûrement : dépouillés du revenu de leurs terres, privés de la plus grande part des produits du sol qui les faisaient vivre, ils étaient forcés de s’endetter toujours davantage ou de quitter leurs terres, de les abandonner à leurs créanciers et d’aller chercher à létranger quelque autre métier qui les fit vivre?. La colonisation, la vie d'aventures, le commerce devaient fournir à quelques-uns le moyen de se tirer d’affaire; la plupart devenaient des sans-patrie errants#, mendiants et misérables, sans appui, sans droits; ils finissaient par tomber sous la dépendance d’un maitre ?.
1 J. Burckhardt, I, p. 175.
2 Sol., frg. 36, v. 8 et 9.
3 Sur la-situation de l’homme libre qui n’a pas de’terres, voir Pœhlmann, Aus Alterth. u. Gegenw., p. 156 ss.
4 La sécurité rend l’esclavage supportable et le fait préférer à une vie libre, mais passée dans l’insecurité : Guiraud, Main d'œuvre industrielle, p. 16.