CHAPITRE XVI
La Seisachtheia.
Lorsque nous examinons les poésies de Solon, nous sommes obligés de constater qu’il ne nous a pas laissé d’exposé de la réforme si importante qui est restée célèbre-sous ce nom. Il y fait cependant des allusions très claires au début du fragment 36 dans lequel il défend son œuvre. Le passage était cité par le rhéteur Aristide‘; nous l'avons aujourd’hui plus complet et en meilleur état dans l’Abdguaiwr modrei d’Aristote?. Voici ce qu’on y lit : Le poète prend à témoin du succès de ses réformes la Terre « que j’ai délivrée, dit-il, des bornes plantées en maints endroits, en les arrachant, qui jadis était esclave et qui est libre maintenant !... j'ai ramené dans leur patrie des Athéniens qui, fuyant la dure nécessité, avaient erré un peu partout et oublié la langue de l'Attique; d’autres qui, ici même, subissaient un misérable esclavage et tremblaient devant le (mauvais) caractère de leurs maîtres, je les ai rendus libres3. »
‘ Aristid. Rhet., éd. Dindorf., IL, p. 536 ; il y a cinq vers dans Plut., Sol. 15. Voir Appendice.