‹ Quelques réformes de Solon. Essai de critique historiqueChapitre 30 sur 65 · XL, 1; LV · texte numérisé non relu

XL, 1; LV

? Voir Daremberg et Saglio, Dict. des Antiquités, 11, p. 1494 ss.; art.: gens, par Ch. Lécrivain.

3 Aristote, :18. *., VIII, 2 en parle sans donner leurs noms; Plutarque, Sol., 23, les appelle : ÜUriire, 'Epyédeix, T'eéovrec, Aiyikopeïic; on trouve dans Hérodote, V, 66, les formes ‘UrAyrec et ‘Aoyadeic; Pollux, VIII, 111, donne, par erreur sans doute, la forme TeÂéovrec. — Plutarque, loc. cit, dit qu'elles étaient des cases, ce qui est faux : Büchsenschütz, p. 331. Aristote, 40. r., XLI, 2, en attribue l’organisation à lon. Elles sont communes à tous les Toniens; ce sont peut-être d'anciennes divisions territoriales. — On a beaucoup écrit et beaucoup discuté à leur sujet; voir en particulier : Swen Hammarstrand, Affikas Verfassung u. s. w., Jahrb. f. hl. Philol., Supplibd., VI, 1872-73; Gilbert, Affattische Komenverfassung, Jahrb. f. ki. Philol. Supplbd., VI, 1873-75 ; Ed Meyer, Forschungen, 1 (1892) ; Busoit, Il?, p. 99.

$ Sur leur formation, voir Sumner Maine, p. 83 ss. : « Le groupe domestique qui est familier à toutes les races se compose des descendants d'un seul homme encore vivant et de sa femme ou de ses femmes. Peut-étre connaissent-elles ce groupe plus nombreux formé des descendants d’un ancêtre unique récemment décédé... agglomération compacte de parents par le sang... Ces hommes qui voient se former sous leurs yeux des groupes de parents pensent que par un procédé semblable la communauté s’est constituée. D'où ce préjugé théorique que tous les membres de la tribu viennent d'un ançêtre commun dont les descendants ont formé des groupes inférieurs, divisés euxmèmes en d’autres groupes, et ainsi de suite jusqu’au plus petit de tous, la famille actuelle.» Et plus loin, p. 284 : « On peut affirmer des anciennes ré-

cela est naturel, avaient une influence prépondérante ! dans ces groupements antiques dont le culte des ancêtres était le centre ?, C’est cela même qui força Clisthène à supprimer leur rôle politique : les 7é antiques avaient conservé après lui leur | existence religieuse; nous en retrouvons plus tard quelques traces qui, malheureusement, nous fournissent peu d’éclaircissements sur leur composition et leur vie intérieure ?. La tradition y était toute-puissante : tous ceux qui descendaient d’un homme ayant eu part au culte d’un yévos, étaient admis dans celui-ci pourvu que les autres membres de la confrérie, les rewvÿrae, le permissent # ; l’influence des Eupatrides y était telle que c’était d'eux, en réalité, que dépendait l'admission. On sait que les esclaves de la famille participaient à ces cultes et à ces rites sacrés; on ne sait pas si les clients y étaient assaciés 5. Les rites n’avaient pas changé, ils étaient restés les mêmes depuis la plus haute antiquité.

Du fait que ces tribus servaient à l’époque de Solon de base pour l’élection des magistrats 6, on doit conclure que pour être

publiques que leurs citoyens considéraient tous les groupes dont ils étaient membres comme fondés sur la descendance d’un même auteur. Ce qui était évidemment vrai de la famille, était encore vrai de la gexs, puis de la tribu, enfin de l'Etat. » — 1] y avait encore les trois castes : Eupatrides, Géomores et Demiurges, attribuées par Plutarque, Thes., 25, à Thésée, par Diodore, 1X, 18, à Solon, par Strabon, VIII, 383, à Jon; ces trois attributions sont aussi fausses les unes que les autres: ces classes se sont certainement formées toutes seules : Busolt, Il, p. 94 ss.

1 Aristt, Pol. 1305 33; Dict. des ant., loc. cit., p. 1504.

2? Jbsd., p. 149%.

3 M. Foucart, Grands Mystéres, p. 14 ss., a tiré le meilleur parti possible du peu de renseignements que nous avons. — Depuis Clisthène les aristocrates seuls faisaient partie de ces confréries qui avaient perdu toute importance politique; aussi ne se recrutaient-elles plus; elles moururent faute de membres: Kærte, Hermes, XXXVII (1902). p. 58a ss., à propos de ’£ÿ. äpyasoa. 1901, P. 157 58.

4 Andoc., I, 126, 127; Isée, VIE, 35-18 ; [Démosth.], LIX, 59.

® Dict. des ant., loc. cit., p. 1495.

8 "40. +., VII, 1 et 4.

citoyen il fallait en faire partie, mais que seuls ceux de leurs membres qui étaient de naissance libre, propriétaires fonciers et agréés par les Eupatrides étaient citoyens actifs. On voit que tout dépendait des Eupatrides qui, maîtres des tribus, étaient maîtres du corps électoral.

Ceux-ci avaient sans doute intérêt à multiplier le nombre des citoyens plutôt qu’à le réduire; plus ils avaient de protégés, de « parents » (ouoydlaxres)! pauvres dans les confréries et par là dans l’Assemblée, plus leur pouvoir augmentait, plus leur influence en était accrue.

Parmi les individus libérés par Solon, il y en avait un bon nombre qui faisaient partie de ces associations malgré l’infériorité de leur propre condition; il y en avait probablement beaucoup ‘qui avaïent perdu ce droit, ou qui ne l’avaient jamais possédé.

[l resta ainsi un groupe nombreux d’individus, les uns sans terres, les autres sans droit de cité, d’autres enfin qui n’avaient ni terres ni droit de cité ?. Nous ne pouvons en déterminer le nombre, nous ignorons tout de leur condition qui devait être sans doute en progrès sur le passé, mais qui était encore peu brillante et peu sûre, comme l'était naturellement celle des noncitoyens dans les républiques anciennes, même à Athènes si hospitalière et aux mœurs si douces. C’est parmi eux, pour une part tout au moins, que se recrutèrent les bandes qui

1 Harpocr., s. v. yevvÿræ ol roù avruÿ yévouc xotvwvouvrec... B126yopoc (re. 91, Frg. hist. gr., I), énoi moérepov GuoyéAaxrac bvouäecôa.

3 Ce n’est pas l'avis de M. Ed. Meyer, Gesch. des Alterth., 11, $ 4017, p. 652, qui dit que: « l'émancipation politique de la population campegnarde suit son affranchissement social » : tous les ‘Arrixoi deviennent Abmvaios ; il n’y a plus de privilèges pour les habitants de la ville; les anciens clients sont maintenant des citoyens; (de même, M. Swoboda, p. 274). M. Busolt, p. 267 en note, n’admet pas cette opinion, quoiqu’elle soit assez répandue ; il pense que ni les éxr#uopor, ni les journaliers (0ÿrec) ne furent citoyens avant Clisthène. Je crois qu’on ne peut être aussi précis; parmi les membres de ces deux classes sociales, les uns étaient citoyens, les autres ne l’étaient pas ; cela dépendait de l’origine de leur condition ; nous avons vu (plus haut, ch. VIT) que ces origines étaient bien diverses.

favorisèrent Pisistrate !, et que celui-ci une fois au pouvoir se hâta d’éloigner d'Athènes ©. C’est en tous cas leurs descendants que Clisthène introduisit dans les nouvelles tribus pour en faire des citoyens *,

Les autres qui faisaient partie des tribus et jouissaient de-

leurs droits de citoyens étaient répartis en quatre classes basées sur le produit de leurs terres ! et qu’il ne faut pas confondre avec les tribus dont nous venons de parler. La classe supérieure était formée de ceux dont les terres rapportaient soo médimnes (1 médimne = 52 litres environ“) de produits liquides ou solides, c’étaient les pentacosiomédimnes ; après eux venaient les chevaliers dont les terres produisaient 300 médimnes, ensuite les zeugiles avec 200 médimnes®; tous les citoyens dont les terres donnaient un revenu inférieur à ce chiffre étaient réunis dans une dernière classe, celle des thètes1.

1 Pour une part seulement, sans cela on ne s’expliquerait pas le succès de Pisistrate. Il faut admettre qu'il existait déjà tout un prolétariat d'hommes libres, capables de prendre part aux séances de l'Assemblée. Ceux des partisans du tyran qui étaient : T& yéves y? kaapol : 48. x., XIII, 5, étaient précisément des gens auxquels les Eupatrides contestaient le droit de faire partie d’un yévoç et par là le droit de cité.

3 A6, r., XVI, a et 3.

3 Jbid., XXI, 2:...0muwç uerädyuot mAelouc rc moMreiaç. De mème, Pol., 1319b 21 ss., 12750 36: K'aoOËévnc … moAAoùc épuAérevce £évovc «ai dobAovc ueroixovc. M. Clerc, p. 328 ss., explique cette phrase ainsi : «les esclaves deviennent métèques et les métèques citoyens »; cette explication est plausible.

4 "40. r., VII, 4; Plut., Sol, 18; Compar. Arist. et Cat., 1; Pollux, VII, 129 et 130 et les lexicographes.

$ Voir plus bas, p. 253.

8 Démosthène, XLIIL, 54, cite une loi sur les dots, qui sont fixées à 500 dr. pour les membres de la 1°° classe, à 300 pour ceux de la 2° et à 150 pour ceux de la 3°. On a voulu en déduire que la limite de cette classe était 150 médimnes et non 200. C'est une erreur; nous sommes ici en présence d'une taxation dégressive, qui date d’une époque où les classes avaient perdu beaucoup de leur importance. — Dans la Politique d’Aristote, 12748 20, le rang des chevaliers et des zeugites est interverti; c’est une erreur du copiste.

T Ce mot ne signifie pas ici nécessairement jourmaliers, comme à l’époque homérique ; Busolt, Il?, p. 184. Voir plus haut, p- 92.

Il nous est difficilé de nous rendré compte de ce que ces chiffres représentent. Plusieurs tentatives ont été faites pour établir la surface probable des terres possédées pär les membres des différentes classes. Il faut tenir compte du fait que lés anciens ne pratiquaient pas l’assolement ; ils ne faisaient produire leurs champs que tous les deux ans, et les laissaient se refaire par un an de jachère!. Büchsenschütz? établit que 40 à 50 arpents de Magdebourg % (8-10 ha), dont la moitié seulement était en culture, pouvaient donner 1 56 médimnes d’orge, mesure attique, soit le revenu d’un zeugite ; 100 arpents (20 ha) donnaient près de 300 médimnes sans compter le vin et l’huile, ce qui est lé revenu d’un chevalier. Ces chiffres sont peut-être un peu trop faibles. M. Ed. Meyer ! arrive à uné superficie sensiblement plus élevée : pour les pentacosiomédimnes 200 à 250 arpents de 3100 m? (62-77,5 ha); pour les chevaliers 100 à 150 (31-46,5 ha); pour les zeugites 70 à 100 (22 à 31 ha). Il va sans dire que ces calculs ne peuvent être qu'approximatifs : le meilleur est celui de M. de Sanctisÿ; il est établi d’une façon beaucoup plus minutieuse et par un homme qui connaît fort bien les conditions du pays, du sol et du climat. D’après lui, pour produire chaque année 200 médimnes de grain, il faut 17,4 ha (dont la moitié en culture); pour en produire 300, 26 ha; pour en produire $00, 43,5 ha. Pour produire 200 métrètes d'huile (un métrète — 39 lit. environ®) il faut 26 ha; pour en produire 300, 39 ha; pour 500, 6$ ha. Enfin pour produire 200 métrètes de win il faut cultiver 2,5 ha; pour 360, 3,75; pour 500, plus de 6 ha 1.

1 Büchsenschaütz, p. 5a et 301 ; de Sanctis, p. 22.

? Büchsenschatz, p. 54 55.

3 Un ptèthre vaut 870 m?, ou 0,872 arpent de Magdebourg; celui-ci vaut donc environ 2070 m?,

4 Gesch. des Alterth., \, & 307, p. 653.

5 De Sanctis, p. 229 et 230.

8 Voir plus bas, p. 258.

7 Toutes ces surfaces sont bien supérieures à celles qui, dans nos pays où

On vbit donc que, puisqu'on ajoutait les produits liquides

(vin ét huile) aux produits solides (blé et orge)!, il y avait un grand nombre de combinäisons possibles, et que les surfaces possédées par les divers mémbres d’une même classe pouvéient être bien différentes.

: Je n’ai l'intention d'examiner dans le détail ni le fonctionnement de ce système de grotipement des citoyens, ni l4 répartition des honneurs et des charges entre chacune des classés. Mais comme, dès l’antiquité, on a souvent attribué leur organisation à Solon, comme on a souvent écrit que, s’il ne les avait pas créées, il les avait tout au moins profondément modifiées, il rentre dans notre plan de voir ce que nous devons en penser.

Dans ce qui nous reste de ses poésies, Solon me parle pas des classes censitaires; on trouve le nom de l’une ou de l’autre de ces classes çà et là chez des historiens ?, et dans quelques lois dont il est généralement impossible d’établir l’antiquité d’une façon un peu sûre 5. Pour avoir un exposé quelque peu

le soi a plus de valeur et où Îa culture est plus intensive, sont nécessaires pour produire une récolte équivalente.

140, x, VII, 4 : Tà ovväaupo Enpa Kai vypé.

2 Thoc., Il, x6; VI, 43 (passages sans importance) ; Plut., Ans#id., .

3 "A8, +, VIN, 1: 0 repi Tüv raxuüv vôuoc, & yoôuevos drareAodoiv rs Kai vÜv xehete yàp KAmoobv roc Tauiac x Tevrarnooconedigvuy et XLVIL : : ol rauias Thç Abmqväc etoi pèv Aéka, KAmooïre d'eic En Tic ÉuAÏ, Ex TÜv revra- Kociouediuvuwy Kara Tèv ÆdAwvos vôuov (ëre yâp 6 vôéuos kbpiôc éoriv}, âpye d'à Aayov käy révu révnc d. Cette loi est certainetnent antienné puisqu'elle n'est plus considérée au quatrième sècte que comme une formalité. Dans son état actuel, elle n’est pas de Solon, puisqu'il y est question des dix tribus organisées par Clisthène. — M. C. F. Lehmann, Xo, VI (1906), p. 306, 319, pense néanmoins qhe cette loi est bien de Solon, qu'elle prévoyait ta nomination de quatre rTauiaæ, un par tribu, et qu'elle a subsisté après Chsthène ; en augmeñtant le nombre des tribus, on a borté le nombre des rauias à dix. On sait par contre qu'il existéit dMSjA au sixième siècle des magistrats de ce nôm : Z. G., 1, 973%; avant 300, ils Ethient chargés de la police de In citadette seulement ; its ne sont devents les ministres des finances d'Athènes que lorsque le tré. sor de M déesse est devenu la caisse centrèle de l'empire athénien : Keil, p. 63. On s'explique alors très bien, sans avoîr besoin de remonter jusqu'à

complet de leur organisation et quelque idée de leur origine, il faut descendre jusqu’à Aristote. Ce qu’il en dit est malheureusement loin d’être aussi clair qu’on le voudrait. Dans la Politique, il loue Solon d’avoir donné au peuple des droits suffisants, et en particulier d’avoir remis toutes les fonctions aux nobles et aux riches, soit aux membres des trois premières classes, sans en laisser aucune à la quatrième. Il ne dit ni si Solon a organisé ces classes, ni s’il les a modifiées, ni s’il les a simplement utilisées telles qu’il les trouvait instituées. Les textes de l’Aômvaiwr rodreia® sont plus embarrassants encore. Aristote cite les trois premières classes en passant, à propos de la prétendue constitution de Dracon, dont l’authenticité a été très discutée et qui est très douteuse !. Tout ce qui y a trait est non seulement en contradiction avec ce qui est dit dans la Politique 5, mais est encore mal amalgamé avec le reste du texte; cela a l’air rajouté après coup, comme en surchargef,

Solon, qu’on ait pris ces fonctionnaires parmi les plus riches Athéniens : c’était pour avoir quelque garantie en cas de mauvaise gestion. — Démosthène, XLIII, 54, cite une loi sur les dots où il est question de classes censitaires, mais qui est certainement postérieure à Solon; voir plus haut, p. 221 né.

1 Pol., 1274a 15 ss.: 'Exei Z6Awv ye ëouxe Tv Gvaykæoréryv äroddéve To Ofup Sbvauv.…. Tàc d'apxac Ex Tüv yvopluuv Kai Toy ebrépuy xaréornoe mäoaç, | x Tov mrevrakoctouedluvoy Kai Gevycrov xkal Tÿç kalovuévmc inmédoc (cf. supra, p. 221 nt) rù dè réraprov Tù Onrixôy, oïç ovdeuäg Gpxhs eryv.

3 "40. r., IV, 3; VII 3.

340. r., IV, 8, à propos des amendes infligées aux membres du conseil qui n'assistaient pas à une séance de ce corps.

4 Voir plus haut, p. 74 n!.

5 Cf, "40. +., IV, 3 et Aristt., Pol. 1274b 15: Apéxovroc dè vôuor èv elci, noaurela d'urapyoton roùç vôuouc &6mrev. L’authenticité de ce passage a été contestée, mais à tort.

6 À la fin du ch. IV, nous lisons deux lignes manifestement destinées à faire le raccord avec le ch. Il; au ch. XLI, la constitution de Dracon est signalée, mais n’est pas comptée dans l’addition des onze constitutions athéniennes, énumérées par Aristote; aucun autre auteur ancien n’en parle, etc. M. Seeck, XZo, IV, p. 272, 273, a fait de tout cela une analyse trés pénétrante, mais qu'il a poussée un peu loin peut-être.

2 "mme

si bien qu’on a pu y voir un passage introduit dans le texte d’Aristote par quelque grammairien ou copiste maladroit !. En ce qui concerne les classes censitaires, cette première citation ne peut en aucun cas nous servir de base. Un peu plus loin, lorsqu'il parle des réformes de Solon, Aristote dit®: « Wouci comment Solon organisa la constitution d Athènes : il répartit, après un ceriain cens, les citoyens en quatre classes, les pentacosiomédimnes, les chevaliers, les zeugites et les thètes. » Voilà qui semble clair, mais on lit sitôt après ces mots : « comme ils Pélaient déjà auparavant.» Cette incidente semble une adjonction postérieure mise là uniquement pour faire cadrer ce passage avec celui de tout à l'heure (ch. IV). En outre plusieurs lexicographes * nous le citent ; jamais ils ne citent

1 Th. Reinach, Rev. Et. gr., IV (1891), p. 82 ss., 125 ss.; F. Raühl, Jakré. f. &l. Philol., Supplibd., XVIII (1892), p. 675 ss.; Beloch, Gr. Gesch., I, p. 311 en note. Il est infiniment probable cependant que ces passages sont bien d’Aristote ; entre la rédaction de la Politique et celle de l’’48. +., il a trouvé un écrit (par ex. : le pamphlet d’un oligarque) qui parlait d’une constitution de Dracon; il s’est laissé induire en erreur par cette source, qui était mauvaise : Wilamowitz, Aristt. u. Ath., I, p. 58 ss.; Busolt, Il, p. 36 ss.; de Sanctis, p. 162 5s.; C. F. Lehmann, K%o, VI tigcé) p. 321 n°; voir surtout, V, von Schæñffer, Bursian's Jahresbericht (1893), p. 40 ss.; (1895) p. 228 ss. — M. Seeck, loc. cit, p. 281, a émis une hypothèse intéressante mais hardie : constatant qu'aucun extrait de l’’48. x. ne parle de cette constitution tandis qu’elle se trouve dans le papyrus de Londres, il suppose qu’Aristote avait écrit un premier texte où il ne parlait pas de la constitution de Dracon, qu'il eut ensuite connaissance d’un ouvrage de Démétrius de Phalère (voir plus haut, p. 19 nf) sur ce sujet, qu’il écrivit alors un autre texte; le premier aurait servi de base aux éditions d’Âristote publiées en Grèce, le second serait parvenu en Egypte; ce serait d’après lui qu’aurait été établi le texte que nous possédons. Je rappelle que M. Seeck admet l'authenticité de la constitution de Dracon (voir plus haut, p. 74 n!).

2 40. n., VIL 2, 3: duéraËfe rÿv molurelav TOvOe Tèv Tomov. Tiutpuart Oteïhev eiç Térrapa TéAy, Kkaâmeg dinpnTo Kai TreÉTEpOv, eig mevrakootouédiuvor xai inréa Kai Gevyirgv Kai ra krà.

8 Harpocr., s. v. revrakooouéduvo"… ôre d”TÉAm émolnoev Aômvaiuwy axavruv Zéluv,.. dedfhurer AprororéAme Ev ‘A6. m., Harpocr. et Phot, (mème texte avec des variantes insignifiantes), s. v. irréc’ ‘’ApiororéAnc d'êv A6. x. éyoiv dre ZéAuv eiç rérrapa dueie réAm rd x 900ç rov 'Abyvaiuvy ra.

cette petite phrase disant que les classes existaient avant Solon. On pourrait conclure qu’elle ne se trouvait pas dans les textes qu’ils avaient sous les yeux. Mais il y a d’autre part chez ces mêmes lexicographes des erreurs si manifestes qu’on ne peut se fier à leur témoignage‘. Nous n’avons aucun moyen de vérifier si nos soupçons sont fondés et nous en sommes réduits à mettre de côté le témoignage si équivoque d’Aristote. Il ressort cependant une chose de tout cela, c’est qu’à son époque il n’existait aucune loi de Solon à ce sujet, et qu’on ignorait complètement l’origine de ces classes®. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que là plupart des gens, au quatrième siècle et plus tard, en aient attribué l’organisation à Solon, puisqu’on lui attribuait tout ; ainsi Plutarque* et certains lexicographes #. D’autres sont trop peu précis pour qu’on puisse en tirer quelque lumière, où même ne mentionnent pas du tout Solon.

Puisque nous n'avons pas de témoignages sûrs qui nous permettent d'établir exactement l’origine de ces classes, il nous faut examiner leurs noms et rechercher les conditions qui leur ont permis de se former. En faisant cette étude, la plupart des

! Phot., s. v. ixréc (autre article que le précédent), Zéwr roùc vôpovc ‘’Aônvalois ypévas els mévre réÂn ro nav xÀÿ00c airov duérafe xei Tèv karû Tàc ovelas rumuéruv' ka Tà npwrTov ovôpage reyrakociopediuvwr.. Tù TÉ“RTOovY Ixmûc ékaleïiro. Suidas donne un texte analogue. — Il n’y a pas une erreur, mais une simple maladresse dans le texte suivant : Phot., s. vw. Sevyozor…. à éréâes à Geuyirns” roeic dÈ ré£euc ‘AGnvnorv haav” reyraxoosouédiuvos, iraaiç, ol inréda Telodvres Kai Tà Oyruxéy. roeis veut évidemment dire : frois outre les seugites dont il est question.

8 Busolt, IL?, p. 47 n°. R faut remarquer spécialement les diverses explications que l’on donnait du mot irxeic : "46. *., VII, 4.

3 Plut., Sol. 18.

4 Harpocration, Photius et Suidas, voir plus haut, p. 225 n° et 296 n!; de même: Phot., s. v. revrakocrouéomvov. Suid., s. v. ëk ris u4Tur.

$ Hésych., s. vu. Ex riuquérTov" Gcfonro yèp # roAreia «arà Léiuva eïç réooapa. De méme, s. v. iræéç et Cevyloiov. Harpocr., s. v. Grec rai Omruwxév. Phot., s. v. Oyrebc. Suidas, de même; Poll., VHL 1a9 ss.; Schol. Aristoph., Equites, v. 621.

historiens modernes sont arrivés à cette conclusion que les classes sont antérieures à Solon qui les trouva tout organisées. Voici leurs raisons auxquelles je me range tout à fait.

Les noms des classes sont des désignations populaires!, appliquées dès la plus haute antiquité aux catégories d’individus qui composaient l'Etat primitif : les frxsts sont naturellement les seigneurs, qui combattent sur des chars? ou vont à la guerre à cheval®; les Ceuyiræ sont des paysans aisés qui possèdent un attelage de mules, de bœufs ou de chevaux {. La classe des 0ÿres, c’est le bas peuple, pauvre, mais d’origine libre $. Le nom de la classe des zevraxootopéôtuvor a une origine semblable; c’est une dénomination populaire servant à désigner les riches. Comme le mot l’indique, il s’appliquait d’abord aux propriétaires dont les champs rapportaient 500 médimnes de blé ou d'orge; s'il s'était agi de produits liquides, huile ou vin, on aurait fait un composé du mot pereneÿs T. Plus tard on tint compte des deux sortes de produits, solides et liquidesf; cette transformation date du septième

1 Rusolt, Il, p. 182 nÿ.

? W. Helbig, Mélanges Nicole, p. 234 ss, qui cite plusieurs passages de l'Hiade où le mot irroç a le sens de cheval attelé à nn char de guerre, non cœlui de cheval de selle : Hiede, I, v. 113, 327; V, v. 19, 19, 115, 163, 997, 249. 255, 328; VII, v. 15, 16; VIH, 128; XI, v. 717-752; etc.

3 L’aristocratie est toujours et partout en rapport étroit avec la cavalerie : Aristt., Pol., 12B09b 35 ss., 12976 17 ss., 13214 7 ss.; Hérodt., VI, 103, 122, 126; Xénoph., Hsr., XI, 5; Guiraud. Prapr. fonc., p. 1a1 ss.; J. Burckhardt, 1, D. 170 ss.

4 Ce mot ne signifie pas : qui possede du bétail, ou qui combat au même rang dans la bataille, comme le dit Plutarque, Pel., 25; c’est là un emploi très postérieur : Bœckh, Saafshausk., [, p. 579, 580; Busolt, Il?, p. 183 en note.

$ Voir plus haut, p. 92 n'.

6 s0o0o veut dire énormément dans le langage populaire, cf. Aristoph., Eccles., v. 1007. revrakociouédiuvoc avait ainsi pour les Grecs, — toute proportion gardée, — le même sens que notre expression : ## vwillionnaire ! Busolt, loc. cit.

T1 Keil, p. 69; Busolt, Loc. cit.

8 "40. x., VI, 4; Plut., Sol., 18; Poll., VIII, 130.

siècle, époque où la culture de l'olivier se développe en Attique. Cela déjà prouve que toute cette organisation est antérieure à Solon. Ce n’est pas là un progrès démocratique !, puisque la culture de l'olivier exige une surface beaucoup plus grande*, quoique des frais moindres, que celle des céréales. La cause de ce changement est plus simple : lorsque l’huile fut devenue une production importante, les Eupatrides eurent intérêt à la porter en compte à côté des céréales. Nous constatons en outre un fait des plus intéressants : ce ne sont pas les chevaliers qui occupent le premier rang, ce sont les pentacosiomédimnes *. À un moment que nous ne pouvons déterminer, il s’est produit une modification dans les rangs de cette aristocratie de propriétaires fonciers # : il n’y avait d’abord qu’une classe, les chevaliers, à la fois nobles et riches; elle s’est scindée en deux: les plus riches ont pris la première place, et se sont partagé les principales charges. Ils ont laissé en dessous d’eux les autres nobles dont les revenus étaient moindres. C’est sans doute à ce moment aussi que s’est établie la gradation suivant la production, telle que nous la connaissons. Elle s’est formée évidemment à une époque où l’agriculture seule jouait un rôle dans la vie économique. Aussi ne peut-on attribuer à Solon cette transformation. De plus, nous le voyons attaquer si vivement les riches 5, qu’on ne comprendrait pas qu’il leur eût ensuite procuré des avantages aussi considérables 6. Nulle part il ne dit qu’il ait augmenté leur pouvoir; il ne s’est pas montré leur ennemi, c’est vrai, mais il leur a imposé la modération ; il ne l’a certainement pas

1 Comme le pense M. Keil, loc. cit.

3 Voir plus haut, p. 222.

3 Busolt, IL?, p. 187.

4 Voir plus haut, p. 86.

$ Voir plus haut, ch. IV.

6 Wilamowitz, Arts, u. Ath. Il, p. 103; Busolt, loc. cit.; de Sanctis, P. 224.

140, r., XI], rets.

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fait en les distinguant de leurs pairs, en leur donnant la prépondérance dans le gouvernement.

On voit donc que lorsque Solon fit ses réformes, il trouva cette organisation déjà préexistante !. Nous croyons de plus qu’il n’a apporté aucune modification dans le recrutement des classes censitaires.

On a souvent pensé que Solon avait fait entrer dans ces classes les riches industriels et les grands commerçants qui n'étaient pas propriétaires fonciers. Ce serait là, certes, une réforme des plus importantes et des plus démocratiques; à Pancienne oligarchie qui se recrutait par la naissance dans Pancienne noblesse de sang, Solon avait fait succéder une timocralie, c’est-à-dire un régime où la naissance et les aïeux ne jouent plus aucun rôle, où le pouvoir est entre les mains de ceux qu’une chance ou une habileté particulière, ou encore un travail acharné, ont comblé de biens, quelle que soit leur origine, quel qu’ait été primitivement leur rang dans l'échelle sociale des citoyens. Au moment où le commerce et l’industrie allaient, sous l’impulsion même de Solon, se développer à Athènes, une mesure pareïlle aurait été grave; elle aurait enlevé, sinon en fait, puisque le commerce appartenait encore en grande partie à la noblesse, du moins en droit, la prééminence politique à la classe qui l’avait eue jusque-là; cela aurait permis au premier venu d’arriver aux honneurs, pourvu qu’il fût riche. La carrière aurait été largement ouverte à tous ceux qui auraient voulu s’y lancer.

Voici les raisons qui ont poussé certains historiens à

1 C’est l'opinion de MM. Gomperz, p. 40; M. Fränkel, Rhein. Mus., XLVII (1892), p. 480; Keil, p. 69; de Wilamowitz-Mœællendorf, Arisit. u. Ath., II, p. 52; Busolt, Il, p. 182; de Sanctis, loc. cit. Au contraire, les auteurs suivants se prononcent pour l'institution des classes par Solon : Grote, Il, p- 319 ss.; Büchsenschütz, p. 269; Curtius, [6, p. 320; Pæœhimann, Grundriss, p. 387; Ed. Meyer, Gesch. des Alterith, 11, $ 407, p. 654; Cauer, Parteien u. Politik., p. 66 et Hat Aristoteles u. s. w., p. 72; Guiraud, Propr. fonc, P. 525; Beloch, Gr. Gesch., 1, p. 311 et 324; Clerc, p. 334; etc.

admettre une réforme de ce genre : d’abord le développement du commerce et de l’industrie au septième siècle, qui avait donné une importance toute nouvelle au capital mobilier; ensuite la victoire que largent remporte comme monnaie de compte sur les produits naturels du solt; enfin l’arrivée au pouvoir en 580 de deux représentants de la classe industrielle?.

De très fortes objections peuvent être présentées à ces arguments. En premier lieu, il nous faut remarquer que l’antiquité ne nous a laissé, directement ou indirectement, aucun témoignage d’une transformation de ce genre attribuée à Solon. On ne trouve même pas une seule allusion à un fait semblable chez les historiens anciens; cela vaut la peine d’être noté. Bien au contraire, Aristote déclare nettement que seule la propriété foncière comptait dans l’établissement du cens : « Le pentacosiommédimne est, dit-il $, celui qui tire de sa terre en tout $00 mesures de produits solides et liquides. » Plus loin *, lorsqu'il énumère les réformes démocratiques de Solon, il ne cite pas celle qui aurait consisté à mettre sur le même pied la propriété foncière et la propriété mobilière; c’est preuve qu’il ne la connaissait pas. Il semble donc attesté que dans l'antiquité, loin d’avoir connaissance d’une telle réforme, on était persuadé du contraire Ÿ.

En effet, pour autant que nous le savons, Pantiquité n’a

1 Pœhlmann, Grundriss, p. 388; Ed. Meyer, Gesch. des Alterth., Il, & 407 p. 655 ss.

3 "40. —x., XIII, 2; Keil, p. 68.

440, n., VII, 4: Os àv Ex Thc oixelas moy mevrakécia uéroa Tà ouväuÿw Enpè «ai typé.

4 "A0. x., ch. IX et X.

5 Par ex. : un scholiaste dit, à propos d’Aristophane, Eguites, v. 6a7 : eiç Toia yàp uéon Toralauùv rüv 'Aômvaluv difonro à doc, elç Te Toùç revraxkootopediuvouc kalovuévovc, oùç dià Tù yewoyeïv rooaÿra pérpa obruc bvôpaloy, Kai roùç inréaç ka roùç Oÿraç” ol Lèv obv mevranooiouédumuvos #aay ebropos” où Gè inmreis mrrov uèy roy evranoctouedluvuv, uéyor Oè Tov T éyebpgyouv uéTEUv «TA. Ilest vrai que l'autorité de ce texte est singulièrement affaiblie par l'erreur qu'il contient au début sur le nombre des classes.

Les

jamais considéré comme base politique une fortune qui ne fût pas foncière. On pensait que celui qui n’avait pas part au sol de la patrie, qui ne risquait pas la dévastation de ses champs et de son foyer en cas de guerre, h’avait pas grand intérêt à la défense de l'Etat‘. Le propriétaire de biens fonds était regardé comme lié plus intimement à la cité par la permanence même de son habitation, par les souvenirs et les cultes qui s’attachaient à son foyer et au tombeau de ses ancêtres, par son esprit de prudence et son caractère conservateur et sûr. Le commerce et l’industrie avaient, à l'époque d’Aristote, pris une importance et un développement bien autres qu’au début du sixième siècle. C’était une force avec laquelle il fallait compter. Néanmoins Aristote, qui le sentait bien et qui n’était pas un conservateur bien acharné, appelle la meilleure démocratie celle où les classes qui possèdent le sol ont la prépondérance. Cette opinion, si fréquente chez les esprits les plus éclairés du quatrième siècle, a persisté jusqu’à une époque très proche de la nôtre $; à plus forte raison devait-elle être très généralement admise à celle de Solon. L Dans le cas particulier, nous pouvons repreridre un argument dont nous venons de nous servir #: on ne comprendrait

{ Aristt., Pol., 13304 15, estime que chaque citoyen devrait avoir un lot de terres sur la frontière et un autre au centre du pays, afin que le danger soit égal pour tous ; le citoyen devait donc posséder au moins un lot.

2 Jbid., 1318b 9 : H£éAreoroc yàp duos 6 yewpyixôç Éorev «TA. Cf. 13204 35 ss., où il engage les riches, s'ils veulent éviter des troubles, à empêcher que la foule ne devienne trop pauvre et à acheter pour les pauvres un petit domaine ou, à ce défaut, un fonds de commerce.

3 « L’intéret terrien a seul le droit d’étre représenté ; quant à la canaille qui n’a que des biens meubles, quelle prise la nation a-t-elle sur elle?» disait dans son résumé au jury le lord-justice Clerk à la Haute-Cour de justice d’Edimbourg en 1793. Ch. Benoist, Rev. des Deux-Mondes, 1“ avril 1904, P. 532 Jusqu'en 1892, le droit éleetoral était en Angleterre intimément associé à la propriété foncière; sbid., p. 535. — On sait que dans notre pays, tant que dura le système censitaire, on exigea un cens double des citoyens, électeurs ou éligibles, qui n'étaient pas propriétaires fonciers.

4 Voir plus haut, p. 228.

pas très bien pourquoi Solon aurait favorisé la fortune en permettant à de riches commerçants d’avoir une influence considérable dans l'Etat; c'était déjà beaucoup qu’il laissât le pouvoir aux riches qui le possédaient; il ne voulait augmenter ni leur nombre ni leur puissance.

La seule preuve qu’on puisse donner du triomphe de l'argent comme monnaie de compte sur les produits en nature est la Joi attribuée à Solon par Plutarque, d’après laquelle on aurait estimé pour les sacrifices un médimne égal à une drachmef. Or, Plutarque dit qu’il s’agit des sacrifices et non des classes censitaires. Nous savons ce qu’il faut penser en général des lois citées par Plutarque ; nous nous rappelons de plus que les lois attribuées à Solon sur les sacrifices, sont justement celles que l’on accusait le scribe Nicomachos d’avoir falsifiées ?, Il semble donc imprudent de se baser sur un passage ‘aussi douteux et surtout de le rapprocher de faits auxquels il ne se rapporte pas.

Je ne crois pas non plus que l’on puisse s'appuyer sur l’arrivée au pouvoir de deux démiurges en 580. On était en temps de révolution, où l’on se sert de moyens extraordinaires; de plus nous ne savons pas exactement ce qu’étaient ces deux représentants; je constate qu’il y a d’une part cinq Eupatrides, de l’autre trois paysans et deux dymmovprot; on peut se demander si nous n'avons pas là les représentants de la plèbe, délivrée par Solon, mais déçue dans ses espoirs chimériques. On aurait tenté sans succès une conciliation en donnant le même nombre de représentants à l’oligarchie et au peuple. Celui-ci était représenté par trois mandataires des petits propriétaires et par deux mandataires des citoyens non propriétaires, des artisans, des gens qui gagnaient leur vie dans les petits métiers $. Ce serait justement les dyuovoyot dont il est question ici.

E Plut., Sol., 23 : eiç pév ye Tà rufuara Tüv Ovouv ZoyiSerar rp6Barov xai Cpaxuÿv &vri ueôiuvos. — Il n’est pas question ici des classes censitaires. 2 Voir plus haut, p. 45.

3 En tous cas, il faut se garder d'y voir de grands industriels ou de grands commerçants. — Je signale en passant une hypothèse, admissible, de

Nous avons déjà eu l’occasion ! de remarquer que le développement du commerce et de lindustrie s’était fait essentiellement au profit de laristocratie régnante. Il y avait sans doute aussi des marchands étrangers; Solon ne peut pas les avoir introduits dans les classes censitaires; si à côté d’eux il y avait quelques citoyens enrichis, maïs appartenant par leur origine à une classe inférieure, ce qui est possible, le cas ne devait pas être assez fréquent pour amener une modification à la règle générale. Le capital mobilier était encore pour la plus grande partie dans les mêmes mains que le capital foncier; il ne peut être déjà question de rivalité entre les deux, et on ne peut guère se figurer à cette époque un capital formé uniquement de valeurs commerciales et industrielles.

Solon n’a donc rien modifié? directement au mode de re-

crutement des classes censitaires; mais celles-ci ont subi le contre-coup de ses autres réformes. D’abord la réforme des mesures eut pour résultat, comme nous aurons l’occasion de le voir plus loin $, d’abaisser le cens de chaque classe dans une proportion sensible #.

M. Holzapfel, Ber liner Studien, 1888, p. 13 : Damasias se serait appuyé sur la plèbe ; l'arrivée au pouvoir après lui de deux démiurges serait une preuve de l’importance grandissante de cette classe, à laquelle on est obligé de faire des concessions.

1 Voir plus haut, ch. V.

3 M. O. Seeck, X/10, IV, p. 309 ss., se basant sur la constitution de Dracon, qu’il admet, où l’on rencontre déjà les classes censitaires, déclare que Solon a modifié les classes qu'il avait trouvées, dans un sens tout opposé à celui que nous avons discuté jusqu'ici : tandis que Dracon, progressiste, mettait les biens meubles et les biens immobiliers sur le même pied, Solon supprima l'accès aux classes élevées pour ceux qui possédaient les premiers, ne l’accordant qu'aux propriétaires fonciers : « Seine Neuerungen (dit-il, p. 316), waren also nicht democratisch, sondern agrarisch-reaktionnär.» Il me semble que M. Seeck s’est laissé tromper par le spectacle d’une politique contemporaine qu’il avait sous les yeux. Au reste, le fait que dans le ch. IV de l’’48. x. la fortune mobilière est traitée comme la fortune foncière, est précisément un de ceux qui rendent celui-ci si douteux.

$ Voir plus bas, ch. XVIII ad fin. 4 Busolt, II2, p. 269.

D'autre part, dès que’ l’on put vendre et acheter des terres!, Paccès à la plus haute classe, jusque-là réservé aux familles qui possédaient de grands domaines, fut ouvert à chacun, pourvu qu’il fût citoyen ©. Nous pouvons être sûrs qu’un des premiers soins du commerçant ou de l'industriel enrichi était d'acheter des terres. Il le faisait d’abord comme placement de fonds. De tels placements rapportaient moins sans douteÿ, mais étaient bien plus sûrs® que ceux que l’on pouvait faire dans le commerce ou l’industrie. Ensuite il le faisait pour ac- . quérir par là une influence politique qui était des plus utiles à la marche de ses affaires. C’est ainsi qu’il faut nous expliquer un changement de classe comme celui dont le souvenir était resté à Athènes, grâce à la statue consacrée par Anthémion pour célébrer cet heureux événement’. Enfin le parvenu athénien ne devait guère différer du parvenu moderne qui n’a rien de plus pressé que d’acheter un château, et qui cherche avant tout à se hausser au niveau de la classe sociale qu’il a eue jusqu'ici au-dessus de lui.

En résumé, on peut dire que ce sont là les seules modifications qu’ait subies l’organisation des classes censitaires; encore ne

‘ Voir plus haut, p. 178.

? Büchsenschütz, p. 269.

3 Bœckh, Séaaishausk., F, p. 178 ss. — Nous nous trouvons du reste ici en présence d’un phénomène très général et fort ancien : en Mésopotamie, aux septième et sixième siècles, l'intérêt de l'arges#f prêté varie entre le 18 et le 27 ‘0 tandis que l'intérêt d’un prêt en ferres varie entre le 11 2}, et le 13 {/; °/n ainsi que cela ressort de tablettes nombreuses que l’on peut voir au British Museum.

4 Büchsenschütz, p. 88, assure que lagrictiture, non seulement nourrissait son homme, mais encore l’enrichissait ; il se base pour cela sur des passages d’orateurs qui ont peu d'autorité, par ex. : (Démosth.], XLIL, ar : dueic d'oi yewoyoÿvrec evropeire uaÀAov } noocÿner.

5 Aristt., 40. r., VII, 4; Pollux, VIII, 1931, donne le mème distique avec une légère variante: il ne semble cependant pas l'avoir tiré directement d’Aristote. — 11 se peut que le premier pentamètre soit mutilé et qu’il faille y voir le reste d’un hexamètre : Keïl, p. 67.

sont-elles que des conséquences des autres réformes de Solon!.

Enfin Solon a-t-il modifié le but de celles-ci? On estime aujourd’hui que le but de cette organisation était essentiellement militaire et politique ?, ceci dépendant de cela. Le mot TéÂos par lequel chaque classe est désignée est une expression militaire; cette division en classes servait primitivement à la répartition des citoyens entre les divers corps de troupes et à l’établissement de leurs prestations respectives. On les employait encore dans ce but à l’époque des guerres du Péloponnèse #. Il est bien compréhensible que la répartition des droits politiques ait marché de pair avec celle des charges militaires, il est tout naturel que l’on n'ait attaché aucun droit

‘politique à la classe inférieure qui ne fournissait que des valets

d'armée et des troupes incomplètement équipées, qu’on ait tenu plus de compte des paysans aisés qui pouvaient se procurer une armure complète et qui formaient le gros de linfanterie, plus encore de ceux qui combattaient sur des chars ou servaient à cheval5. Le caractère politique de cette institution, déjà très marqué à l’époque de Solon, augmenta au détriment du caractère militaire primitif.

Plusieurs savants admettent que Solon imprima à cette organisation un cachet fiscal, et qu'il fit des classes déjà existantes une base d’imposition. Ils s’appuyent pour cela : d’abord sur le sens même du mot régmua qui s’applique à ce système de division, et auquel Boeckh 7 donne le sens de capital impo-

1 C'est l'opinion de MM. J. Burckhardt, I, p. 218; Busolt, Il, p. 268 ; Francotte, II, p. 315.

2 Bœckh, Siaaishausk., 13, p. 584; Curtius, K, p. 322.

3 Ed. Meyer, Gesth. des Alterth., I, $ 407, p. 653; cf. ltade, XI, v. 790; ZX, v. 56, 470, etc. ; Hérodt., 1, 103; Thuc., IE, 22.

4 Thuc., IH, 16. Beloch, Die Bevôülkerung, p. 16.

5 Aristt., Pol., 19214 7 ss.

6 Bœckh, Sfaa/shaush., F, p. 586 ss.; Ed. Meyer, Gesch. des Alierth., 1], $ 407, p. 654 ss.

7 Bœckh, loc. cit.

sable (Steuerkapital), alors qu’il ne signifie que estimation de valeur, c’est-à-dire de la fortune, ensuite sur un passage assez compliqué de Pollux', où Solon n’est du reste pas nommé. D’après Pollux, les membres de la première classe auraient payé au trésor public un talent, ceux de la seconde un demitalent, ceux de la troisième dix mines, ceux de la quatrième rien du tout.

Voici comment Boeckh?, qui attribue l'invention de ce système d'impôt à Solon, explique ce texte : ces sommes de un talent, un demi-talent, et dix mines, fixées respectivement pour chaque classe, ne peuvent être le montant d’une liturgie # : l’Etat règle la prestation, et non le chiffre exact de la dépense; de plus, c’eût été un chiffre bien élevé pour époque de Solon; la même raison empêche d’y voir un impôt

1 Poll., VIII, 129-130: riumuara d'ÿv rérrapa revrakocuwuediuvuv, irréuv, Gevycrav, Omrexov. ol pËv Ëk rod uéroa dyoù Kai Ençpà roueiv xAnOËvrec, av4Auokov d'eic Td Cnuôaiov TéAavyrov' ol dè Tv irméda reloïvrec, ëk uèv Toù Otrvaoôai Toégerv irrovç nekAÿoËas doxobatv” éroiovv Oè uéroa Toeakboia, àvhAasonov CÈ nuarTéAavrov ol OË rù Gevyiouov Telobvrec, àrd duanociuy uérpwy KaTeÂËyovro ävauorov OË uvaç Céka ” ol €è rà Onrixdv oùdeuiav àpyÿv gexov oùdè avfluokov ovOéy. |

? Bœckh, Sfaatshaush., 13, p. 587 ss.

$ Nous ignorons la date de l'institution des /Æfurgies. On sait que Thémis- tocle imposait déjà aux riches la triérarchie. Un texte, d’une valeur très secondaire, prétend que la chorégie, la triérarchie, etc., existaient déjà sous Hippias : [Aristt.], ÆEcon., Il, 1347a 11 ss.: boor re Tounpapxeir évAapxeiv à xop7yeiv ÿ Teva eiç érépav Aesrovpyiav rouabryv ÿuelÂov damaväv, Tlumua Taëas pérocov ExéAevce (sc. ‘Irriaç) Tv BovAbuevoy àarorioavra roùro éyyo4peoüas eiç Toùs AeAecrovpyyréTas. (Ainsi le tyran se faisait de l'argent.) Un discours, sans valeur comme source historique, [Démosth.], XLIL, 1, dit: ZéAuw Te vouoBerThoavre Tv mepi Twv avridéceur vôuov krA., d’où il résulterait que Solon a aussi institué les liturgies. Se basant sur ce passage, Bœckh, Sfaaishaush., PF, p. 536 ss. et 673, attribuait à Solon l’organisation des liturgies ; M. Fränkel, dans une note à la page 536 de ce même ouvrage, conteste à juste titre l’autorité du passage du discours attribué à Démosthène. La plupart des historiens admettent cependant que les liturgies existaient déjà à l'époque de Solon: Ed. Meyer, Gesch. des Alterth., II, $ 407, p. 655 ; Busolt, Il?, p. 271; de Sanctis, p. 235. Il vaut mieux, me semble-til, laisser la chose dans le doute, étant donné l’absence de source sérieuse.

extraordinaire, qui du reste ne peut être fixé d'avance. D'autre part, ce n’est pas non plus un impôt ordinaire; celui-ci n’existait pas à l’époque de Solon, puisqu’on se partageait encore le produit des mines au début du cinquième siècle, et puisque les termes dont se sert Thucydide à propos d’une levée d’impôt en 428-427 montrent que c’était une chose exceptionnelle‘; de même il n’est dit nulle part que le paiement d’un impôt ait été une des conditions exigées pour appartenir à lune ou lautre des classes censitaires®. Il faut donc comprendre Pollux autrement, et admettre qu'avec la répartition des citoyens en quatre classes on a aussi fixé une norme d’après laquelle on lèverait, le cas échéant, un impôt extraordinaire. Pour établir cette base d'impôt, Solon aurait considéré le revenu de chaque classe comme le produit d’un capital foncier; il aurait capitalisé celui-ci au taux de 8 1/3 ‘/o, en tenant compte du rapport d'égalité qu’il y avait entre le médimne et la drachme*. Ainsi soo médimnes valent soo drachmes, qui capitalisées au 8 1/3 °/,, soit multipliées par 12 donnent 6000 drachmes, soit 1 talent; la même opération donnerait pour les deux autres classes 3600 drachmes et 1800 drachmes #. Mais Solon était démocrate et ami des classes inférieures. Il institua donc une sorte de dégrèvement des revenus

1 Thuc., Ill, 19 : ol ‘Aôyvaior .…. éceveykôvrec TÔre xpürov éogopér. On interprète généralement le mot xpwroy dans un sens absolu : Classen, note à ce passage ; Bæckh, Sfaatshaush., l, p. 556. On pourrait entendre aussi /a premiere fois pendant la guerre. On connaît un décret : Z. G., I, 25, malheureusement en mauvais état, qui se rapporte à une eicoopé antérieure peut-être à celle dont parle Thucydide : Ed. Meyer, Gesch. des Alterth., Il, $ 407, p. 655.

3 Bœckh, Sfaatshaush., 13, p. 584, fait remarquer que jamais les mots: reheiv irréda, Cevyloioy, Onrexév, n’ont signifié payer le cens d'une de ces classes, mais toujours : appartenir à une classe.

4 Plut., Sof., 23; voir plus haut, p. 232 n!.

4 Bæœckh, Staatshaush., 13, p. 581, se basant sur Démosthène, XLIII, 54 (voir plus haut, p. 221 n6), fixe, par erreur, à 150 médimnes le chiffre de la production du zeugite. Pollux, /oc. cif., donne le chiffre habituel : 200 médimnes.

inférieurs, et ne tint compte pour les chevaliers et les zeugites que d’une partie de leur fortune; il taxa les premiers à 3000 drachmes, les seconds à 1000 seulement. La même proportion est maintenue à lintérieur de chaque classe. On obtient ainsi une base d'impôt calculée de telle sorte que les membres de la première classe payent sur la totalité de leur fortune, ceux de la seconde sur les 5/6 de celle-ci, ceux de la troisième sur les 5/9.

H n’est pas possible d’attribuer à Solon ce système ingénieux, beaucoup trop compliqué pour une époque où la vie économique débutait, et que du reste Pollux ne lui attribue pas. De plus nous ignorons la source d’où celui-ci l’a tiré; son témoignage est unique et linterprétation de Bœckh est, à juste titre, très contestée ©. |

Parmi les historiens modernes, M. Ed. Meyer! par exemple, qui attribue à Solon la création des classes censitaires, pense aussi que Solon, dans son organisation, prévoyait l’établissement d'impôts extraordinaires auxquels il voulait donner une base; il admet que les chiffres indiqués pour chaque classe doivent être mis en rapport avec l'impôt qui pouvait être payé éventuellement, bien plutôt qu'avec la fortune des individus. Nous ne connaissons guère de faits à l'appui de cette hypothèse; il est vrai que nous n’en avons guère non plus à lui opposer. On peut dire seulement que les circonstances qui pouvaient mettre l'Etat dans la nécessité de lever un impôt étaient excessivement rares; la guerre était pour l'Etat la seule occasion de dépenses, encore celle-ci ne coûtaitelle alors pas grand’chose, à moins qu’elle ne fût désastreuse, puisque les citoyens servaient gratuitement et fournissajent eux-mêmes leurs armes *. Nous ne voyons pas bien les raisons

1 Guiraud, Propr. fonc., p. 519; Busolt, Il, p 269 n°. ? Ed. Meyer, Gesch. des Alterth., V, $ 407, p. 654.

4 [bid., p. 655 ss.

4 Bœckh, Sfaatshaush., L°, p. 555.

qui auraient pu amener Solon à prendre des mesures dont l'application était si exceptionnelle. Ensuite il semble que impôt, aussi bien la contribution extraordinaire que limpôt régulier levé plus tard par les tyrans!, à été tout d’abord prélevé en nature sous forme de dimes? ou de vingtièmes5. Il est assez probable que si Pisistrate employa ce système qui pesait également sur les riches et sur les pauvres, c’est qu'il n’en existait pas d’autres avant lui; il aurait certainement conservé de préférence la base d’impôt que Bœckh attribue à Solon. Cela aurait déchargé les pauvres qu’il favorisait et pesé plus lourdement sur les autres classes qui lui étaient plutôt hostiles !. Tant que nous n’avons pas de textes plus précis et plus sûrs, je ne saurais me rallier à cette hypothèse.

Nous pouvons donc dire, pour conclure, que Solon trouva les classes déjà organisées, qu’il n’y apporta aucune modification, si ce n’est celles qui résuitaient de ses autres réformes, qu’il leur laissa leur mode de recrutement, leur but et leur caractère anciens. Il est donc exagéré de dire qu’il a institué la timocratie, puisqu'il la trouvait déjà établie à Athènes; par ses réformes des conditions de la propriété, il a simplement accéléré la transformation qui avait déjà commencé et qui devait faire passer le pouvoir de l'aristocratie de sang à une noblesse d'argent. Le développement économique où Solon eut une part qu’il nous reste à examiner allait bien vite affaiblir la portée de cette institution qui n’était en elle-même ni oligarchique ni très démocratique 5. L’accroissement de la prospérité

1 C’est une règle presque générale dans l'antiquité grecque que les tyrans se voient obligés de lever des impôts pour payer leurs constructions ou les corps de troupes chargés de la garde de leur personne : Aristt., Pol., 1913b 18 s8.: rai rù révyrac roseiv roùç gp yonévovc Tupavvinér.… Kai # elopopà Tùv TeAüv.

2740. x., XVI, 4.

3 Thuc., VI, 54.

4 Guiraud, Propr. fouc., p. 520.

5 Aristt., Pol., 1ag16 98 ss. : £v uèv oùv eidoç émuoxpariac Tobro, rà ràç &pxàs arù rumuérer eivu, fPoaxkov dÈ Tobrov üvruv. 1a92a 39 ss. : dAryapxias OÀ eidy

générale, le développement du commerce et de l’industrie, le remplacement, nous ne savons à quelle époque, de l’estimation du rapport de la propriété par celle du revenu en argent équivalent !, l’abaissement graduel du pouvoir d’achat de la monpaie *, diminuèrent de plus en plus les degrés qui séparaient les classes *. Le nombre des citoyens qui entraient dans les premières classes augmenta considérablement ; le mouvement ascendant de la démocratie fit qu’on leur enleva la plus grande partie de leurs prérogatives. Il arriva ainsi qu’au quatrième siècle, avec ce respect conservateur de la forme que l’on retrouve souvent en Grèce, on avait gardé à Athènes les classes censitaires, tout en faisant comme si elles n’existaient pas. Le citoyen qui appartenait à la dernière ne pouvait pas en droit arriver à certaines charges; il les occupait néanmoins en fait, sans qu’on s’inquiétât de cette apparente illégalité. *

Pendant que nous en sommes à nous occuper de la condition sociale des individus, il convient d’examiner la loi sur la naturalisation que Plutarque attribue à Solon, quoique sa va-

êv pËv rù Gr riumuâruy eivas Tàç àpyaç TyAsobruv Gore Toùç àrépovc u? peréxeuv melovc bvraç «TA. 1317 22 (énumération d’une série de mesures démocratiques) : Tr w7 àro Tiumuaroç uyoevdc eivar TAG GPYÛS } ÔTL JUKÇOTATOL.

1 Busolt, Il?, p. 269.

% Bæœckh, S'aafshaush., 13, p. 6, estime qu’à l'époque de Démosthène l’argent valait cinq fois moins qu’à l’époque de Solon; il ne donne pas de preuves de ce chiffre. M. Keil, p. 68, fait une constatation analogue, qui semble juste, quoique la source qu'il cite (Démosth.], XLII, 40) ne soit pas de premier ordre.

3 Aristt, Pol., 1306b 9 ss. : rolAënuç yàp Tù ray0èv rowToy rTéumua Teùc Toèc Tapôvras Kapobç,.… eberypias yivou£vnc di” elphymv % di” Am Tuvà evruxlav, ovufaive rolAarAaoiov ylveo@ar riufuaroc à£lac Trac airàç Kkrhoels, bore mévrac révruv peréyerv KTA. 1308a 35 ss.: moùc OÈ Tv Là Tà TUUMLATA yivouÉPYY jETa- Boñfv….. drav avuBaivn roùro pevovruy uèv Tav abrov riumu4Tuy ebropiac dè voulouarog ytvouévrc KTA.

4 "40. +., VII, 4 ad fin.; XLVIL, 1.

5 Plut., Sol., 24 : rapéye d° aropiay Kai 8 ruv éfuororuv vôuoc, 07e yevéo- Oar rolirai où didwor (sc. ZéAuv) mAÿy Trois pebyovorv aecpuyig Tv éaurov Ÿ raveoriotc "A0#vaie jserouxiSopévoig Ëri Téyvn. roro dè moufoai baorv abrdv oÙùx

leur intrinsèque fût l’objet de critiques assez vives; cette loi ne permettait de naturaliser que ceux-là seuls qui auraient été bannis de leur cité ou qui se seraient transportés à Athènes avec toute leur famille pour y exercer leur métier. Ceux qui prenaient la défense de cette mesure disaient que Solon avait le désir d’attirer par ce moyen à Athènes des familles ou des individus disposés à s’y fixer définitivement, soit parce qu’ils avaient été forcés de quitter leur patrie, soit parce qu’ils Pavaient fait délibérément et en connaissance de cause. Solon aurait donc eu pour but d’éviter qu’on ne naturalisât'des gens qui auraient été séduits par le charme de la vie à Athènes et auraient voulu s’en faire recevoir citoyens à la légère et par caprice. Il est fàcheux que Plutarque ne nous donne pas la source d’où il tire ce renseignement. Cette loi n’a rien en elle-même qui nous empêche de l’attribuer à Solon, sinon le mot dyuoxoëmros qui signifie nouveau ciloyen et semble s’être formé après l'institution des dèmes. En outre les motifs que Plutarque donne pour expliquer la loi ne portent guère un cachet d’antiquité et sentent bien la ‘rhétorique. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que la loi n’est ni dans l'esprit du cinquième siècle, ni dans celui du quatrième‘. Mais il ne nous est pas possible de dire si c’est une mesure prise par Solon pour favoriser le développement du commerce à Athènes, ou si nous nous trouvons en présence d’une invention tardive ?.

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1 Voir plus haut, p. 217 ss.

3 M. Clerc, p. 332 et 333, n’admet pas qu'il s'agisse de naturalisations: il s’agit simplement « d’une hospitalité largement offerte ». Je ne suis pas de cet avis. Si la loi est authentique, elle ne peut être comprise que dans le sens d’une naturalisation complète, avec collation des droits politiques ; si l'on croit cette mesure impossible à cette époque, il faut alors déclarer la loi inauthentique. e

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