‹ Quelques réformes de Solon. Essai de critique historiqueChapitre 32 sur 65 · r., X, à, voir plus haut, p. 24a n · texte numérisé non relu

r., X, à, voir plus haut, p. 24a n

5 Six, MNumism. Chron., XV (1895), p. 178.

6 [Aristt.], Econ., IL, 1347a 8 ss: … ‘Inrias… T6 Te véyuoua … Tù dv ‘Aômvaloic acékiuoy éroinoe, Tafaçs GÈ ruuÿv êkéAevoe moùdç abrdv àvakouiserv " ovveA0évTur CÈ Emi TO kOyÿra Erepor yapaxripa, éfééure Tà air àpyvptov.

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M. Babelon! va plus loin encore. Il pense qu’Athènes a frappé avant Solon une monnaie euboïque faible de même poids que celle de l’époque classique, et que la réforme de Solon a consisté à doubler cet étalon qui fut ensuite ramené à son poids normal par Hippias. Les numismates sont loin d’être d'accord avec M. Babelon sur la date que l’on doit assigner aux premières monnaies athéniennes; la plupart les estiment postérieures à Solon?; cela nous dispense de discuter plus avant l'hypothèse de M. Babelon. Il y à là une question de numismatique des plus compliquées que nous devons laisser trancher à des hommes compétents.

L'hypothèse de M. Six serait beaucoup plus probable. Cependant, il faut remarquer que le fait que les poids étaient sur un étalon double est une indication, non une preuve, qu’il en fut de même des monnaies. À une époque ancienne où f'argent était rare, on avait intérêt à avoir une monnaie de faible poids; on n’avait pas les mêmes raisons pour affaiblir l'unité de poids. Les textes que l’on peut citer à l’appui de cette hypothèse sont d’une valeur secondaire; la phrase d’Aristote n’est pas absolument sûre; le sens d’un texte de Philochoros!, que lon pourrait citer aussi, est très douteux; et surtout la source la plus considérable, le passage des Economiques, attribués à Aristote, mais qui ne sont certainement pas de lui, est diver-

1 E. Babelon, Les origines de la monnaie à Athènes, p. 10 ss.

3 M. Babelon est, à ma connaissance, seul de son avis, avec M. O. Seeck, Klio, IV (1904), p. 176 ss. (voir plus haut, p. 244 n°), qui reconnait lui-même combien sont fragiles les motifs tirés du style des monnaies pour fixer la date de celles-ci.

8 "40. r., X, 2. Cette phrase pourrait fort bien être une glose qui se serait introduite plus tard dans le texte : on ne comprend pas bien ce que ces mots viennent faire là. Elle est en tous cas insuffisamment claire et ne peut servir de base à une hypothèse.

* Philochoros, frg. 154, voir plus haut, p. 248 nî. Cette phrase pourrait signifier que les anciens didrachmes étaient l'équivalent des nouveaux tétradrachmes; mais elle peut aussi signifier qu'autrefois la pièce de monnaie courante était le didrachme, tandis que plus tard, ce fut le tétradrachme.

sement interprété! et n’a guère d'autorité; or c’est le seul témoignage que nous ayons des réformes monétaires d’'Hippias, dont ni Hérodote, ni Thucydide, ni Aristote ne parlent. Ce texte est ici essentiel : les auteurs anciens ne mentionnent jamais ailleurs une seconde modification de l’étalon monétaire à Athènes; nous ne saurions donc à qui attribuer l’établissement du système euboïque normal, s’il était vrai que Solon ne l'ait pas établi. Il est préférable de s’en tenir à la tradition. Du moment que dans l’antiquité déjà on avait compris la réforme de Solon comme une réforme démocratique, et qu’on l’avait mise, par erreur, en rapport avec la seisachtheia®?, il faut bien qu’elle ait été susceptible d’être comprise dans ce sens. Cela n’était pas possible si elle avait consisté à porter à 8 gr. 73 l’ancienne drachme de 6 gr. o$ environ.

Comme pour la monnaie, le but de la transformation des poids et mesures était avant tout commercial; Solon, qui avait peut-être trafiqué lui-même, avait vu l'intérêt qu’il y avait à posséder un système de poids et mesures en rapport avec celui des villes conmerçantes de l'Orient.

Aristote nous assure que c’était une réforme démocratique. Il nous est difficile d'admettre qu’il ait pensé qu’en diminuant

1 Beulé, p. 15 ([Arist.], Econ., II, 1347 a 8 ss., voir plus haut, p. 236 n° et p. 256 nf): « Les Pisistratides eurent recours à tous les moyens pour se procurer de l'argent; ils vendirent les privilèges et les exemptions de charges; ils forcèrent les propriétaires qui avaient des escaliers, des portiques, des étages en saillie sur la rue à racheter le droit d’empiéter sur la voie publique. Enfin, ils frappèrent de discrédit la monnaie courante, la retirèrent de la circulation à un prix convenu, au-dessous de sa valeur sans doute ; puis, quand les Athéniens se réunirent pour établir une nouvelle monnaie, ils leur rendirent l’ancienne au taux normal; mesure tyrannique, déloyale, et d’une imprudence rare. » M. O. Seeck, Xlio, IV (1904), p. 174, conteste cette interprétation et déclare que nécessairement la monnaie remise en circulation devait être différente de l’ancienne. — Head, p. 311, traduit le mot yapaxr#p par type. Il se pourrait que ce mot ait le méme sens dans ‘40. +., X, 2.

? Voir plus haut, p. 192 ss.

3 Voir plus haut, p. 154.

les mesures on permettait au producteur de vendre au même prix une quantité moïndre, ou qu’en surchargeant les poids de 1/99 on faisait obtenir au pauvre pour le même prix une plus grande quantité du produit qu’il voulait acheter; ce serait là un raisonnement trop enfantin. La mesure était démocratique par d’autres côtés. D'abord toute mesure qui favorisait le commerce et l’industrie était démocratique : par là, en effet, une carrière s’ouvrait devant ceux que la domination des nobles avait jusqu'alors écrasés, et cette carrière était telle qu’elle promettait l’aisance et l’indépendance à ceux qui y réussiraient. Le développement du commerce et de l'industrie diminuait le nombre de ceux qui en étaient réduits à gagner leur vie au service des grands et assuraït ainsi à ceux qui y restaient un traitement plus favorable. Il se produisit en outre un résultat auquel Solon ne s'attendait peut-être pas : le commerce et l’industrie devinrent la principale occupation des Athéniens, leur marine devint puissante et, par une conséquence naturelle, Athènes marcha rapidement dans la voie des réformes démocratiques. La réforme des mesures eut aussi, nous l’avons déjà signalé!, un effet immédiat sur la composition des classes censitaires; la limite de chacune d’elles recula dans la proportion de la réduction du médimne. Ce fut surtout important pour la troisième classe. Elle ne s’était recrutée jusqu'alors que chez les propriétaires dont le revenu excédait 200 médimnes de 72 lit. 74°, soit 14 548 litres; dorénavant ceux qui produisent 200 médimnes de 51 lit. 72%, soit 10 344 litres, peuvent en faire partie. C’était à un abaissement sensible qui fit entrer dans la troisième classe un grand nombre d’individus de la classe inférieure *.

1 Voir plus haut, p. 223.

2 Chiffre donné par M. Hultsch, Mrtrol.?, p. 505, mais qui est peut-être un peu faible, voir plus haut, p. 253 n!.

3 Chiffre donné par M. Dœrpfeld, p. 306; le chiffre donné par M. Hultsch, Metrol 3, p. 108, est un peu trop élevé, voir plus haut, p. 253 n!.

4 Busolt, Il?, p. 269.

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