A4, 7., XXV
» Jbid., XXIX ss.
trième siècle! est pour beaucoup un effet des illusions que l’on avait sur le bon vieux temps; elle à sa base aussi dans la solennité religieuse avec laquelle il fonctionnait dans les affaires sacrées ou pénales qui dépendaient encore de lui.
La question de l’origine du conseil (Bouèÿ) des Quatre-Cents est tout aussi obscure. Aristote ? en attribue la création à Solon, mais n’indique pas ses compétences ; Plutarque $ est d’autant plus précis qu’il vit à une époque plus tardive. D'autre part, nous ne voyons pas trace de l’intervention du conseil pendant presque tout le sixième siècle #. La première fois que l’exis-
1 Isoc., Areop., en entier; en partic. $ 38: même les méchants qui entraient à l’Aréopage y devenaient bons! Perrot, Droit public, p. 95 ss. — Le rôle que ce corps joua en 338, après Chéronée : Lyc. I, 52, y a sans doute contribué; Busoit, Il?, p. 146 en note. — Ne serait-ce pas là l’origine de la légende rapportée par Aristote, "46. +., XXIII, 1 et Pol. 1303a 20 sur son rôle avant la bataille de Salamine ?
3 "48, »., VIII, 4: BovAÿv d° éroles (ô ZéAwv) rerpakocinuc, ékardv #5 Exéorm guAÿc. — Il faut remarquer le passage suivant (déjà cité plus haut, p. 273 n) de la Politique, 1274a 1 : êoxe dè EbAuv ékeiva uèv drépxovra modrepoy ot kara- ?dou, Tv Te BouAÿv Kai Tv Tov àpyov aipecuv….. Il y a là une erreur évidente; on ne peut admettre l'existence avant Solon d’un Consei! à moins que ce ne soit l’Aréopage. C'est évidemment l’Aréopage qu'entendait par ce mot BovA#, soit Aristote lui-même, soit sa source; nous avons vu, p. 279, que la confusion de ces termes était facile.
3 Plut., Sol. 19: devrépar roockaréveue BorAÿv amd puAñc ék4ormc, rerrTäpuv ovowv, ékarèv dudpac émuetäuevoc, nbç œooffovAeberv ëéra£e roù dfuov Kai uryôèv éav axpofobAevrov eic éknAnoiar eiopépecüa.
4 Il y a un décret: Z. G., I, 14, qui a été cité souvent à ce sujet (décret concernant Salamine, voir plus haut, p. 159 ni) ; il commence par ces mots : édoiey To uw. Kœæhler, Ath. Mitth., IX (1884), p. 123, le place entre 570 et 510; M. Busolt, Il, p. 279 nf, pense qu'il pourrait être postérieur à 510. Quoi qu'il en soit, il ne prouve rien et on ne peut s'en servir ici: même s’il est antérieur à 510, l’absence du mot Bov2# n'est pas une preuve de la nonexistence de ce corps à cette époque; nous connaissons très peu de décrets du sixième siècle ; nous ne pouvons savoir si cette omission n’était pas alors peut-être une règle (dans certains décrets du deuxième siècle, la mention du conseil manque, /. G., Il, 459, 467, etc. tandis qu'elle se trouve dans d’autres décrets à peu près contemporains, tbid., 468, 469); on a essayé de restituer à la ligne 12: érli rc forAgc, restitution du reste très douteuse
tence d’un conseil nous est signalée, c’est lors de la chute des Pisistratides; on le voit alors résister aux tentatives d’Isagoras, qui était aidé par les Lacédémoniens !. Selon toutes probabilités, il s’agit ici, non du conseil des Quatre-Cents organisé par Solon, mais du conseil des Cinq-Cents organisé par Clisthène ©. Cela a poussé quelques historiens à dire que Je conseil n’avait pas existé avant l’année 510, et que celui qu’on attribuait à Solon n’était qu’un prototype du conseil des Cing- Cents de Clisthène, et avait été construit de toutes pièces à l’image de ce dernier. Il n’est pas possible de se prononcer catégoriquement sur ce sujet; la seule chose certaine, c’est qu’au cinquième et au quatrième siècles, on était persuadé qu’il avait existé #. Sauf Aristote, les anciens qui nous parlent de la réforme de Clisthène ne citent ni son institution par celui-ci, ni sa transformation : c’était une chose toute naturelle dont il ne valait pas la peine de parler. Les historiens modernes ÿ admettent en général son existence avant Clisthène; mais ils pensent que ce conseil était une extension de l’antique
1 Hérodt., V, 72; ‘10. r., XX, 3.
3 Hérodote place nettement l'intervention du conseil après la réforme de Clisthène, dont il est question au chap. 69. Aristote traite de la réforme de Clisthene au chapitre suivant (XXI), mais il l'avait déjà mentionnée au Chap. XX, $ 1, avant de parler de l'événement qui nous occupe. Comme pour tout ce qui concerne les Pisistratides, il suit visiblement Hérodote, il faut admettre qu'ici aussi il est d'accord avec celui-ci pour attribuer cette intervention au conseil modifié par Clisthène.
3 Niese, Hist. Zeitschr., p. 65, 66.
4 Andocide, I, 111, attribue à Solon une loi ordonnant que le conseil se rassemble le lendemain des mystères. Démosthène, XXIV, 147, 148, attribue à Solon le serment du conseil ; ses membres juraient en particulier - de ne pas charger de chaines un Athénien. Dans sa forme ce serment date du cinquième siècle; cf. 49. x., XLV, 1. C’est la mème idée qui amena en 411 l'établissement du conseil des Quatre-Cents : 40. +., XXXI, 1 ; Busoit, II! p. 46 n?. — Le conseil était une institution démocratique : Aristt., Pol. 12996 32 : Bov Oymrikév. De même: 1299b 37; 13176 30 ; 13234 9.
$ Grote, Il, p. 322; Ed. Meyer, Gesch. des Alterth., Il, $ 409, p. 659 ; Busolt Il£, p. 279.
conseil des naucrares. Cela est très probablement exact. Il a dû exister à ce moment une organisation dont on avait à peu près perdu le souvenir au cinquième et au quatrième siècles! et dont nous ignorons à peu près tout. Il restait à l'époque d’Aristote des lois de Solon dont on ne se servait plus, qui mentionnaient les naucrares et les mettaient en rapport avec Padministration des finances ?. 1] s’agit d’un conseil probablement. Est-ce celui que lon attribuait à Solon? Celui-ci en était-il vraiment le créateur? Y avait-il encore un autre conseil analogue à celui de Clisthène? C’est ce que nous ne pouvons dire. En tous cas s’il y avait un conseil à l’époque de Solon, nous ignorons tout de ses attributions ?.
Dans ces conditions il serait oiseux de discuter de l’emploi du sort pour le recrutement de ce conseil#. Celui de Clisthène était recruté par le sort, ce qui est tout à fait normal, quand il s’agit en somme d’un corps qui n’est qu’une délégation de Passemblée du peuple, chargée de préparer et d’examiner à l’avance les projets qui doivent être soumis à celle-ci. Le sort est alors un moyen de faire obtenir successivement à chaque
1 Est-ce là qu'on doit chercher l’origine de l'erreur d'Hérodote, V, 71 (voir plus haut, p. 280 n2?)}, quand il dit que les naucrares ont jadis administré Athènes ? >;
2 40, r., VIIL 3. Ces lois sont certainement antérieures à Clisthène, puisque c'est lui qui supprima les naucrares et les naucraries : 46. r., XXI, 5. — On a abondamment discuté sur l’origine et le sens de cette institution; voir les ouvrages déjà cités de Wecklein, Philippi et Lange; voir aussi : Gilbert, Die aftische Naucrarienverfassung et Schæœmann, Das Cylonische Altentat, Jahrb. f. kl. Philol., 1875; Wilamowitz, Aristt. u. Ath., Il, p. 54; Droysen, Afische Kommunalverfassung ; Ed. Meyer, Gesch. des Alterth., IL, $ 341, p. 537; Busolt, Il, p. 188-196 et 277; W. Helbig, Mém. Acad. Inscr., XXXVI, et Mélanges Nicole, p. 233-240, etc. Voir plus haut, p. 108 n°.
+ Aristote n’en dit rien. Ce que dit Plutarque, Sol. 19 ##it. (voir plus haut, p. 282 n°), est manifestement emprunté au conseil des Cinq-Cents de Clisthène.
$ Grote, Il?, p. 322, pense qu'il n’était pas tiré au sort; M. Thumser, $ 68, p. 383, pense qu'il était tiré au sort comme le conseil des Cinq-Cents.