ÉTIOLOGIQUES DE LA DIPHTÉRIE MALIGNE
Les caractères précédemment étudiés de la diphtérie maligne montrent qu’elle diffère grandement de la diphtérie habituelle. Cette différence symptomatique est due à des différences étiologiques certaines. Quels sont donc les facteurs étiologiques de la diphtérie maligne ?
$ 1. Etiologie de la diphtérie maligne.
Un fait demeure : le bacille diphtérique a un rôle constant dans la diphtérie maligne (2), rôle prouvé :
(1) Etant donné que les conceptions étiologiques que nous acceptons le plus volontiers sont la reproduction des idées de STROE et HorropanN, et que personnellement, nous ne les appuyons que par des arguments d'ordre clinique puisés dans notre observation, nous avons joint ces commentaires étiologiques aux commentaires cliniques.
Il en aurait été bien autrement si le temps nous avait permis de réaliser l’expérimentation désirée par nous. Dans ce cas (à condition que cette expérimentation ait été fructueuse), ce chapitre étiologique serait devenu une véritable troisième partie de notre thèse, la plus laborieuse sinon la plus importante.
(2) Il est bon de le rappeler puisque certains auteurs (DoDr.) ont admis le rôle simplement saprophyte et non actif du bacille de LOE- FLER dans la diphtérie maligne.
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a) Par une parenté clinique certaine entre la diphtérie maligne et la diphtérie banale.
b) Par l'efficacité, faible mais réelle, de la sérothérapie pourvu qu’elle soit précoce et massive.
c) Par la constance avec laquelle au cours des prélevements on trouve le bacille de L,œfler; à la condition essentielle toutefois, que ces prélèvements soient répétés et qu'ils soient à la fois nasaux et pharyngés. Il arrive, en effet, parfois que le prélèvement en pleine masse sphacélique pharyngée donne du streptocoque et des anaérobies qui inhibent le développement du bacille. de Læfler.
Ceci posé, trois explications étiologiques ont été fournies :
1) La diphtérie maligne serait due à des bacilles de dimension et de virulence Spéciales. Or, il est nettement établi à l’heure actuelle, « qu’il n'existe aucun lien entre le pouvoir pathogène d’un bacille et sa morphologie » (RAMON-DEBRÉ). Si maigré tout, il est permis de penser que les bacilles de Læfler de la diphtérie maligne puissent être particulièrement virulents, cette augmentation de virulence pourrait entraîner une d1phtérie sévère au plus, mais non une diphtérie aux caractères évolutifs bien différents.
2) La diphtérie maligne serait due au terrain sur lequel se grefferait le bacille diphtérique, terrain ayant même parfois un caractère familial (MONSSEN). Ici encore, le terrain peut bien rendre compte des réactions morbides particulièrement graves d’un organisme déjà délibité, mais il n’explique pas plus que la première hypothèse, la spécificité évolutive de la maladie.
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3) Reste la dernière hypothèse : l'association microbienne.
C’est la plus vraisemblable. Elle seule, à notre avis, est compatible avec l'autonomie clinique de la diphtérie maligne.
Quelles sont ces associations ?
a) Le streptocoque est presque toujours mentionné dans les prélèvements d’angines malignes. Très souvent, on a affaire à un streptocoque de type anaérobie (cas de notre observation).
Parfois, enfin, le streptocoque a été trouvé dans le sang où même à l’autopsie dans les viscères (DEICHER et AGULMIK).
b) Enfin, association constante aussi, des divers germes anaérobies dont la découverte bactériologique nécessite évidemment le prélèvement sur milieu en anaérobiose (1). Ces anaérobies sont divers
rarement association fuso-spirillaire d’après \ | STROE et HORTOPAN } | Bacillus sporogènes plus souvent
| Bacillus tertius
Mais ces constatations de laboratoire ne suffiraient pas à prouver le rôle du streptocoque et des anaérobies, pas plus que la présence de bacilles de Lœæfler ne suffit à affirmer la nature diphtérique d’une angine, si elles n'étaient étayées par des preuves complémentaires.
(x) On pourra s'étonner de ce que notre observation ne mentionne pas de baciiles anaérobies dans le prélèvement. En réalité, nous n'avons eu connaissance des travaux de STROË et HORTOPAN que plus tard et nous n'avions pas fait de prélèvement sur milieu de BoEz.