‹ Quelques remarques sur le Mémoire appuyant la demande d'une école normale dans la ville des Trois-Rivières [microforme]Chapitre 6 sur 9 · EE · texte numérisé non relu

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les appareils, les collections, etc, qui représentent une certaine valeur et qui sont la propriété du gouvernement.

“ IL est donc évident qu'une école normale tenue par une congrégation reli- “ gieuse pour la somme de 84000 sera de beaucoup plus économique.”

Pas plus, je crois, que l’école normale des filles de Québec,

De plus, il faut bien se fixer sur le sens du mot économique : si les dépenses annuelles dans certains collèges s'élèvent à 833,000, dans d’autres elles ne dépassent guère 83,000. Tout peut être beaucoup plus économique dans les premiers que dans les seconds.

“ Elle sera aussi plus efficace parce que les jeunes filles qui en suivront les ‘ cours n'auront guère d’autres carrières devant elles que la tenue des écoles, pour ‘ la direction desquelles elles auront reçu l'instruction pédagogique convenable,"

Pourquoi ces jeunes filles n’auront-elles pas d'autres carrières devant elles ?

Sera-ce parce qu’elles feront vœu d'enseigner ? Mais alors il leur faudra une vocation spéciale dont un petit nombre seul sont capables,

Sera-ce parce qu'elles recevront une instruction tout à fait élémentaire ?

Elémentaire ou quasi-classique, je ne sache pas que l'instruction des élèves. maitresses de Québec sait la cause qui les fasse renoncer à l’enseignement, Celles qui y ont renoncé étaient poussées par d’autres motifs, par exemple, quelque-unes se sont faites religieuses.

Non, je crois que ces jeunes personnes en général n’enseigneront pas au-delà de la limite de temps imposée. Elle est aujourd’hui fixée à trois ans : elle peut être mise-à dix.

“Les recherches tendent à démontrer que le nombre d'instituteurs surtout ‘ (sortis des écoles normales) n’est pas de dix sur cent. En supposant qu'il serait “ de quinze sur cent, il s’en suivrait etc.”

Il y a ici une erreur manifeste, du moins en ce qui concerne l’école normale Jacques-Cartier.

On veut établir un rapport entre le nombre de ceux qui enseignent actuellement avec le nombre total des élèves depuis viNGt-rRois ans. Il est facile de comprendre que tous n’ont pu enseigner pendant une période aussi longue et que plusieurs sont morts.

Avec un procédé aussi étrange, on pourrait prouver l’infécondité de n’importe quelle institution. Le Séminaire de Québec, par exemple, avec 200 ans d'existence, des millions dépensés, et des milliers d'élèves ne peut nous montrer 200 prètres exerçant le ministère : c’est-à-dire 3 070.

Quant à l’école normale Jacques-Cartier, le nombre total des élèves qui y ont été admis jusqu’à la fin de l’année 1878-79 est de 583, et le nombre de ceux qui ont enseigné est de 281, ou 44 sur cent. Si quelques-uns n’ont enseigné qu’un an, plusieurs ont enseigné bien au-delà du temps fixé.

Déjà, dans un autre travail, j'avais prouvé que le nombre de nos élèves qui ne peuvent recevoir de diplôme est de 66 sur cent. Ce qui est loin de 85 sur cent.

Le nombre de ces malheureux élèves est grand sans doute. Mais il ne doit exciter aucune surprise : le manque de talents, de travail ou des qualités morales chez l'élève, ou des circonstances hors de tout contrôle, produisent cet accident, à l’école normale comme dans toutes les maisons d'éducation.

Dans les collèges et dans Les petits séminaires, on ne considère pas comme perdu ce qui a été dépensé pour les élèves qui ne font qu'une partie de leurs études. C’est un accident inévitable, qui est compensé par l'instruction et l’éduca-

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tion chrétienne dont l'influence se fait sentir dans le monde. On a parfaitement raison.

Mais si l’on voulait considérer comme absolument perdue la somme que l’on rejette sur les jeunes gens qui ont pris une autre direction, parce qu'ils n'ons pu obtenir leurs diplômes, il faut au moins admettre que la somme utilisée est de $359,692.

‘ C’est semer beaucoup pour récolter bien peu i”

Hélas! c'est ce qui a licu dans bien des institutions. On serait effrayé de voir combien coûte un prêtre qui a fait tous ses cours fu Séminaire de Montréal. Dans celui de Québec, qui a été établi spécialement pour former des prêtres, chacun d’eux coûte, en moyenne, sIX MILLE PIASTRES !

‘“ L'éducation quasi-classique donrée dans ces écoles est trop élevée pou ‘ l’'humble et méritoire protession de maître d'école a pu contribuer à cet insuccès.”

Que faut-il entendre par éducation quasi-classique ?

Je aie que notre enseignement soit trop élevé pour l’humble profession de maitre d'école.

Les écoles normales, pour répondre à tous les besoins, doivent préparer aux différents diplômes que la loi reconnaît. Tous ne sont pas admis aux degrés supérieurs : les uns doivents’'arrèêter après le diplôme d'école élémentaire, d’autres après celui d'école modèle. Il n’y a qu’à consulter le Rapport de 1878-79, p. 259.

Je ne comprends pas ce que peut être un enseignement pédagogique plus modeste.

Mais je vois tous les jours le mal causé par des maîtres peu capables qui font perdre le témps et l'argent des élèves ; .

Mais je sais 10. qu’il faut une vocation spéciale pour enseigner, et qu’elle est moins commune qu'on ne pense ; 20. que la distribution des diplômes faite aux Bureaux d'examinateurs multiplie les instituteurs sans vocation ; 30. que les écoles normales, en éloignant ceux qui ne l'ont pas, rendent un véritable service.

‘ Par conséquent cette école normale sera essentiellement plus efficace, tout

en coûtant moins cher.” Je nie la conséquence, ayant nié les prémsses.

Pour résumer :

lo. La nécessité d'une école normale à Trois-Rivières n'a pas été prouvée ; 20. L'inefficacité des écoles normales actuelles n’a pas été prouvée ;

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