‹ Quelques remarques sur les deux derniers écrits de M. Civiale, intitulés 1. Considérations pratiques sur la methode suspubienne ... 2. 4ème lettre sur la lithotritie, Octobre 1833Chapitre 2 sur 3 · RELATIVES · texte numérisé non relu

RELATIVES

À LÀ QUATRIÈME LETTRE mm m» rnimm

SUR LA LITHOTRITIE.

Dans sa quatrième lettre sur la lithotritie, M. Giviale nous apprend, qu’en 1824, l’académie des sciences imposa le nom de procédé Civiale , opération Civiate , découverte Civ iale, à ce nouveau mode opératoire pour l’extraction de la pierre de la vessie. Appuyé sur cette triple dénomination imposée , il se proclame sans hésiter le créateur de la lithotritie. Mais il oublie de nous apprendre aussi que, dans le rapport dont il se glorifie, il est dit que des idées, sinon identiques , au moins analogues , étaient consignées , depuis 1810, dans une gazette allemande de Salzbourg , dont il devait ignorer jusqu à C existence.

Les six derniers mots n’expriment-ils pas une supposition injurieuse à M. Civiale? Comment! ce chirurgien aurait vu échouer sur les bords du Rhin des relations qui ont franchi l’espace des mers pour arriver en Égypte et dans l’Inde? Mais chut! n’insistons pas contre cette supposition ; son admission était nécessaire pour mettre M. Civiale à l’abri du reproche de

plagiat. A ce mot , il me semble l’entendre s’écrier : c’est un Zoïle qui m’accuse au profit d’un étranger, pour faire rejaillir sur la chirurgie allemande un hon- \ neur qui appartient à la chirurgie française, et dénationaliser ainsi une découverte dont l’honneur n’est dû qu’à moi! Mais est-on Zoïle, cesse-t-on d’être bon français parce qu’on révère le docteur Jenner comme le père de la vaccine?

Quand des découvertes, des inventions viennent du dehors, quels que soient les hommages rendus à leurs auteurs, il reste encore une part de gloire pour l’homme modeste qui importe et naturalise l’œuvre du génie d’une manière utile et bienfaisante. Ainsi, sans nous amuser à discuter, s’il faut dire la découverte Civiale , ou la découverte Gruithuiscn , bornons-nous à examiner le mérite du nouveau procédé opératoire.

M. Civiale le place beaucoup au-dessus de l’opération de la taille ; et pour prouver la supériorité qu’il lui donne, il fait la censure de différentes opérations pratiquées par M. Dupuytren , opérations qu’il se plaît à déprécier, à présenter même comme fatales, pour établir un parallèle en faveur de la lithotritie. Il y aurait présomption de ma part à m’ériger en défenseur de M. Dupuytren, que je crois trop bien en mesure de repousser les attaques dirigées contre lui, s’il ne les dédaigne pas ; mais je suis autorisé à me défier des assertions de M. Civiale, parce que déjà il en a lancé contre moi de contraires à la vérité, et dont il m’a été facile de démontrer la fausseté. A cet égard, je lui dois la justice de dire que ces fausses assertions contenues dans une lettre adressée à l’académie des sciences, il les a sup-

primées en insérant cette même lettre dans sa quatrième sur la lit hotritie. Je prends acte de cette suppression comme d’une rétractation qui m’était due après les explications que j’avais données.

M. Civiale devrait enfin renoncer à la manie de chercher à étayer son système à l’aide de fausses données, d’allégations injurieuses, d’accusations gratuites. Il est si loyal, si beau de ne dire que la vérité, ou de lui faire réparation, si l’on a eu le malheur de s’en écarter!

M. Civiale aura beau faire , tous ses efforts seront vains pour faire surgir, des faits qui existent, la prééminence qu’il ambitionne pour sa méthode; car bien loin de remplacer la taille, cette méthode n’est qu’exceptionnelle. AL Civiale lui-même en convient quand il avoue qu’elle n’est point applicable aux grosses pierres, et s’il veut être de bonne foi, il poussera son aveu jusqu’aux pierres moyennes, petites même, mais dures. 11 m’est plusieurs fois arrivé d’extraire des calculs de cette nature, qu’il avait attaqués sans succès. Qu’il reconnaisse donc que le domaine de sa litholritie ne se compose que de petites pierres friables dont il pourra débarrasser la vessie, si toutefois ses tentatives ne produisent pas la perforation de cet organe, ou le déchirement de l’urètre, comme elles en ont fourni plus d’un exemple.

La généralité des cas dont on dotait la lithotritie s’est donc évanouie devant l’expérience. On n’a pourtant rien négligé pour lui conserver une ample moisson; on a même porté les précautions et le zèle jusqu’à dénaturer des pièces rendues publiques par la voie de l’impression, et répandues par l’insertion dans les journaux. Ainsi, quel bruit n’a-t-on pas fait de la lettre d’un célè-

bre chirurgien guéri par la lithotritie, auquel on faisait dire ce qu’il n’a jamais pensé, ni écrit : que la méthode nouvelle remplaçait /’ opération de la taille. Il y avait là une supercherie dont j’ai la preuve certaine; et je puis dire, sans craindre d’être démenti par le célèbre professeur dont il est question, qu’il maintient l’opération de la taille pour la généralité des cas, et qu’il réduit la lithotritie à des cas exceptionnels.

Pauvre cause que celle qu’il faut soutenir à l’aide du mensonge et de la déception ! Mais ce système ne saurait prévaloir : on voit au contraire que l’omnipotence qu’on prétendait établir en faveur de la découverte que M. Civiale appelle de son nom, avec la tendresse d’un père heureux, on voit, dis* je, que cette omnipotence si désirée, n’est qu’une mystification qui retombe sur celui qui voulait l’imposer aux autres.

Voyons si M. Civiale sera plus heureux en soutenant que son procédé n’a été funeste en d’autres mains qu’à cause de l’imperfection des instrumens dont on s’est servi, et de l’inexpérience des praticiens qui les ont cm* ployés.

Quant aux instrumens, s’ils diffèrent de ceux dont M. Civiale fait usage , ils n’en ont pas moins été accueillis par des praticiens habiles, approuvés même par l’académie des sciences, où leurs auteurs ne sont pas restés sans récompense, sans témoignage honorable.

Le reproche d’inexpérience peut-il être admis contre M. Dupuytren , dont les connaissances théoriques et pratiques sont universellement connues? Sans m’occuper des faits malheureux de lithotritie qui lui sont attribués par M. Civiale, dont les fréquentes inexacti-

tudes avertissent de se tenir en garde contre ses assertions, je vais jeter un coup d’œil sur la pratique de ce dernier, imitant son exemple envers ses confrères.

En 1 824, M. Civiale soumit à la lithotritie M. Turgot, auquel il déchira l’urètre et perfora le rectum, ce qui mit la vie du malade en danger. Opéré de la taille par M. Dupuytren, M. Turgot fut débarrassé de la pierre * et complètement délivré de rinfirmité que lui avaient causée les funestes tentatives de M. Civiale» Ainsi, la % thotomie vint au secours de la lithotritie pour en réparer les torts.

En 1826, le docteur Pétiet, de Gray (Haute-Saône), se rendit à Paris pour y courir les chances du broiement de la pierre. M. Civiale lui déchira Furêtrc dès la première introduction de son lithotriteur. Il y eut hémorragie et infiltration immédiate d’urine au périnée et au scrotum : il se forma cinq dépôts qu’il fallut ouvrir successivement. Les douleurs qui résultèrent de ces cruels accidens furent tellement affreuses, que le docteur Pétiet déconcerté, effrayé par l’opération qui lui était offerte comme la plus douce, repartit après six mois de tortures, emportant avec sa pierre les tristes effets de la lithotritie.

En 1828, M. Gasselin fut soumis, par M. Civiale, aux tentatives du broiement de la pierre, à la suite desquelles survinrent des accidens qui obligèrent à cesser ce traitement. Lorsqu’ils furent calmés, j’opérai ce malade par le haut appareil, mais, au moment d’inciser la vessie, j’ouvris un abcès considérable qui s’était développé, entre la paroi antérieure de cet organe et la paroi abdominale, par suite de Firritation de lalitho-

tritie. Les symptômes graves qui s’étaient présentés et dont on n’avait pu préciser le point de départ, avaient tenu à la marche de cet abcès, dont on n’avait non plus soupçonné l’existence, et qu’on n’aurait pas été ouvrir à la profondeur où il était placé. Le reste de l’opération n’offrit rien de particulier. Dans ce cas, la lithotomie, en suppléant à l’insuffisance de la lithotritie, a eu le double avantage de délivrer le malade de sa pierre, et de fournir quelques chances en sa faveur pour la guérison d une lésion qui aurait nécessairement déterminé, d’une manière prochaine, des désordres graves ; malheureusement, ceux qui existaient l’étaient déjà trop, et le malade a succombé.

Dans cette même année, M. Le Senecal fut soumis par M. Civiale à des essais de broiement qui déterminèrent une hémorragie urétrale , de l’infiltration , des douleurs aiguës, etc., accidens qui vinrent s’ajouter aux souffrances déjà très-vives du malade et aggraver son état. J’espérai que l’opération en le délivrant d’une partie de ses angoisses, pourrait fournir quelque espoir de guérison, et de l’avis de M. le docteur Husson, je pratiquai le haut appareil; mais les lésions, suites du broiement, étaient trop profondes pour que la taille fût suivie de succès, comme l’autopsie a mis à même d’en juger, en montrant une déchirure de l’urètre et du corps caverneux, et une infiltration du scrotum, du périnée et de la partie supérieure de la cuisse.

A une époque récente ( 1 833) , M. le lieutenantgénéral Roguet se confia à M. Civiale, qui lui déchira l’urètre, dès la première introduction du lithotriteur; il survint hémorragie et infiltration : il se forma au

scrotum un dépôt qu’il fallut ouvrir. Ces accidens furent accompagnés de douleurs atroces dont le malade ne fut entièrement délivré que quatre mois après, par l’extraction de la pierre que je fis par le haut appareil. Cette fois encore la lithotomie réparâtes ravages de la lithotritie.

Plus récemment encore, le secours de la lithotomie a été invoqué pour un calculeux que le traitement préparatoire de la lithotritie avait jeté dans un état tel que je dus refuser de pratiquer l’opération de la taille qu’il désirait, et qui lui avait été présentée comme la seule chance de salut qui lui restât. Cette observation est assez importante pour que j’en trace ici le sommaire; elle prouve que , quelle que soit la dénomination sous laquelle on masque les diverses phases du traitement par le broiement, elles ont toutes leur danger.

M. Micali, négociant b Livourne, souffrait h la vessie depuis un an environ. Au mois de mars dernier, il fut sondé à Livourne et à Pise , on reconnut l’existence d’une pierre, et le malade se rendit à Paris pour se confier aux soins de M. Civiale. Ce chirurgien commença le 20 mai l’usage des bougies, dont on augmenta graduellement le volume pour dilater l’urètre , qui était libre d’ailleurs,, et permettre l’introduction de l’instrument lithotriteur.

Quoique le malade ne gardât pas les bougies au-delà de quelques heures, elles lui causaient de la douleur, mais modérément; on continua ainsi jusqu’à la fin de juin. A cette époque, M. Civiale ne put un jour introduire la bougie qui avait pénétré la veille, il la remplaça par une sonde élastique, qui elle-même ne pénétra qu’à

une profondeur de deux pouces à deux pouces et demi, et en causant de vives douleurs. Ce fut avec grande difficulté que le malade la conserva une heure , après quoi il la fit retirer, et tout aussitôt un écoulement de sang eut lieu par l’urètre, et continua avec abondance jusqu’à ce que le malade tomba dans une syncope qui dura plus d’une demi-heure , et la quantité de sang qu’il perdit fut évaluée à trois livres au moins.

De ce moment, M. Micali , qui jusque-là se levait chaque jour, se promenait dans son appartement, mangeait, etc., fut pris de fièvre avec douleurs atroces, de soif inextinguible qu’il ne pouvait pas étancher en buvant dans les vingt-quatre heures plus de huit grandes caraffées de boisson. Il ne quitta plus le lit , tout le corps s’œdematia, excepté les jambes, il se fit dans l’abdomen un épanchement considérable, les urines devinrent épaisses, muqueuses, purulentes, d’odeur ammoniacale ; le malade était épuisé.

Je vis alors M. Micali (16 juillet), qui me supplia de Fopérer si cela était praticable, mais je m’y refusai, jugeant son état désespéré, et je lui dis qu’il fallait que sa position fût améliorée, que ses forces se relevassent, que l’œdème et l’anasarque fussent disparus , avant qu’on songeât à l’opération de la taille.

Deux jours après (le 18), M. Civiale provoqua une consultation , composée de MM. le professeur Roux , Baron et lui ; le malade exigea qu’on y admît un médecin étranger, son ami, le docteur Martinengo, conseiller-d’état de l’empereur de Russie, ce à quoi M. Civiale voulait s’opposer, se fondant sur ce que ce confrère n’était point autorisé à exercer en France. Les

Si

trois premiers consultans furent d'avis qu’il n'y avait de ressources que dans l’opération de la taille, et qu’elle devait être pratiquée sans délai. Le malade dit alors que, d’après cette décision, ce serait à moi qu’il aurait recours , ce dont M. Giviale s’efforça de le dissuader, se fondant sur des motifs que je dédaigne de rapporter.

Le lendemain (15), les trois consultans de la veille revinrent dans l’intention de pratiquer immédiatement l’opération si le malade était décidé h s’y soumettre , mais il ne les reçut pas et les fit remercier.

M. Micali succomba quatre jours après la consultation dans laquelle on avait décidé qu’il devait être taillé ; il est permis de croire que la lithotomie pratiquée tout d’abord aurait eu un résultat moins funeste.

Je pourrais citer d’autres accidens graves dont j’ai rencontré les traces chez des malades qui se sont adressés à moi, après avoir été explorés, comme dit M. Giviale, ou lithotrités par lui. Mais de nouveaux exemples seraient superflus. Ceux qui précèdent ne suffisent ils pas pour faire apprécier les prétentions et les accusations de M. Civiale? Quelque graves qu’il suppose les accidens qu’il attribue à M. Dupuytren , ceux qu’il a causés lui-même ne le sont sans doute pas moins, et ils sont de même nature; or, si sa pratique présente les malheurs qu’il impute h d’autres praticiens qu’il signale comme inexpérimentés, comme dépourvus/ de discernement dans le choix des instrumens, que doit-on penser d’un procédé dans l’emploi duquel le maître qui se proclame le plus habile , avec les meilleurs instrumens, éprouve des résultats aussi malheureux que ceux éprouvés par des praticiens qu’il

traite de novices, avec des instrumens qu’il juge imparfaits? Ce rapprochement prouved’une manière évidente que les accidens qui accompagnent cette méthode ne sont pas exclusivement le fait de la main qui l’emploie, mais qu’ils sont inhérens au procédé opératoire.

Que M. Civiale monte donc sur le pinacle qu’il s’est érigé, et que, de là, il débite ses dogmes lithotritiques, dicte ses leçons et donne ses préceptes; qu’il recommande à tous, et nominativement à M. Dupuytren, la nécessité des expériences préliminaires , ainsi que celle des précautions et des ménagemens qu exige C emploi de la lithotritie , afin de se préserver de la gravité des désordres qu’il signale. Et ces mêmes désordres contre lesquels il prétend prémunir les autres, il les renouvelle lui-même en i853, après les avoir causés dès 1824. Il n’est donc pas étonnant que le procédé de M. Civiale n’augmente point en crédit. Ses déclamations contre les Zoïles, contre les ennemis qu’il croit voir partout, ne prouveront pas qu’il est aussi facile à un déclamateur S’imposer la confiance au public, qu’au rapporteur d’une commission d'imposer un nom à une découverte.

Les ambiguïtés, les inexactitudes, les contradictions dont sont entachées les communications de M. Civiale, déconsidèrent sa marche trop évidemment tortueuse. A chacune de ses publications , ses assertions, ses calculs, ne sont plus les mêmes. Dans les rapports basés sur ses deux comptes-rendus du traitement des calculeux à l’hôpital Necker, il est constaté dans le premier, par M. Larrey, que sur 18 lithotritiés 5 sont morts; et dans Je second, par M. Double, que sur 43 , 10 ont

succombé; total i5. Eh bien! dans la statistique des calculeux qu’il a traités depuis 1824, dont il porte le nombre à 244» il avance qu’il n’en a perdu que 5 ; et pourtant sa statistique doit comprendre sa pratique à l’hôpital Necker, où ses comptes-rendus ont déclaré i5 morts. Quand on lui oppose cette contradiction flagrante, il croit se soustraire à une juste censure en alléguant qu’il s’est glissé des inexactitudes dans les rapports, et que ces rapports ont donné lieu à de fausses interprétations. Mais ce subterfuge est trop grossier pour pouvoir réussir. Ne sait-on pas que messieurs les rapporteurs ne font leur travail qu’à vue des pièces qui leur sont soumises; et peut -on penser qu’ils y mettent assez peu d’importarce pour prendre un chiffre pour un autre? Quant aux fausses interprétations, comment pourrait-il s’en glisser dans l’addition simple de deux nombres? rien n’est moins sujet à interprétation que d’ajouter 5 à jo, et de voir qu’on obtient i5, nombre des morts à l’hôpital Necker, sur 61 lithotritiés énoncés aux deux comptes-rendus.

À propos de ce nombre de 61, aurait- on pu penser qu’après l’avoir inséré dans ses comptes-rendus, M. Civiale le prétendrait inexact dans les rapports qui n’ont fait que le transmettre tel qu’il l’avait donné lui-même? c’est pourtant ce qu’il a osé. Il a dit que ce nombre n’était que de 5 2. Entraîné par son idée fixe d’embrouiller les questions, il n’a pas songé qu’en diminuant le nombre des litho tritiés, il augmente la proportion des morls, puisqu’alors le nombre qui est de i5 porterait sur 5a au lieu de 61 calculeux lithotritiés. Aujourd’hui il nous présente une autre combinaison. Il

fait annoncer par les journaux qu’il a lithotritié 28 malades, dont un seul a succombé. Mek il ne dit ni qui , ni quand, ni où. Le passé rend le présent suspect. Il y aurait précipitation , duperie peut-être, à croire sans éclaircissemens (1).

Au milieu de l’imbroglio de ses allégations contradictoires , je ne trouve aucune réclamation de sa part sur le résultat publié de ses opérations de taille à l’hôpital Necker. Il nous permet de croire sans contestation que 6 morts du premier rapport , et 5 du second , font 11 morts sur 14 taillés. Gomme M. Giviale reproche à M. Dupuytren d’avoir rendu sa pratique fatale à la lithotritié , on est bien en droit de lui adresser le même reproche sous le rapport de la taille, si toutefois ses revers pouvaient porter quelque atteinte à la méthode qu’ont transmise et perfectionnée tant de chirurgiens célèbres.

L’hôpital Necker ne sera plus le théâtre de pareilles fatalités, s’il est vrai, comme on me l’a dit, que l’administration des hospices ait pris un arrêté qui interdit à M. Giviale l’opération de la taille dans cet établissement.

(1) Et puisque je parle ici de journaux, je ne puis m’empêcher encore de remarquer la contradiction qui existe entre les actes et les paroles de M. Civiale , qui taxe et blâme M. Dupuytren d’avoir fait inse'rer l’éloge de la taille bilatérale dans le Journal des Voyageurs , et voilà que lui-même fait insérer dans les journaux politiques un prétendu résumé des résultats de ses opérations de lithotritié, dans lequel il reproduit les faux calculs qu’il a employés dans sa statistique et que j’ai déjà signalés. On peut lire ces annonces dans le Messager , le Constitutionnel , et si on veut encore dans le Courrier français, près de l’article du journal qui prévient que les insertions se paient 1 fr. 5o c. par ligne.

Je ne crois pas manquer aux égards que je dois à l’administration des hospices en faisant observer qu’avant d’accorder à M. Civiale la latitude exclusive dont il y jouit pour la lithotritie, une convocation des chirurgiens en chef des hôpitaux de Paris était une mesure de sagesse, propre à régler, comme il convenait, ce service considéré comme moyen de comparaison entre deux méthodes qui sont en litige , et comme moyen d’épreuve pour la lithotritie elle- même. Il me semble que, du centre de lumières et d’expériences que j’indique, serait sorti un plan de concurrence et d’inspection qui aurait assuré la connaissance des résultats.

Je sais que ma franchise peut m’exposer à l’animosité, au ressentiment de M. Civiale, qui ne supporte pas facilement la vérité quand elle l’attaque; mais cette considération ne pouvait arrêter ma plume, je m’en servais dans l’intérêt du progrès de l’art , et du soulagement de l’humanité. M. Civiale croit-il avoir détruit les observations de M. Heurteloup en les traitant de pamphlets ? Et pense-t-il qu’il détourne celles de M. Leroy en essayant de les rapetisser par le nom de courtes lettres ? Un écrit, quelque court qu’il soit, est au-dessus du sarcasme, s’il dit avec convenance ce que comporte la matière qu’il traite. Mais puisque nous parlons de la forme et du fond d’un écrit , comment caractériser la quatrième lettre de M. Civiale sur la lithotritie? Elle présente un amas d’inconvenances, d’injures, de diffamations qui font mettre en question s’il a fallu plus d’au dace pour les écrire qu’il ne faut de sang-froid et de patience pour les lire. En m’élevant contre les écarts de M. Civiale, je suis soutenu par l’idée qui l’enhardissaitlui-

même en signalant des malheurs. Je n avais pas à craindre , dit -il en terminant sa lettre, d'altérer la bonne intelligence qui doit exister entre des hommes voués à la même profession.

Ainsi, la même confiance qu’il avait pour son dernier factum, je puis l’avoir pour mes observations.

P. S. Aucun instrument, destine à détruire la pierre dans la vessie , n’a échappé à l’improbation , au dédain de M. Civiale. Avec quel mépris ne traite-t-il pas le percuteur courbe à marteau de M. Heurteloup, et le brise-pierre de M. Jacobson? Cependant l’institut de France les a jugés dignes de participer aux prix Morithyon, le premier, pour un prix de 6,000 fr., et le second, pour un prix de 4>ooo fr.

Voilà des actes bien opposés aux appréciations de M. Civiale, qui paraît se croire en droit de prononcer comme juge suprême. Son désappointement vaudra sans doute au public une cinquième lettre sur la lithotritie , dans laquelle l’auteur démontrera , plus heureusement qu’il ne l’a fait dans la quatrième, les imperfections et les vices de ces deux instrumens , afin que l’institut éprouve le regret de ne s’être pas livré aux impulsions du père de la lithotritie.

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