Le Roman liistorique, p
2. V. Hugo disait deux pages plus haut : «Ce n'était pas chose aisée de pénétrer ce jour-là dans celte grande salle, réputée cependant alors la plus grande enceinte couverte qui fût au monde. (Il est vrai que Sauvai n'avait pas encore mesuré la grande salle du château de Montargis.) » Sauvai compare en effet les deux salles : II, 307 : « La salle (du château de Montargis) m'a surpris tant elle est spacieuse; je l'ai trouvée plus longue que la grande salle du Palais de Paris, et même elle m'a semblé plus large que n'est l'une de ses deux allées. »
des statues de tous les rois de France depuis Pharamond; les rois fainéants, les bras pendants et les yeux baissés ; les rois vaillants et bataillards, la tête et les mains bardiment levées au ciel. » — Du Breul, 171 : « On voit autour de ceste salle les statues de tous nos anciens Roys depuis Pbaramond jusques à Cbarles 9. Desquelles les unes sont représentées ayans les mains bautes, et les autres comme les ayans basses ou pendantes : pour diversifier et faire cognoistre (selon plusieurs) celles qui effigient les infortunez et fayneants, d'avec les autres valeureux et vertueux qui ont eu tousjours les mains et âmes tendues au Ciel \ »
«... le tout, voûtes, piliers, murailles, chambranles, lambris, portes, statues, recouvert du haut en bas d'une splendide enluminure bleu et or, qui déjà un peu ternie à l'époque où nous la voyons, avait presque entièrement disparu sous la poussière et les toiles d'araignée en l'an de grâce 1549, où Du Breul l'admirait encore par tradition. » — Du Breul, 171 : « Ces statues et tout le lambris de ladite salle, ont esté peincls d'or et d'azur : mais la poussière a tellement mangé et la peinture et l'or ensemble, qu'à peine on peut recognoistre quelques remarques. »
« Il est certain que si Ravaillac n'avait point assassiné Henri IV, il n'y aurait point eu de pièces du procès de Ravaillac déposées au greffe du Palais de Justice; point de complices intéressés à faire disparaître lesdites pièces : partant point d'incendiaires obligés, faute de meilleur moyen, à brûler le greffe pour brûler les pièces et à brûler le Palais de Justice pour brûler le greffe; par conséquent, enfin, point d'incendie de 1618... Il en existe deux autres explications très plausibles. Premièrement la grande étoile enflammée, large d'un pied, haute d'une coudée, qui tomba, comme chacun sait, du ciel sur le Palais, le 7 mars après minuit. Deuxièmement le quatrain de Théophile :
Certes ce fut un triste jeu Quand à Paris dame Justice, Pour avoir mangé trop d'épice, Se mit tout le palais en feu. »
— Sauvai, II, 3 : « Tout cela fut consumé en 1618. les uns disent que le septième mars après minuit, une étoile enflammée, large d'un pied et haute d'une coudée, descendit du ciel, qui y mit le feu; d'autres en accusent les complices de la mort d'Henri IV. qui prétendoient par ce moyen brûler le Greffe, et le procès de Ravaillac
1. Le même détail se trouve dans Sauvai, mais le texte de Victor Hugo ressemble plutôt à celui de Du Breul.
qui les chargeoit; chacun en jugea à sa fantaisie. Un bon compagnon i qui n'éloit pas si grand politique et qui songeoit plus à faire rire, et à rire lui-même qu'à toute autre chose, fit les vers suivants :
Certes ce fut un triste jeu », etc.
«... il reste bien peu de chose de cette première demeure des rois de France, de ce palais aîné du Louvre, déjà si vieux du temps de Philippe le Bel qu'on y cherchait les traces de ces magnifiques bâtiments élevés par le roi Robert et décrits par Helgaldus. Presque tout a disparu. Qu'est devenue la chambre de la chancellerie où saint Louis consomma son mariage^ » — Sauvai, 3 : « Pour ce qui est du Palais où se lient le Parlement, je ne pense pas non plus qu'il y soit rien demeuré des bâtimens que fit faire le Roi Robert avec cette magnificence que rapporte Helgaldus : si ce n'est peut-être la Chambre de la Chancellerie, où l'on tient par tradition que St Louis consomma son mariage... »
« ... le jardin où il rendait la justice, vêtu d'une cotte de camelot, d'un surcotde tiretaine sans manches, et d'un manteau par dessus de sandal noir, couché sur des tapis avec Joinville? » Victor Hugo met entre guillemets tout ce qui est ici en italique. C'est en effet, à peu près textuellement, une citation de Sauvai (p. 5).
« Où est la chambre de l'empereur Sigismond? » — Sauvai, 5 : « En 1415. non seulement l'Empereur Sigismond logea au Palais; mais de plus alla dans la Grand'Chambre y tenir l'audiance. »
« ... celle de Charles IV? » — Sauvai, 5 : « En 1378. Charles IV. Empereur logea au Palais. »
«... celle de Jean-sans-ïerre? » — Sauvai, 5 : « Jean-sans-Terre, Henri II. et Henri III. Rois d'Angleterre, y logèrent. »
« Où est l'escalier d'où Charles VI promulgua son édit de grâce? » — Sauvai, 5 : « En 1383. Charles VI. victorieux des Flamans, fît élever un haut dais sur le perron du grand escalier. Là tout le Peuple lui vint crier miséricorde, les hommes têtes nues et les femmes échevelées. Et enfin après une longue harangue que leur fit le Chancelier d'Orgemont, le Roi à la prière de ses oncles, changea la peine criminelle à laquelle étoient condamnés les Parisiens, à une pécuniaire, et qui fut exigée de ceux qui pendant son voyage avoient excité des séditions. »
« ... la dalle où Marcel égorgea, en présence du dauphin, Robert de Clermont et le maréchal de Champagne? » — Sauvai, 5 : « En