‹ Quelques sources de "Notre-Dame de Paris"Chapitre 28 sur 30 · Le mot désigne aussi un soldat portant une brigandine · texte numérisé non relu

Le mot désigne aussi un soldat portant une brigandine

2. Lenglet-Dufresnoy, 114. (B. de M., I, 325.) Le texte de Lenglet-Dufresnoy dit : Un jeune fils de brigandinier. La différence est insignifiante. On en trouve quelquefois de plus grandes entre le texte donné par Lenglet-Dufresnoy et celui de Victor Hugo. Ces différences ne prouvent pas que Victor Hugo se soit servi d'un autre texte, car souvent, sans doute, c'est de mémoire qu'il reproduit telle ou telle phrase.

postulé par personne ». Du Breul emploie le mot postulé dans le passage auquel Victor Hugo a emprunté plusieurs détails de ce chapitre (p. 41) : « Lesdits enfans trouvez sont quelquesfois postulez et pris par bonnes personnes qui n'ont point d'enfans, en s'obligeant de les nourrir et élever comme leurs propres enfans. »

Dans une des scènes où Jehan Frollo vient demander de l'argent à son frère (II, 55), l'archidiacre l'interroge sur un nouveau méfait. Il s'agit d'un page que l'écolier a frappé de coups de bâton. « Oh! dit Jehan, grand'chose! un méchant page qui s'amusait à escailbotter les écoliers en faisant courir son cheval dans les boues. » Le mot escailbotter se trouve, justement dans les mêmes circonstances, employé par Du Breul (p. 461). En racontant le quatrième trouble de l'Université, Du Breul dit que les gens de Charles de Savoisy attaquèrent les écoliers « en vengeance de ce qu'ils avoient battu un de leurs pages, qui avoit escailbotté quelques Escholiers en faisant courir son cheval dans les boues ».

La douairière de Gondelaurier, énumérant les chevaliers qui se trouvaient à l'entrée de Charles VII à Paris, nomme le sire de Matefelon, « un chevalier de stature gigantale » (II, 169). Le mot gigantal est employé par Sauvai (II, 663) : « Le Marquis d'Hérault, Lieutenant de Roi en Touraine, qui a pour armes des Cornets écartelés, et pour Cimier une Couronne gigantalle, couronnée d'une Couronne Royale *. »

A la Cour des Miracles, avant l'attaque de Notre-Dame, Clopin Trouillefou fait une distribution d'armes (II, 265) : « Une autre cohue s'épaississait autour de notre ancien ami, le vaillant roi de Thunes, armé jusqu'aux dents. Clopin Trouillefou, d'un air très sérieux et à voix basse, réglait le pillage d'une énorme futaille pleine d'armes, largement défoncée devant lui, d'où se dégorgeaient en foule haches, épées, bassinets, cottes de mailles, platers, fers de lances et à'archegayes, scif/ettes et viretons, comme pommes et raisins d'une corne d'abondance. » Il est certain que toute cette énumération est tirée d'un passage de Sauvai, dans la description du Louvre (II, 12) : « Il y avoit là une chambre pour les Empenneresses, qui empennoient les sagettes et les viretons : de plus un atelier où l'on ébauchoit, tant les viretons que les flèches, avec une armoire... où étoient enfermées les cottes de maille, platers 2, les bacinets, les haches, les épées, les fers de

1. Victor Hugo pensait sans doute à cette phrase en écrivant dans le Journal d'un révolutionnaire de 1830 : « Napoléon exprimé en blason, c'est une couronne gigantale surmontée d'une couronne royale. » {Littérature et philosophie mêlées. 225.)

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