BADEN
Une maladie non moins redoutable que le cho«^ lëraa précédé partout, dans sa course de l'Inde sur l'Europe, l'arrivée de ce terrible fléau. Cette maladie, je l'appelle la choUraphobie, Ses symptômes sont aisés à reconnaître : à l'annonce du choléra, le choléraphobe s'agite incertain et ne peut rester en place; s'il est pauvre ou indolent, il se jette*dans une chaise longue, puis, immobile, il attend en tremr blant l'avenir ; s'il est riche ou d'humeur active , il fait ses malles ^ordonne de graisser les roues de sa voiture et se met en route, s^ns bien.savoir où il ira: au nord? la maladie en vient; au midi? elle y va; à l'est? elle y est peut-être encore; à l'ouest? ellepeut s'y 6xer. Le temps presse, il faut se décider enfin et partir. On part pour les trois semaines que doit dur^r la maladie;. on arrive, trois mois avant la saison , aux bains d'Allemagne ou dltalie , lieux protecteurs, car les bains de France sont compris, dans l'interdit; on est déjà demi-mort d'ennui avant que ce peuple joyeux, qui accourt habituellement, à époque fixe, pour donner pendant trois mois de l'année un air de capitale à un petit village assis, entre deux montagnes, ait pu vous distraire de vos maladives préoccupations. La saison se passe, tant bien que mal ; on lit sur le journal les morts.
de Paris ; on récapitule les morts des déparlemens} on s'interdit, au moins pendant huit jours ^ la vi^ site d'un ami qui arrive, bien que passé au vinaigre et 'chloruré; on suit avec anxiété les nouveaux traitemeiis des nouveaux malades; on vit sur ses craintes; on les augmente en y songeant; et quand la saison est passée, le village redevient village; on est plus embarrassé encore de le quitter qu'on n'était de le choisir ; et tandis qu'au contraire ceux qui ont résisté à la première crainte conservent l'équilibre parfait de leur ame , vont quand ils doivent aller , s'arrêtent quand ils doivent s'arrêter , pensent sans crainte de trop penser, veillent sans crainte de trop veiller, dorment sans crainte de trop dormir, aiment si le désir leur vient d'aimer, le choléraphobe interroge et les vents, et les hommes, et les astres, inquiet toujours du lendemain et troublé jusque dans le présent. Il y aurait bien des nuances à ajouter encore à cette esquisse, qui ne prend qu'un point de vue ; c'est le point de vue qui s'est présenté à moi aussitôt que j'eus passé la frontière de France et que je fus arrivé de Strasbourg à Baden.
Une bonne partie de la jolie petite ville de Baden se composait, au moment de mon arrivée, de ces âmes attristées qui communiquent partout l'ennui par la contagion. L'un, repoussé de Paris par la double terreur des débats des chambres et du choléra, était venu se consoler avec quelques ba-
(78) ronnes allemandes, qui croient de bonne foi ne re» gretter le beau temps de leur jeunesse que parce qu'on comprenait alors toute la valeur d'une noblesse chapitrale, et elles tendent une main amie à ces pauvres réfugies. Un autre , moins bien titre, n'est pas fâché de se montrer en aussi bonne compagnie , pour se donner aussi un bon air d'é** migration y surtout dans un moment oii ceU ne tire pas à conséquence. Près d'eux arrive une famille entière fuyant à Test et rencontrant une autre famille que la même crainte y amène d'un côté opposé. Il est aisé de concevoir qu'avec un premier fond de semblables visiteurs ^ la gaité des oisifs ne doit pas être considérablement ex* citée.
Réduit moi-même à garder la chambre et à ne sortir qu'en voiture pendant une bonne partie de cette saison, \e n'ai pas été fort bien placé pour apprécier ce qu'avaient de fondé les plaintes des divers visiteurs qui venaient me voir. Tout ce que je puis dire , c'est que presque tous m'ont assuré que, malgré le concours tout-à-fait extraordinaire de baigneurs , jamais Baden n'a été moins social que l'année de grâce 1 83^.
M. Piis a fait, sur l'harmonie imitative de b langue française, un poème, je ne trouve pas d autre mot dans notre langue polie pour exprimer ce genre de composition versiBée; oui, un poème dans lequel il s'extasie sur la merveilleuse conci-
mes de pouvoir regarder en ce moment avec ironie, paître que les trois quarts de son Ut y desséchés par la chaleur , ne laissaient plus voir qu un courant presque aussi peu imposant que celui de la Seine , on entre dans le délicieux pays de Baden. Une végétation riche j une verdure qui plaît à l'œil , des arbres courbés sous l'abondance de leurs fruits, des routes étroites mais bien entretenues, de petits villages propres et sains , tout vous rappelle les jolies vallées de PAiigleterre. La différence entre la propreté de nos villages et celle de villages si voi* sins est peu agréable à remarquer pour des Français. Le fond du paysage se termine par les chaîneis variées des montagnes de la Forét*]Noire j toutes couvertes jusqu^au sommet de ces beaux sapins qui lui ont donné son nom,
Baden est à douze lieues de Strasbourg. Elle est située dans une vallée étroite, protégée de toutes parts par les montagnes les plus pittoresques; d'immenses sapins en revêtent les flancs et les sommets, tandis que des vignes se prolongent sur la pente en amphithéâtre jusqu'à la route. Çà et là on aperçoit sur les hauteurs quelques roches noircies par le temps; plus loin sont, dit-on, les restes d'un temple consacré à Mercure, qui a même donné son nom à la montagne. En se rappirochant de la ville, une des plus hautes de ces montagnes présente encore d'immenses débris de murailles et une vieille tour à demi-démolie, à tous les étages de laquelle
( Si } les arbres croissent au milieu des appartemens antiques et laissent apercevoir leur vert feuillage à travers les brisures des portes et des fenêtres. Ces ruines y monument durable de la dévastation des dernières guerres de Louis XIV, sont tout ce qui reste de la demeure des anciens marquis de Badcn^ qui du haut de ce château dominaient toute la vallée du Rhin.
C'est le bon choix de semblables positions qui j pendant tout le moyen-âge, a établi la puissance. Un château bâti en plaine a élevé promptement son possesseur au rang de noble du troisième rang, c'est-à-dire de ceux qui , assez forts pour se défendre , ne pouvaient ni protéger ni persécuter les autres. Placés sur une montagne éloignée des routes militaires , le château et le seigneur ne se sont recommandés aux souvenirs historiques que par les gros lierres du donjon et la pauvreté du possesseur. Mais quand , réfugié dans sa haute tour comme dans une aire, le seigneur d'une montagne pelée a pu apercevoir de loin un fleuve au long cours, une route facile entre deux coteaux , un passage fréquenté entre deux villes opulentes, alors des droits , qu'on qualifierait autrement aujourd'hui , sont devenus des sources fécondes de revenus, augmentés encore par certaines petites excursions moins légitimement autorisées ; et bientôt la tour est devenue un château , le château quelquefois un palais; la montagne pelée s'est revêtue d'une double
(Si) iléfeitsc de forêts et (le remparts ; les vallées inférieuresonl été autant de véritables mines d*or exploitées par la lance ; et le seigneur , transformé en Burgrave, Landgrave , Gaugrave, Rheingrave, Wildgrave, Raugrave, ZentgraVe, Altgràve, PfaligravCy Freigrave, Reichsgrave ou Margrave , parfois aussi en Raubgrave , et quelquefois mêihe eu roi et en empereur, a compté pour quelque chose dans les annales des peuples. Le marquis deBuden est devenu d'abord électeur , puis , grâce à une alliance avec la famille impériale de France et à la volonté toute* puissante de WaJ)oléon, graiid-duc et seigneur grand- terrier. Les reviremens de i8f4 l'ont laissé dans la même agréable position , et il figure aujourd'hui au nombre des trente-sept qui, sous le patronage de l'Autriche et de la Prusse, exercent une souveraineté nominale sur une certaine pot*» tion des pays de race allemande. Sa souveraineté, quelle qu'elle s(Ht, se fait au reste peu sentir à Baden, qui est eomilie une ville d'étrangers et un lieu privilégiée En cela le grand-duc montre du tact et du jugement. Il n'habite lui-même cette ville que comme visiteur, et sans y avoir d'autre pied-à-tcrre qu'une maison fort simple à l'entrée de la ville, 11 y a bieil un ancien château des souverains du pays, mais il a été constitué en douaire pour la grande-duchesse douairière Stéphanie, dont la pré* sence à Baden pendant une partie de la saison n'est pas un des moindres charmes de cette résidence.
(83) L'entrée de Baden, du côté de Strasbourg, est vraiment ravissante. On traverse les vertes et sinueuses allées d'un jardin anglais, au milieu duquel sont groupés tous les établissemens d amusement public. Un petit théâtre assez élégant , une salle de bal richement décorée, et assez spacieuse pour con* tenir à l'aise les danseurs et les curieux , un restaurateur rival du café de Paris et du Cercle, des cabinets de lecture où se trouvent, sans prohibition ni exclusion, les journaux français, anglais et allemands de toute couleur, des magasins de musique^ de livres, de gravures ^ des expositions de caricatures françaises et anglaises de toute espèce , la caricature politique comprise , dans sa large indépendance, en face de cet élégant bazar, dont la façade ornée de colonnes offre un abri aux promeneurs, d'une large allée garnie, comme celle de la Rotonde du Palais-Royal, de petites tables destinées à ceux qui veulent prendre leur café en fumant indolemment leur cigare, puis une pelouse qui se déroule, unie comme les plus beaux gazons anglais , et des allées ombragées pour ceux qui cherchent la fraîcheur ou quelque peu de solitude, tout cela, placé à mi-côte et en amphithéâtre , domine la jolie ville de Baden , groupée elle-même sur le revers de la montagne opposée, et embrassant cette vallée étroite entre des montagnes. Toute la ville a comme un air de fête. Les maisons pe^ tites, mais fort propres, sont la plupart ornées de
balcons surchargés de fleurs. Une longue rangée d'ânes lout sellés attendent à l'extrémité de la promenade que leurs conducteurs enfantins aient fait quelque recrue de curieux; tandis que les rues sont animées par les voitures de voyage ou de promenade, qui partent ou arrivent. La seule affaire paraît être de chercher un peu de mouvement et un peu de plaisir, el les habitans qui y trouvent leur intérêt ne négligent rien pour multiplier les désirs. La beauté de la nature, en entretenant la santé, assure à elle seule le succès de leurs efforts.
Ce n'est que depuis fort peu d'années qu'on a pris l'habitude de se rendre aussi généralement à Baden. Chaque année de nouvelles maisons s'y construisent, et chaque année elles suffisent à peine à l'affluence croissante des visiteurs. Un quartier nouveau, le plus élégant de tous, s'élève avec rapidité, et dès le mois de mai deux rangs de maisons toutes nouvelles garniront le nouveau boulevart Plus de ia,ooo étrangers de toute nation l'ont successivement visitée cette année. Une vingtaine d'hôtels garnis reçoivent ceux qui font un moins long séjour. Presque tous sont passables, et quatre à cinq sont excellens. Les meilleurs hôtels ont leurs propres bains d'eaux thermales , que l'on peut prendre, soit dans sa chambre, soit dans une des ailes du même bâtiment, et dont la dépense est comprise en général dans le prix de votre appartement.
Ceux qui logent dans des maisons particulières peuvent profiter de cette facilité pour un prix presque insignifiant^ soit dans ces hôtels^ soit dans l'établissement thermal du gouvernement, qui, à ce qu'on m'a dit, est fort bien tenu. Je me suis contenté, pour mon propre usage, de la source placée dans l'hôtel où je suis descendu , et ma santé s'en est fort bien trouvée*
La source d'eau thermale d'où la ville a pris son nom est située au pied des jardins du château de la grande «duchesse Stéphanie. Elle était déjà connue du temps des Romains, si amis des bains, et dont une légion campait de ce coté du Rhin. On a réuni dans une sorte de temple, construit récemment au lieu même de la source , les débris des antiquités romaines qu'on a pu découvrir dans les environs. Tous les matins les baigneurs accourent y puiser la santé dans de fréquentes potions de cette eau régénératrice. Les paysans d'Irlande m'ont raconté autrefois une vieille tradition de leur pays , qui peut s'appliquer tout à point ici. Ils assurent que la rosée cueillie sur la coupole des fleurs de la vallée de Lairn, avant le lever du soleil, au mois de mai, a la propriété de conserver, mieux que le meilleur cosmétique, la fraîcheur des jeunes filles; mais il faut que cette rosée précieuse soit recueillie chaque matin par la main même de celle qui veut en faire usage. L'excursion à un air pur, fait la véritable efficacité de la rosée de Lairn,
et il est probable qu'il en est à peu près de même de l'eau de la fontaine de Baden. Une promenade à cinq heures du matin, pour une Parisienne habituée à ne sortir du bal qu'après deux heures et à ne voir le jour qu'à midi, prépare fort puissamment raction de l'eau et donne beaucoup d'afde à la science du médecin.
A côté de la fontaine des buveur$ se voit la source abondante dont les eaux « se distribuant en de nombreux canaux, vont ali^Denter les bains deç divers établissemens publics , qui paient pour ce privilège une assez modique rétribution annuelle au gouvernement. A sou origine la source a une chaleur de 5o°, que l'on diminue pour l'usage, suivant les prescriptions.
Outre le restaurateur français établi sur la promenade, les grands hôtels offrent à une heure et à quatre heures des tables d'hôte assez bien servies , à trois francs. Quelquefois la meilleure société s'y rencontre , car les femmes elles-mêmes y prennent place. C'était M. de Cossé, ancien maître-d'hôtel de Charles IÇ, qui présidait, en i833, avec beaucoup de bonne grâce à la table du Saumon , pu se réunissaient plusieurs élégantes familles françaises et anglaises. Quel cuisinier ne se fût lionoré de recevoir les instructions d'un maîtred'hôtel aussi célèbre? Quelle société de dineurs n'eût été charmée de l'avoir pour roi de la table ? Le secrétaire de la société des amis du peuple ,
(87) lui-même , n'eût pu contester ni ses droits ni son autorité. La table rapproche les opinions, et si le partage du pain et du sel n'est plus comme que seconde parenté , c'est du moins un titre à des égards et à des soins plus polis.
Pendant le dîner, des musiciens ambulans viennent chaqter quelques airs nationaux de l'Allemagne et des morceaux des opéras en vogue , en y joignant tantôt un quatuor d'instrumens à cordes , tantôt une harmonie d'instrumens à vent. L'ensemble de leur exécution est d'autant plus remarquable que la plupart des musiciens, surtout des harmonistes, sont de simples artisans du pays de Fulde qui, après avoir passé l'hiver à leur inétier et à leurs études musicales préliminaires, parcourent pendant l'été les villes d'Allemagne pour y exercer ce genre d'industrie. L'aptitude musicale est au reste si générale en Allemagne, qu'il n'est pas de ville et peut-être pas de village où on ne puisse trouver en cas de besoin de ces artistes improvisés. Tout maître d'école est obligé de savoir toucher le piano pour donner des leçons de chant à ses élèves, et j'ai parfois entendu de petits paysans de lo à 1 2 ans exécuter des chants de la Dame Blanche ou de tout autre opéra un peu populaire, avec un à-plomb qui est trop rare à la place de la Bourse.
Dans l'après-midi , un orchestre abrité sous une tente élevée au milieu de la promenade se charge
(88) encore de suppléer au vide de la conversation et se continue pendant les deux heures que Ton con-r sacre à venir prendre le café et les glaces. C'est toujours la bande des musiciens de Fulde qui se réunit, en sortant des divers hôtels, pour exécuter ce concert en plein air; et on les retrouve encore dans les premières heures de la nuit, avec une addition de galans amateurs qui viennent fréquemment donner sérénades et aubades aux belles du voisinage.
Après dix heures ou onze heures du soir au plus tard 9 toute sérénade a cessé de ce faire entendre;; tout moiivement est interrompu; tout est dans un repos parfait; il n'est plus que le chanta demiétouffé des Nacht-Wâchter (gardes de nuit) qui vienne vous assoupir mollement par sa monotone et grave mélodie. Ce refrain, répété en même temps d'une extrémité de l'Allemagne h l'autre , a une empreinte toute religieuse :
Die Glocke bat zehn Uhr geschlagen.
Bewahret das Feuçr und Licht ,
Damit Niemand Schaden geschieht.
Bethet fur die gestorbenen und lobet Gott den Henn.
C'est-à-dire : « dix heures ont sonné. Eteignez vos feux et vos lumières de crainte de porter dommage à autrui; priez pour les trépassés et louez Dieu notre Seigneur. »
Cet usage des gardes de nuit, qu'on retrouve
(89) encore dans quelques villes de France, telle que Chartres par exemple, est universel de ce côté du Rhin. Moyennant la modique rétribution de quelques sous par nuit, deux hommes se promènent tour-à-tour de dix heures à six heures du matin , crient les heures et la température, prêts à annoncer un incendie s'il se manifeste, ou à crier alarme en cas de besoin ; mais dans aucune ville , je crois , ce dernier besoin ne se fait moins sentir qu a Badep ; c'est comme un véritable lieu de repos et d'oubli de toutes les passions vulgaires. Il n'est pas jusqu'à la politique qui n'y perde habituellement un peu de la vivacité de son intérêt. Un étranger n'y voit d'ailleurs rien autour de lui qui lui rappelle sans cesse la nécessité des réformes pour lesquelles on combat si honorablement dans le reste de l'Europe. Ni murs d'octroi, ni barrières; jardins publics et privés ouverts à tous les curieux; pas de grilles aux fenêtres et souvent pas de serrures aux portes; pas de chiens dont on craigne la rage ; pas de police politique; pas de passe-ports; pas de permis de séjour ; pas de gendarmes. La présence du souverain ne s'y manifeste que par Técarlate de ses deux postillons ; celle de la souveraine douairière , que par des fêles ou des conversatipns animées par un bon goût et une grâce d*esprit qu'on ne trouve plus guères que dans deux ou trois salons de Paris, depuis la mort de madame Arrago, du comte de Ségur, de madame de Duras
(90) et de M. Cuvier, et l'absence de madame de Saint- Aulaire et de la duchesse de Saint-Leu. Chacun sort, rentre, va, revient , à toute heure sans que personne en prenne note. C'est un vaste caravansérail oïl affluent les étrangers en si grand nombre que les indigènes disparaissent, pour ainsi dire, pendant quatre mois de l'année, afin de leu'r en faire les honneurs et de les laisser ensuite maîtres absolus de la place. Baden , pendant la saison des bains , est en quelque sorte en dehors de la confédération Germanique. Malgré son verbe haut et criard, la voix de la diète de Francfort ne peut parvenir à s'y faire entendre. Elle expire sans écho aux pieds du Mercuriusberg.