‹ Quelques souvenirs de course en Suisse et dans le pays de BadenChapitre 6 sur 22 · SAINT^GALL · texte numérisé non relu

SAINT^GALL

M. de JUssberg avait réveille mes goûts pour les manuscrits. Saint-Gall était à sa porte; je me hâtai de m*y rendre. La ville de Saint-Gall vit par la réputa*» tiondeson cloître, et la réputation du cloître subsiste aujourd'hui par la réputation de sa biblio-* thèqne. L'histoire de Tune est l'histoire deraiitre.

Colonâban et ses douze disciples, après avoir quitté le monastère de Bangor où se trouvaient alors plus de 3oo mcnnes, s'était d'abord dirigé vers la Franche-Comté ou il avait fondé les ab** bayes d'Anagrais, de Luxeuil, et de Fontaines dans* leacl4teaux qui lui furent offerts par le xèle des hoditnes du pays ; mais il fut bientôt après forcé par le&persécutions de Brunehaut de quitter cette partie de la Gaule. Il s'embarqua à Mayence et suivit tan* tôt le cours , tantôt les bords du Bliin , et arriva en 612 jusqu'à l'embouchure de la Limât. Ce fut là qu'il voulut s'établir, après avdr dispersé ses disei* pies dans les environs du lac de Constance; mais de nouvelles persécutions le forcèrent bientôt de quitter encore ces lieux. Il rappela autour de. lu» ceux de ses disciples qui purent l'accompagner et se réfugia en Lombardiecù il mourut à l'âge dè>9o ans dans le monastère de Bobbio qu'il y avait foiidé.

Gall^ Gallon, Gilian ou Callec, disciple de Colomban, était alors malade d'une fièvre qui lui

(i65) éuùi assez hal^tuelle. U obtint de rester dans ces montagnes; y établit une cellule à Ârbon; de là s'avança un peu plus loin dans la retraite au lieu. où esit maintenant située la Tille de Saint^all et y mourut en 666« Lc^ monastère qui y avait été établi fut fréqueipment pillé pendant la fin du septième siècle et le commencement du huitième; mais dans le cours du neuvième il avait pris le plus vaste développement. On s'y occupait beaucoup des sciences,, surtout du grec et du latin. U y avait des Fraires EUeniei. Jusqu'en 8ao on avait écrit les manuscrits. soÂt avec récriture cursive des Mérovingiens, soit avec la belle écriture dite écossaise que les Irlandais avait iapportée de Bangor. Il existe encore à Siaint-Gall un très petit nombre de pages de la pre* mière et plusieurs volumes de la secon()e ; mais on. çpmmeQça alors à se servir de l'écriture dite Caro* lingienne. Chacun avait ses fonctions , les uns pré^ palpaient le parchemin, d^autres le réglaient; ceux*ck copiaient (i); d'autres mettaient les majuscules;;, puis on peignait^ on reliait, on ornait. Écrire étaib alors un véritable travail. Le moine Eadb^t dit : Qui nescit scribere, non putantesse labore;tresf ^nimdigfti scribuntf totuni coij>usiaborat {m^mxsn crit n*" ^43) • Aiji n wvième siècle labibliothèque était déjta coipposéade plus de 4oa volumes ; on encon^

(i) Galamus etpenn»iii£ti*umenta scribue ; sedcalamos

( *66 ) 3^rve ,edcor6 le ca^ksigue qui esldeTëpoque. Tbut Lemotide parlait latin dans ïsAjhaje. Nemoprœter eçiÀks pusiones^ dit Ekkehard daqs son Hisloit*e d^ .Salnt-Gally qmctpmm aU»ti étUi ladnè hqtd âuius ^i^«On explttyiait Cicéronf Quintiliêiiy Yit^ gile^Oyide^ Lucaui^ Uonace ^St4cè^ SallUst^^ l'item lÀvé^ TroguenFompée^ Frontin^ Soliâ, YflH^ti^ Juv^oalv Persëy Tërence, Sophocle, etij.^ On cdm*^ posait des iters latins sur des sujets dé légende à rindtation dés . anciens. On introdalsit Taccent pour fàeiliter la lecture du grec^ et on attacha la plus grande importance à kcalture de la musique. l» neuvième siècle 'eè le dixième furent les siè-^ des' brillans de Tabbaye de SainMj^H. Ce foi pew^ailt cet iqtervalle que ahurit *le ihoinë de Saint-Gall qui nous a laisse iîss renseigde^eris les plus détaîllé&.sur Gharlemagne. Tout ce quVm à pu savoir dé cemoinév c'est qu'il avait écrit ver^, 88o>«84t&86 ou,887> q°'i^ étaii bègde,^ n'a.

j^uBiaismis lespieds en France, mais rien rie petite fiiirâ connaître son nom. Ce qni frappe d'ëtonnemêht 4 en Usant l'histoire de ce moine însrtrâit^ c^est de .voir déjà lîiimïiense quantité de fables qui, 70 atm après la mort de GbaHemagne^ s^étaient ^Hs^ séeû. danà. sea dnnales» Un ttK>i6e de Sainè^Andre aUait bien plus loin encore^ il eait vrai^ à cette épo^ <|ue^ puisque dans une chronique écrite en Italie dans l'anime 8fli4r oW-à^lire sous le règne d'ua petit-fiU de Charlemagne, il raconta avec détails.

( *67 ) sa prétendue expédition à Constaotinople et à Je*rusalem, élaborée ensuite par Turpin et par tons les romanciers.

Trois Notker et quatre Ëkkehard illustrèrent la même époque. Le dernier des 14 otker^ appelé Not** ker Labeo (aux grosses lèvres), eut une réputation immense en grec, latin^ poésie, mathématiques^ Il aimait surtout à écrire en langue allemande et on trouve de lui, à la bibliothèque de Saint-Oall, une traduction allemande de Boëce, de TOrganed'Aris^ toteetde plusieurs autres ouvrages. Il mourut en I0!à2 après avoir laissé de nombreux disciples.

Les Ëkkehard rivalisèrent presque de célérité avec les Notker. Ëkkehard I"^, mort abbé de Saint? Gall en 973, était fort estimé de Jean XXH et tfOthon V qu'il alla visiter à Rome., Outre son poème surWaltbarius manufortis dont j'ai parlé plus haut» il avait laissé un livre intitulé : Lydius Charroma-* nicus ou Garlomanicus 9 sur Charlemagne , etplo-i rieurs hymnes sacrés. Il avait aussi commencé sans le terminer une vie de saint Wiborad; maïs on n'a. pu retrouver que le Waltbarius^ dontM^ d'Arx indique ua exemplaire qui se trouvait en i aao dans la bibliothèque de Mûri et un aiUre en ii55 dans celle de Pfeffers.

Ëkkehard II, mort en 990,, n'a laissé que des documens et discours recueillis par son sténographe et publiés par Ëkkehard iV dans sa ^ chroiiique.

Ëkkehard Ill^doyen 4^ Sajnt^Gall pendant 3o ans.

( i68 ) a écrit un poème qui est imprimé dansCanisiilect. antiq., tome 5.

£ofin Ekkehard IV, mort en 1 070, outre son Vber Éehedictionum (i) composé à la demande de son professeur Notkèr Labeo^ d'Aribon, archevêque de Mayence, et de son frère Immon,abbéde Pétershau» sen, a écrit sous Tabbé Norbert une chronique intë-^ ressante de son monastère. Elle est intitulée Casus Sancti Gain et est imprimée très correctement dans la collection de Perz (a). Le style latin, la distribution des matières , les tableaux de mœurs , l'exactitude de la plupart des renseignemens, font de cette chronique monacale un morceau d'histoire vraiment précieux.

L'abbaye de Saint-Gall entra au quinzième siècle dans la confédération Suisse comme alliée. Au seizième elle eut beaucoup à souffrir dans là guerre contre les Zurichois, mais elle se releva encore pour disparaître complètement lors de l'acte de médiation de i8o3 par lequel le chapitre fut supprimé elle canton substitué à ses droits.

Depuis deux siècles le canton s'était beaucoup fortifié et éclairé. Le bourguemestreVadianus avait eu la plus grande influence par cet heurpux progrès et son nom jouit encore du plus haut respect dans' sa ville natale à laquelle il a légué ses manuscrits

(1) Manuscrit n. SgS*. Ii>-4*^*

(3) Tome II. Goldast, dans j^n Rerum. Alam' C. l'a-vait déjà imprimée ; mais fort incoiTectement.

(i«9) et sa bibliotlièque, formaat aujourd'hui le fond de la bibliothèque de la ville.

La bibliothèque du couvent deSahil'Oall a éprouvé des désastres assez fréquens. Déjà vers l'an 9^5, les Hongrois qui avaient ravagé et incendié près* que toute rAUemagne, étaient venus piller ce monastère sous l'abbé Engclbert. Lés moîaes s'étaient réfugiés dans l'île de Reichenau avec leurs objets les plasjprécieux et leurs manuscrits , mais peu de ces masAsscrits revinrent au chef-lieu. D'autres leur furent même substitués , et on fut obligé de pourvoir à cette perte par de nouveaux achats.

Les pères du concile de Constance, si funestes à la bibliothèque de Reichenau , portèrent le.mêoie désordre dans celle de Saint-Gall. On ne putreftt<ser de leur prêter les manuscrits qu'ils demandaient, et à leur départ la plupart oublièrent de les rendre, et les emportèrent avec eux;Ce futà cette même époque (i^iS) que le Pogge visita cette biblio* thèque , en déplorant que. des barbares poss^écbssent de si beaux livres dçnt ils prenaient si peu de soin. Ilytrouvale Quintilien cpmpLpt qu'iL fit ooD-n naître ensuite. Lactance, Yijtruve^etrArgonAutîque deValérius Flaccus furent également puUiésj plu»' tard d'après les mêmçs.mapuj^crit^^ ,; . i>.j

Dans la guerre de 1712 cpntre ZÙricb ^t.Befj^ un grand nombre fut encore perdu, mais ce qui reste suffit ^sependant pour* y attirer fréquemment les Yoyageurs étrangers. *M;Viétok*'Lcclei^c,qUi

( ^70 ) nous a dotiflé Un si Utile travail sUf Cic^roit, y est venu faire me courte excursion en i$33 ; itiâis il n'y est malheureusement i*esté qu*un jout* et demi et il n'a |wï ea apprécier toute la valeur, car le catalogue cômpléft est encore à faire. Il existe Un iuven» taire, maidil ti'est pas assez détaillé et on se contente d'indiquei' un ou Vidage par volume quand souvent ce volume en contient dix. Il y a aussi un catalogue par ordredematièf es fait avec beaucoup desoîn, endeux voldtdéj id^folib, pai'K.olb, étève de dom Bouquet,. mai$ immédiatement après la rédaction de ce dernier catalogue eu i^^g , qUelques-uris des manuscrits prêtés à Oérbert, abbé de Saint-Biaise^ pi^rireiit dans Hncciidie de sôti abbaye, et d^autres furent achetés d'Ëgid Tscbudl ; de telle manière que ceratabgUené donUe nUtlenléht une idée complète delabibHôthèqUe. 11 faut i^eUia^quér en outre que dtf ténlpè de Kdlb, ôu n'attachait que fort peu d'ittijidrtàttde à cettàiiies matières àUjôurd^hui tort r^fteréhée^. Auà^l né ^it-it aucune mentiofa ni des niaMscHtâ i*escriptâ, lii des anciens poèmes, allemaiiklâv ^^ ^^^ fragménîf curieux pour Thistoireancio^tiè^t^âlletnâgnè. tel, comme presque partout^ 1« bitàlofgue dès ttianu^cVîts est encore a faire. On peut toutefois profiter tttfleriient de ce qui est fait p^l*ieg1ïWë^ dans kes recherches (i).

(i);.YôyeB i^liît*, 4finf FAptjeUdîdB, intrtqlieft déUrJk^ sur les^ainMScri^siAe ^aiqrl>>Gf|ll. j

LANDSGEMEINDÈ DE L'APPENZELL.

Dana lespetitB cantons dëmoerâtiquedy le peuple eoDserve en lui la plénitude de la souveraineté pour F^xercer en personne et non par des délégués ou r^résentaBé. Comme à Atliènes, le peuple fait les lois y rend les jugemens et administre. Tous les ans, k deriier dimandie d'avril ou le j»remier dliman- ^he de mai, la totalité des citoyens valide^ depuis Fâge de i6 ans^ se réunit sur la place pubU^ue et pnoeède à la nomination des offices de tous tes degrés, à la révision des lois politiques et civiles^ et au jugement des procèSi JTétais curieux d'assister à nlie de cps rétmions solennelles. Ma prôkiitiité de Saial^iall m'engagea à préférer la Làhdsgemeinde du beitu pays^d'Appenaelh

Le oaqtoii d'Appeniiell eut divisé eh deux petites ïépt]bUi{ueë ukiîeSy Ytttie catholique dont Appentell est la «a^tale^ l'autre protestante qui dège à Trogelii Je préftrai asôster k là LaûdsgcfiAeitlde de Trogëh qui déVàit être plus nombreuse éi où on aùnoiiifait dé vtVés dièciièsibns. Celle d'Apt)ën2iell n'est surtout c?urîeuàe que par le costume plo^ piltt>reëquef éei habitant et particulièrement des lèmtilëi.

I^ route de Saint-Oall à Trogen est de trois

( 17a ) lieues à travers de hautes montagnes sur lesquelles^ malgré une chaleur prématurée (nous étions au ay avril), il restait encore çà et là des ilôts de neige. Dèà qu'on est entré dans le canton d'Appenzell on remarque une différence notable dans les habitudes du pays. Le canton de Saint-Gall offre de belles habitations bien bâties et ornées de beaux jardinsà côté de masures fort négligées. On comprend que là il se trouve des propriétaires riches , ou des manufacturiers intelligens qui s'élèvent au-dessu& d'une population pauvre, ou des prolétaires dont le travail n'est pas mis en réserve pour leur seul avantage. Dans la partie protestante de TAppcnzell au contraire , je n'ai pas remarqué une chau-i mière, une maison négligée. Tout le pays a un air de fête. Les maisons, larges et bien aérées, sont bâties en pierres jusqu'au premier étage; le reste est en bois; elles ne sont pas serrées étrokement les unes près des autres, mais disséminées ça et là sur les monts, dans les vallées , sur le penchant des collines, de manière que, partout oîi vous teurnez les regards , vous voyez , comme au miUeu du parc anglais le plus soigné, une vaste, et saine habitation toujours blanche et propre avec des carreaux transparens, et entourée d'nn petit jardin fort i)ien entretenu, et ceJU sans in^alité, sans exception. Les, Appenzelloisr cultivent leurs terres, nourrissent de nombreux bestiaux, et en entrant dans les maisons, vous ti;ouvez toutes les femmes

( *73 ) occupées à broder ces mousselines^ ces voiles ^ ce^ robes, qui viennent s'agglomérer dans les magasins de Saint-Gall, pour de là se répandre dans les magasins de Paris et orner les salons tes plus opulens^ les femmes les plus élégantes. Les femmes de l'Appenzell ne portent elles-mêmes aucune de ces broderies , elles n'ont jamais vu et ne verront jamais sans doute leur ouvrage porté par personne autour d'elles. £lles pourraient aussi le faire ressortir en s'en parant; car beaucoup sont fraîches et jolies, bien plus fraîches et plus jolies que leurs voisines de Saint-GûU et de laThurgovie; mais la propreté est leur plus grand luxe.

Tout le long de la route je rencontrai des Appen-! zellois à pied et à cheval, un grand sabre ou une cpée au côté, beaucoup en costume noir et brun et en chapeau à trois cornes , se rendant à l'assemblée de Trogen. Je liai conversation avec un jeune homme. C'était un petit cordonnier d'Herisau. Il était poli , vif, intelligent , patriote. Il connaissait ses droits de citoyen et savait les maintenir, et n'ignorait pas que la liberté est d'une assez grande valeur pour qu'on la paieau prixde quelques efforts et de quelques sacrifices. Il me mit au courant de ce qu'on allait faire.

J'arrivai de bonne heure à Trogen, Le vieux Landamman Zellweiger qui, pendant les tristes événemens de 1 8 j 5 et de 1 8 1 6, avait montré une si généreuse fermeté contre les plates réclamations du

( *74 ) ministre frauçâis en Suisse ( i ); et avait offert à d'illustres proscrits la 'sauvage iadépendanoe de ses mon* t^igoes, était mort depuis quelques années. J'avais des lettres d'introduction près de son fils, dont la mai»* sop est située sur la place où se tiept la Landsge* ipeij|de« ou assemblée géttërale du pays. M, ZisUweiger fils est une sorte il'érudit un peu io«rd, vf\^is assez instruit dants les antiquités suisses, il a réuni un grand nombre de chartes anciennes et a publié ep pinq gros volumes in^"^ une histoire de VAppeiïzeUydpnt 4 v<>l!^u»iatscoutien«ieiit d'aocipnnes chartes et un volume costient l'histoire du pays. Je rencontrai chez lui un de mes amis, ministre d'An* gleterre en Suisse, venu comme moi pour contempler pe spectacle tout nouv^mu pour nouy.

I^ pla(;e a'élève doucement comme en amphi^ théâtre depuis l'église qui la termine d'un coté jus** qu'M^i^oute qui la clôt de l'autre, et au-delà de la-» <{peUe çownencent d'une iiuuiièm abrupte les som^ mets le^ plus élevés des montagnes qui <lomineHt Trogoa, Des deux côtés sont bâties les maisons dont tputes les feaétres étaient garnies de spectatrices de tpus les r^ogs et de tous les cantons de la Sinsse^ 4outeis vêtues d'une manière pittoresque. C'était un

(i) Ce ministre^ après avoir Vuit fait pour détruire la neutralité suisse et ouvrir ainsi la France à l'ennemi^ voulait que tout sol ami fût fermé ensuite à ceux de ses nialheu- «'eux compatiwtes qu'avait fiappés l'orgueil humilié des T-gbde:l'£umpe.

tdl)leau pbin degaîtë et de ix^oufyemeft. Tome la place était Qcçq|>ée par les citoyens actifs.

Au;:^ deu^ es^tréiçitQç étaient construits deax éçhafaud$ garnis ^^ t^Uk^ M de banc^ Sur Yun siégeait le h^niiwitnm ^^^^ ^i^rétaîres et apparît^rs I ^^r Tautre le gnand coa^eil roprëseataot eu ppUVpir eKépftHâf; cs^ \^, l^jfMiupfe réunit en soi tous le$ pouvoirs. Les^itPjfeo^ étaient debout entpelef deu)i éçhafepds, jus^i^ a T^i^trémké de la pl«ee.

A onze heures Qfk se r^ndi^ k Téglisepour euleii* dre un court sernM)^ apalogM^ à U cireonitance. Pe3groMpe§ de cbautwrsdrçuUrçnt «suite à tra* vers la foule ^ chantant d!apqi^9 cantiques eiî rëu* nissant chacun en gro9pe amtOMr d'euic uufi ^rtitine nuance d'opinion politique. Le IiaadanwaA ouvrit la séance par un compte repdu de ^qtk j^mittistra-> tipn^ çt prouQ^ga up di^QVr^ fort sensë £t fiut libérait II était ai^é d^ voir qu'ii s^wmt pour lui l'o-* reille du peuple ^ et q^e ^es parolea tombaient dans des esprits diappSiés à U^ açcumlUr avec faveur. Il ne Pie parcfjt pas qi^e quelques délf^ués du parti aristocratique qui espér^iept scission ou tu-» ipulte^ fussçjQit fort satisfaits de cette adhésion à des pensées si libérales, qui allaiput sur-le-champ se transformer en actions r^julières ^t légales^ Lesdt» v^rsagens publics rendirent ensuite lie»Qomptes4^ finances ^n annonçant qu'ils ^U^ie»t étr» déposés à Thôtel du go^vernement p^d^nt aix se^naines , pour que cbaoufl pût faire se^. remarques, et faire

( *76 ) peser la respotnsabililé non nominale , mais rëellë« sur qui de droit. Les comptes sont peu étendus dan» ce pays où il n'y a pas d'impôts et où le trésor publie ne puke ses ressources que ^ans les ameïr- <les des tribunaux ou autres sources fort peu opulentes de revenu. Les emplois public^ sont, à(x reste, rétribués en prc^ortioû/ quand ils ne sontpas complètement gratuits. On procéda au renou* velleœent des fonctionnaires publies. Le Landam^ man fut réélu à la presque unanimité.

On passa ensuite à la réélection du grand-conseil. Le Landamman faisait les propositions; le peuple les approuvait ou les rejetait en levant la main. CoHmie le grand-conseil avait été élu après la réforme de la constitution y il n'y eut guère de rejeté que ceux qui présentèrent des excuses, et dont les excuses furent trouvées valables. Les autres furent tenus d'accepter, et les nouvelles électrons mè semblèrent conformes aux vœu^ du Landamman.

Ui^ fois le gouvernement constitué d'une manière régulière, on passa à Texamen du code politique et du code judiciaire. Quelques délégués dû' parti aristocratique des autres cantons s'étaient flattés que la nouvelle Landsgemeinde allait rejeter les réformes libérales de la Landsgemeinde précédente, et que^ revenant aux préjugés du passé, etlë s'opposerait à la réforme du code judiciaire. Le vote fut contraire à cette espérance, et à la presque unanimité les réformes politiques libérales furent

approuvées, et an décida la réforme dû code judiciaire et la révision de ceux des articles constitutifs qui ne se trouvaient pas en harmonie aves là marche libérale qu'on était déterminé à suivre. Il restait à décider si ces articles constitutifs seraient revus par une commission qui présenterait son travail dans le cours de l'année^ ou par le grand-conseil. Les avi^ se partagèrent sur ce point. Le Landamiman chargé de la déclaration des suffrages annonça qu'il ne pouvait distinguer de quel côté était la majorité et qu'il allait recommencer l'épreuve. Mais pour appuyer sa propre décision , il appela à lui l'assistance de deux memlirèâ du grand^ïonseil. On alla les chercher en cérénioniè, et les appari* leurs les amenèrent escortés par la musique jusqu'à la tribune du Landamman. L'opération recommence; même doute des trois scrutateurs. Le Landammfan annonce une nouvelle épreuve et mandé pour l'assister deux nouveaux membres du conseil y qui arrivent avec le même appareil.

Dans une de nos assemblées qui rejettent si fièrement le suffrage universel conmié propre à créer une confusion peu' digne du salon , une lutte aussi prolongée entré deux opinions presque égales n'aurait pas manqué d'allumer bien des passions. Que d'alléeset de venues d'un banc à un autre! que de menées! que de nmrnmres'! que d'accusfatiôns ! que d'injures peut-être! Rien de pareil n'eut lieu dans k réuntoa universelle du peuplé de Trogen, com-

( *78 ) posée de plus de lo^ooo citoyens. Chacun convainc eu de la justesse de son opinion y persévérait aveccalme^ avec silence, avec fermeté, et trouvait tout simple que son voisin persévérât avec la même immobilité et la même fermeté dans l'opinion opposée.

Après trois épreuves il fut en6n décidé par le bureau que la majorité se prononçait pour la nomination d'une commission; si leurs doutes eussent continué, on eût fait ranger les citoyens d'une même opinion [d'un même côté et on eût compté les suffrages. La majorité qui à moi, peu habitué à une telle quantité de mains levées, paraissait douteuse , ne l'avait pas paru cette fois au bureau. Pas un murmure , pas une réclamation ne se fit entendre de la part d'adversaires si obstinés. C'est un grand exemple à donner à nos légblateurs $i emportés et si impatiens, et qui restreignent le droit électoral dans leur méfiance d'un peuple plus maniable souvent et moins agité de passions étrangères qu'ils ne le sont eux-mêmes.

La cérémonie se termina par un serment ùAt par tous à la constitution. Cette solennité est une des plus imposantes, la plus grave et la mieux ordon-* née que j'aie jamais vues. Que de préjugés, que de niaises traditions on guérirait icil

DeTrogen je retournai aux bains d'Heinrichsbad qui commencent à of&ir un séjour agréable à la ported'Herisau.Le restaurateur nousdonnaundîner

( 179 ) aussi bien servi que dans le meilleur café dé Paris. Je montai en attendant sur le haut d'une monta- . gne qui domine une vUe magnifique ; ce serait uit des plus beaux panoramas à présenter. Le glacier du Sentis n'est qu'à une demi-lieue de là et vous apparaît dans toute sa beauté. De quelque côté que l'ori tourne les yeux , sur les vallées peuplées , sur les montagnes de neige , sur les deux beaux lacs de Constance, l'œil est également enchanté y et l'ensemble forme un tableau ravissant.

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