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suppléer s’il y a lieu à l'insuffisance des ressources de la famille par l'intermédiaire d'œuvres. |
En voyant les heureux résultats obtenus dans la lutte antituberculeuse, par la mise en pratique de cette méthode, on fut amené bientôt à l’appliquer à d'autres maladies, à tous les dispensaires et à l'introduire dans les
œuvres de protection maternelle et infantile.
L'institution de la visite à domicile marque une transformation considérable dans le mode d'action employé contre les maladies sociales : c’est l'introduction de la méthode préventive.
Les médecins qui ne voyaient que les malades du dispensaire vont porter leur intérêt et étendre leur action de défense à d’autres malades qui ne se présentaient pas à leur contrôle. Le médecin qui jusqu'ici avait joué un rôle surtout passif, employant uniquement ou presque la méthode curative, est entré en lutte vraiment active — au lieu de borner sên activité aux soins donnés aux malades du dispensaire, il va rechercher dans le cercle du ‘-yer familial, les malades qui ne réclamaient pas ses services, il va au-devant de. la maladie, cherchant à la dépister partout et à l’anéantir, en protégeant à l'avance ceux qui pourraient être contaminés dans la suite — par exemple, les enfants de parents tuberculeux, et ce -fut
l'œuvre de Grancher.
Pour la première fois, on met en pratique une thérapeutique préventive, pour anéantir la maladie dans ses germes mêmes, sans attendre que le centre infectieux,
ayant progressé et diffusé, ait étendu ses ravages à tel
point que le secours médical arrive trop tard, pour l'individu et pour la communauté.
Il faut le reconnaître, c'est surtout l'Amérique qui nous a montré tout le parti que l’on pouvait tirer de la visiteuse comme auxiliaire médical sanitaire et assistante sociale tout à la fois. Cette méthode, née en France par les travaux du D' Calmette, a été surtout développée aux Etats-Unis.
Depuis environ vingt-cinq ans, les Etats-Unis ont donné une extension énorme à toutes les œuvres d’assistance sociale et, dans toutes, nous retrouvons la visiteuse comme le rouage primordial de ces institutions.
En particulier, quelque temps avant la guerre, en 1912, en développant leurs œuvres de protection de l'enfance et mettant le service social au premier rang par l’organisation générale des infirmières visiteuses, comme nous l'avons exposé précédemment. :
Quelle que soit l'attribution spéciale qui ait été conférée à la visiteuse, que ce soient des assistantes de dis: pensaires, d’hôpitaux, d'écoles, d'œuvres de protection de l'enfance, ou d'usines, la visiteuse doit être à la fois infirmière et assistante sociale.
Infirmière, car elle doit posséder les connaissances anédicales suffisantes pour pouvoir donner l'aide physique et les conseils techniques d'hygiène ; soigner s’il y a lieu et reconnaître ou dépister une maladie, et assistante sociale, c’est-à-dire capable de juger de la situation économique et morale du malade.
Avant tout, il est nécessaire qu'elle soit reconnue
comme faisant partie d'une organisation médicale. Auxi-
liaire d’une œuvre d'assistance ou de protection, elle en est un des instruments de diagnostic et de traitement. En tant qu'auxiliaire représentante du médecin, la visiteuse a plus d'autorité et de prestige, elle sera accueillie plus favorablement, on lui accordera plus volontiers confiance, elle pourra plus aisément réussir dans le côté délicat de sa mission, effectuer l'enquête financière et morale indispensable, ce qui ne sera pas un des moindres avantages de cette méthode.
Son entrée dans le foyer familial sera certainenrent de beaucoup facilitée si elle vient pour soigner un malade, pour s'occuper d’un enfant. Car le fait qu'on vient apporter un secours en argent, ne constitue pas un droit d'enquête, sauf dans le cas de demande, et l'on sait combien, à ce point de vue, les familles sont en général susceptibles, vis-à-vis des déléguées ou visiteuses, envoyées par les bureaux de bienfaisance ou les œuvres privées, pour faire uniquement l'enquête sur la situation économique de la famille. >
La visiteuse étant considérée comme un auxiliaire du médecin, son unique raison d'être étant d'améliorer l'état sanitaire d’un individu ou d’une collectivité, il apparaît comme nécessaire qu'elle ait reçu l’enseignement d'hygiène et l'éducation médicale exigés d’une infirmière.
Pour qu'elle puisse aider à établir le diagnostic, faire le rapport écrit qui lui permettra d'établir la fiche, et dans bien des cas, être capable de reconnaître le genre de maladie, l'importance du Cas, son degré, et les rai-
sons d'être, pour qu'elle puisse découvrir et dépister les