EAU CN UE
B) L'étude de la personnalité jette une lumière sur la complexité du problème. Son intérêt se bornera ici à remarquer les divers éléments dont on doit tenir compte, l'importance qu'il faudrait réserver à chacun d'eux suivant les cas. Et là, il faut considérer successivement la personnalité innée (capital héréditaire) et la personnalité acquise.
Ce capilal héréditaire n'est-il pas la somme des dispositions affectives et intellectuelles, des tendances qui caractérisent l'individu ? Le « naturel » dont parle La Fontaine, la base que modifiera sans doute l'éducation et le milieu, mais qui reste cependant l'essence même de l'individu. Ne faut-il pas encore y Joindre les aptitudes : le tempérament pris ici dans son sens purement physiologique ?.. Par opposition, nous réservons aux dispositions psychiques le mot « constitution ».
Ainsi « cette organisation propre, qui résulte d'entrecroisements d’hérédités ancestrales » : c’est la personnalité innée. Le corps apporte donc en naissant des dispositions particulières, en vertu desquelles il est plus ou moins sensible à certaines impressions.
Le tempérament : On distinguait autrefois le bilieux, le nerveux, le sanguin, le lymphatique. « La vie nest pas vue de la même façon par le gras ou
le maigre, l'abdominal et le sexuel... Notre humeur dépend de nos humeurs » (Paul Voivenel), On parle plus volontiers aujourd'hui du vagotonique et du sympathicotonique. Le D' Maronne en Espagne, les Professeurs Santenoise et Laignel-Lavastine . en France ont amplement étudié cette question. I se dégage d'une façon certaine, qu'il y a des rapports entre l'humeur et le fonctionnement du grand et du para-sympathique.
Le Professeur Laignel-Lavastine note la relation entre le système vagosympathique et leuphorie. « Ge qu'il y a de sûr, dit-il, c’est que l’euphorie est ainsi l'expression d’un certain état de cénesthésie ». Dans l'étude des affections mentales, il établit cette relation sur des faits précis : observation des troubles réflexes sympathiques, critère morphologique fourni par des autopsies systématiques.
A ce facteur sympathique, s'associe un facteur somatique : le critère pondéral. Et il montre encore les rapports de l'humeur avec le pH urinaire.
« Pepuis Morel, dit-il, c'est surtout dans les psychoses affectives qu'on à incriminé les perturbations du sympathique. » EC il remarque qu'il v a souvent parallélisme entre l'excitabilité sympathique et les manifestations psychiques des psychoses intermittentes.
Dans ses conférences de « Sympathologie clinique », le Professeur Laignel-Lavastine fait la eritique de la dissociation des deux tempéraments vago- {onique et sympathicotonique, montrant qu'ils ne s'opposent pas toujours aussi schématiquement. Ces syndromes étant plus ou moins intriqués, on ne peut bien souvent parler que de dystonies. Enfin, il
DSTI
remarque que « derrière le facteur sympathique, on est toujours en droit de rechercher le noyau endocrinien ».
Les glandes à sécrétions. infernes jouent donc.
ainsi leur rôle dans la pathogénie de l'humeur. Que ce soit la thyroïde, l'hypophyse, les surrénales, les ovaires, les testicules. L'influence de la castration sur l'humeur est bien connue. De même, le rôle important de l'ovaire sur le caractère de certaines femmes : troubles psychiques de la: ménopause, sautes d'humeur de la menstruation.
Influence aussi du jeu des émonctoires.
Enfin, on risquerait de s’attarder longuement sur des faits bien connus pour vouloir parle; du rôle de tous les viscères. Il est incontestable que les fonctions digestives ont leur importance, qu'un bon appétit dispose à l’allégresse, « -que la couleur de nos pensées et nos tendances d'esprit corresporuient
pour une bonne part à l’état de notre estomac, @e
notre foie, de nos poumons. » (Franc-Nohain
« L'Art de Vivre »). « Quand le ventre est plein,
il dit au cerveau : chante ! », remarque un proverbe arabe. Pour l’autre extrémité du tube digestif, on ne peut mieux faire que rappeler le propos de Voltaire : «Et, si c’est un ministre d'Etat, gardez-vous de lui présenter une requête. Il ne regarde tout papier que comme un secours dont il voudrait bien se servir selon l’ancien et abominable usage des gens d'Europe. Informez-vous adroitement, auprès de son valet de chambre favori, si Monseigneur a poussé sa selle le matin. Ceci est plus important qu'on ne pense ».
Toutes les fonctions concourent ainsi à la cénes-
er
ra
thésie dont l'humeur est plus où moins le reflet. C'est dans ce sens remarque le D'Paul Voivenel que le mot « humeur » est bien significatif.
Or, si ces fonctions peuvent être modifiées par le temps, par la maladie, elles ne restent cependant modifiables qu'en raison de leur nature même. Là encore, le terrain est tout.
Une constitution psychique innée... Les empiristes, Stuart, Mill, Hume, Condillac la nient. Avant, rien : « Tabula rasa ». Sont-ce nos sens qui se trouvent à la base de tout ce qui est en nous ? Locke semble l'affirmer. Peut-on admettre la thèse du sensualisme : tendances naissant de la seule expérience des plaisirs et des douleurs, désir de jouir et peur de souffrir formant la pierré angulaire ; toutes les passions en découlant ? a
Les théories nativistes s'opposent à ces affirmations. Puisque l’on ne peut manquer,de reconnaître Fhéritage physique, pourquoi se refuser Ia part psychique. L'atavisme n'est certainement pas un leurre « On est marqué en naïssant ». Les diverses variétés de dispositions mentales ont été étudiées. On a tenté de dégager les principales constitutions psychiques et psychopathiques. A. Delmas et Marcel Boll font un remarquable exposé de la question dans leur ouvrage sur la personnalité.
Une hérédité mentale certaine vient donc se joindre au substratum organique et commander nos réactions. Si les expériences de la vie se chargent pour une bonne part de sélectionner les optimistes et les pessimistes, cette sélection ne s'opère cependant qu'en raison même des tendances innées.