‹ Quelques types de joie et de béatitude dans la pathologie mentaleChapitre 40 sur 51 · LA BÉATITUDE BE L'EXTASE · texte numérisé non relu

LA BÉATITUDE BE L'EXTASE

Quatre ans d'asile ne nous ont pas encore permis de rencontrer un ou une extatique au milieu de ses transports. Peut-être n'avons-nous pas su les découvrir. Se feraient-ils plus rares, ou bien se dérobentils aux investigations, à l’ombre de quelque couvent ?...

Dans les asiles, nous avons connu des mystiques s'immobilisant parfois dans une contemplation-voisine de la stupeur, mais ne rappelant que de loin les descriptions détaillées des auteurs. Nous serions bien en mal de puiser dans nos souvenirs pour tenter une description.

Nous nous en référons aux classiques pour imaginer le tableau. Une femme plutôt qu'un homme. Dagonet nous fait entrevoir « cette figure illuminée d'un rayon de bonheur indicible ; Ia tête renversée en arrière, le cou tendu, les veux au ciel et fixes, levés vers l’objet de la contemplation... le corps immobilisé dans un élan... ».

L'objet de la contemplation ? Dieu, la Vierge, les Saints ou le chœur des Anges évoluant au son des musiques célestes.

Ge contact divin semble absorber totalement le sujet. Une sorte de fascination dont le ravissement étrange se peint sur la physionomie... Objet attachant, qui a tenté quelques peintres et sculpteurs de talent dont certains ont su restituer l’image avec une

CASE es

parfaite vérité. Plus parfaite que la réalité eile-même, on le devine. Une puissance de suggestion telle,

qu'elle laisse transparaîlre sur ce visage en extase Îe

reflet des visions qui Font provoquée. El même, par une sorte de mimétisme, on resterait en contemplation devant l’image de la contemplation...

Mais ceci nous égare vers les salles de musée, assez loin de nos quartiers d'asile. Dans l'admiration de ces images et du talent qui les a fait naître, nous nous

e , 3 l garderons d'insister. Et pour reprendre contact,

nous nous déroberons derrière notre maître Courbon z « Par un élan d'amour et une tension volontaire de tout l'être, dit-il, le sujet s'efforce de saisir Dieu dans son essence et sa réalité ét de se fondre avec Fui. A mesure qu'il en approche, il tombe dans le ravissement de-Fextase, perd le contact avec Ia réalité, sentant son esprit se détacher de sa chair et sa personnalité se réduire à un pur sentiment ». Un exemple : Sainte Thérèse d’Avila ; c’est même un exemple d’extase volontaire.

Divertissement qui en vaut un autre, et inoffensif. Mais comme le note encore Courbon : « Pour peu que le malade reste en perpétuelle communication avec la Divinité et les Puissances célestes, il ne peut plus participer à la vie normale ». Il faut qu'on s’en occupe. Cela devient alors du ressort de l’aliéniste.

Au point de vue psychologique, le Sujet est complexe et vaste. D'autant qu'au mot « Extase », il à été prêté des acceptions bien particulières, suivant les auteurs qui ont abordé la question. Enfin, au moment précis de la transe, il est délicat d'apprécier la valeur des phénomènes. Et tout cela reste bien subjectif. a

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