‹ Quelques types de joie et de béatitude dans la pathologie mentaleChapitre 43 sur 51 · UNE · texte numérisé non relu

UNE

fl Poe

re

raud « la fantaisie imaginative aplanit les difficultés, refoule les chagrins, combine des événements heureux... », en même temps que « les douleurs physiques s'émoussent et s’estompent, qu’un état cénesthésique de calme organique, de légèreté, de facilité musculaire s’installe ».

Ï vit dans un rêve, ne gardant qu’une vague econscience de ce qui l'entoure, « mêlant la réalité ambiante à l'irréalité onirique »... « C'est un rêve à l'état de veille que poursuit le fumeur, les veux grands ouverts » (Régis). Et parfois, s’y mêlent des visions de couleur agréable.

À cela s'ajoute aussi la volupté rituelle. Celle des sestes et celle de latmosphère recréée pour nous, avec un grand luxe de détails, dans un nombre important d'ouvrages. Sans avoir jamais pénétré dans une fumerie, et sans pouvoir préciser les références de ces lectures, chacun reconstitue aisément la scène à l'appui d'images qui semblent inévitables. Comme les rites qu'elles s'attachent à décrire. IF faudrait beaucoup de souplesse pour rebattre ce sentier défoncé, sans gaucherie. Ou une grande conviction. Nous ne garderons dans le champ de notre objectif que le faciès du toxicomane ; un visage flétri, ridé, émacié, sec, au teint hâve ; l'œil profond, noyé dans l'excavation d'orbites largement creusées ; et la marque de l’opium : des pupilles punctiformes. Au total, un faciès traduisant le mauvais état général. En effet, organiquement, ces malades présentent toujours es troubles digestifs plus ou moins accentués, une nutrition défectueuse, un foie insuffisant, des reins fatigués, un cœur surmené, des poumons fragiles et facilement prédisposés à la tuberculose.

Pour accentuer les différences qui séparent cette béatitude toxique de celle des déments et des idiots, nous voulons extraire de Régis le passage suivant « Le sujet coûte un véritable plaisir de l'esprit, une

Page 1