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joie de l'intelligence consistant en un parfait bienêtre, loin des peines, loin des soucis, loin des: -douleurs. Il perd peu à peu notion de son individualité organique, se laisse envahir par une sensation étrange d'immatérialité. Sa pensée se dégage de toute matière, de toute contingence, flotte doucement dans. un éther lumineux et pur ou tout est tranquillité, calme et bonheur, un bonheur au repos, une béate imdifférence ».
Nous concevrions mal idiots et P. G. goûtant plaisirs de l'esprit et joies de l'intelligence. Et nous ne les imaginons pas flottant doucement dans un éther lumineux.
Pour cé qui est de la béatitude secondaire, c'est un peu différent. I s’agit là d'une détente qui succède à l'excitation, d’un amollissement de tout l’être, d’une dissolution de toutes les facultés dans les vapeurs du vin par exemple, ou les brouillards de l’alcool. Un doux anéantissement qui précède. de peu les réactions de défense de l'organisme, ce qui est moins agréable. C’est encore là une question de doses et d'individus. TT y a les habitués, ceux qui « tiennent le coup » ; il y a les épisodiques, ceux qui ne savent pas absorber ou se laissent surprendre.
La question de tempérament n’est donc pas négliscable. Un même toxique aura des effets quelque peu dissemblables suivant les individus. Les uns seulement excités, les autres rapidement anéantis, d’autres enfin qui brûlant les étapes, tombent brusquement comme une masse, se débattant dans les affres de l'intoxication, sans même avoir pa le ee d'e en éprouver les joies.
Question (oxique, on peut également envisager des nuances. Notre maître Courbon attirait un jour notre
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attention sur la différence d’attitude entre les buveurs de vin et les buveurs de bière. La remarque est exacte. Mais à l'effet du toxique s'ajoutent encore les réactions individuelles.
Sans vouloir insister, nous commenterions volontiers la chose à la manière d’une image de Hansi. Quelque part sur la frontière, un pont enjambant le Rhin : le pont de Kehl, par exemple. Aux deux angles de l’image se font face, à gauche un café, à droite une brasserie. Dans ce café, des Français schématiques s’agitent gaïment autour de crus d'origine, faisant valser de jolies filles, perdant la tête avec esprit. De Fautre côté, des Teutons, non moins schématiques, hvperadipeux et avachis, le crâne rasé, la nuque boursouflée, le menton à soufflets s’étalant en une vaste collerette de graisse, les mains croisées sur l'abdomen, les doigts de même forme et de même teinte que les saucisses qui pendent à l’étal voisin, somnolent, le nez dans leurs chopes baveuses, insénsibles aux charmes plantureux de leurs gracieuses compagnes. Là, de l'humour, de la pétulance, de la verve, du geste, le tout inscrit d’un trait sec et vif : ici, de la laideur, de la torpeur, de limmobilité, un ensemble caricatural figé en des contours mous et gras : des teintes plates et vives gardant l'unité...